TREICH Édouard

Né le 9 juillet 1860 à Limoges (Haute-Vienne) , mort en février 1929 ; ouvrier porcelainier à Bordeaux (Gironde), puis cabaretier ; militant syndicaliste et socialiste de la Haute-Vienne ; ministérialiste.

Édouard Treich fut successivement couleur de moules à Barcelone, ouvrier porcelainier à Limoges, puis, en 1891, débitant de vins, rue de la Fonderie, à Limoges, où se réunissaient les groupements ouvriers limogeois. En 1893 y fut créé un Cercle d’études sociales.

Lors de la création de la fédération des syndicats de la Haute-Vienne en 1893, Treich fut choisi comme secrétaire. Il fut aussi secrétaire de la Bourse du Travail créée en décembre 1895. Il avait été délégué au VIe congrès des syndicats à Nantes, en 1894, où il prit position contre la grève générale. Membre du comité d’organisation du VIIe congrès des syndicats à Limoges où fut fondée la CGT en septembre 1895, il fut aussi délégué au congrès et combattit encore la grève générale. Il s’y ralliera seulement en 1900, au XIe congrès des syndicats, « dans la mesure où la grève générale s’identifie à la révolution sociale ».

Treich fut maintenu en 1896 dans ses fonctions de secrétaire de la Bourse du Travail aux appointements de 2 400 f par an. Il fut réélu le 29 décembre 1897 par vingt-cinq voix (aucune voix contre, deux bulletins nuls). Il était conseiller prud’homme depuis 1892 et le demeura jusqu’en 1899.
Militant syndical, Édouard Treich fut aussi militant politique. Il appartint au Cercle républicain socialiste créé à Limoges en 1895. La même année, il entra au conseil municipal à la faveur d’une élection partielle ; il fut réélu aux élections générales de 1896 et 1900. Lors de la création de La Bataille sociale, organe hebdomadaire du Parti ouvrier, en mars 1898, Treich fut désigné comme secrétaire de rédaction. Candidat aux élections législatives de mai 1898, dans la 2e circonscription de Limoges, il obtint 2 365 voix et, au second tour, se désista pour le candidat radical, Tourgnol, qui fut élu. Il fut deux fois candidat au conseil général dans le canton d’Eymoutiers. En juillet 1899, Treich protesta contre le manifeste de Guesde et de Vaillant, hostile à l’entrée de Millerand dans le ministère Waldeck-Rousseau, et ne le publia pas dans la Bataille sociale. Lors de la venue à Limoges de Millerand, ministre du Commerce, en octobre 1899, il lui adressa un discours de bienvenue au nom de la Bourse du Travail. Il participa au congrès d’unité socialiste de Japy en décembre 1899, comme délégué du cercle de l’Union des républicains socialistes et du Comité électoral de la 2e circonscription de Limoges, délégué aussi de plusieurs syndicats ouvriers (porcelainiers, peintres sur porcelaine, typographes) et il vota pour la participation ministérielle. Treich était également à cette époque vice-président de la section de Limoges de la Ligue des droits de l’Homme.

En juillet 1900, Treich fut exclu du Cercle républicain socialiste en raison de son approbation de la participation ministérielle. Il fonda un « Cercle d’unité socialiste » qui devint en octobre la fédération socialiste autonome. La Bataille sociale deviendra l’organe des partisans de la participation socialiste à un gouvernement bourgeois, avant de disparaître le 16 juin 1901 pour faire place au Réveil du Centre, quotidien d’union républicaine et socialiste, ouvert aux socialistes ministériels et aux radicaux.
En janvier 1901, Édouard Treich, nommé receveur-buraliste à Bordeaux (Gironde), quittait la ville de Limoges. Aucun de ses successeurs, notait le préfet, le 28 décembre 1905, que ce soit le sabotier Frugier ou le typographe Raymond, n’eut « l’indiscutable ascendant qu’il avait pris sur l’esprit de la population ouvrière ». Il fut secrétaire de la section girondine de la solidarité mutuelle des receveurs-buralistes de France, puis agent d’assurance à Bordeaux.

Franc-maçon, il était membre de la loge parisienne « France et colonies » en 1903.

Nommé officier de l’instruction publique en 1912, il fut conseiller municipal de Soulac-sur-Mer (Gironde) de décembre 1919 à mai 1925, sur la liste de Georges Mandel. Il eut successivement nombreuses fonctions : secrétaire du syndicat d’initiative (1920-1929), vice-président de la chambre d’industrie climatique (1926).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86092, notice TREICH Édouard , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 23 octobre 2019.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 622 et notamment rapport du préfet du 28 décembre 1905. — Comptes rendus des congrès. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., pp. 535-536. — A. Zévaès, la CGT. — De Seilhac, Les Congrès ouvriers socialistes, t. II, 1908. — Cl. Willard, Les Guesdistes, op. cit., pp. 647-648.— Archives Départementales Gironde : 3 M. Élections municipales Sous-préfecture de Lesparre : 5 Z Associations. Registres de délibérations, C. M. de Soulac-sur-Mer.

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