VAIDY Jules, Albert, Auguste

Né en 1848 à Fougeré (Maine-et-Loire), mort (assassiné) le 28 septembre 1892 à Paris XIIe arr. ; employé de commerce à Paris, comptable ; communard exilé à Londres, militant de la Fédération des travailleurs socialistes de France.

Fils de Jules, Pierre Vaidy et de Louise, Anne Péan, Jules Albert Vaidy se maria avec Clémence Cherrier de cinq ans sa cadette.
Communard exilé à Londres, il avait fait la connaissance de Jules Joffrin qui devint un ami.
Comptable, employé de commerce, Jules Vaidy apparait dans l’activité socialiste et syndicale parisienne dès 1878, avec Stylite Paulard et Audonnet des employés de commerce. En novembre 1878, Jules Vaidy fut condamné à de la prison dans l’affaire du congrès international socialiste en novembre 1878, avec L. Cabry, Coueste, Gaston Picourt et Jules Guesde. Il séjourna à la prison de la Santé. On le retrouve parmi les trente-neuf accusés d’un procès avec Jules Guesde (qui prononça la défense collective), Émile Massard, Gabriel Deville, Auguste Corsin, Pierre Jeallot, Picour, Ortoï et Paulard. Les condamnations furent relativement légères. En 1890, Vaidy était très présent dans les instances de la Bourse du travail avec André Gély, Avez, Jean Allemane, typographe, Régnier, ferblantier, Heppenheimer, facteur de pianos, Dejeante, Ch. André et Delacrou.
Militant socialiste, délégué du Groupe de la Paix, d’Amiens (Somme), au congrès de la FTSF à Paris (1883). Jules Vaidy appartenait au comité central de son parti quand il fut délégué au congrès de Rennes (1884). En février 1884, il était trésorier du Comité national de la FTSF. En mai 1886, il signait avec Jules Joffrin les communiqués de l’Union fédérative du Centre en précisant qu’il représentait le journal Prolétariat (même journal que Le Prolétaire ?)
Sur la liste possibiliste aux élections de 1885, il avait obtenu 24 670 voix. En 1890, il soutenait la majorité de Paul Brousse avec Lavy, Caumeau, Prudent-Dervilliers, Paulard, Picau, André Gely, Augé, Ribaudier.

Il mourut le 28 septembre 1892 à 12h à l’hôpital Saint-Antoine (Paris, XIIe arr.), salle Broca. Une de ses descendantes nous écrit : « La tradition familiale le fait apparaître comme un proche de Jules Guesde » ce qui est vrai dans les année 1870. À la fin de sa vie, il était secrétaire administrateur du Prolétaire de Paul Brousse et donc broussiste.
À sa mort, on trouva sur lui « le reçu d’une somme de 100 francs qu’il venait d’envoyer à M. Calvignac, maire de Carmaux, pour les grévistes ».
Une autre descendante, nous précise : "Mon arrière grand-mère (côté paternel) s’appelait (de son nom de jeune fille) Juliette Marie Vaidy, née le 22 juin 1890 à Paris 12e. C’est mon arrière grand-mère qui, quelques années avant sa mort en 1993, nous a appris le destin tragique de son père (Jules Vaidy) assassiné par son beau-frère [Cherrier] en 1892. "
Il fut inhumé au cimetière Montparnasse, caveau Labatie. Lors des obsèques, Prudent Dervillers prononça son éloge, déclarant qu’il "avait contribué à l’organisation du parti ouvrier, non seulement par son activité mais encore par ses deniers" (Le Temps, 6 octobre 1892)
Selon le Temps du 28 septembre 1892, "Jules Vaidy, qui est, aujourd’hui âgé de quarante-quatre ans, est fort connu dans le monde des négociants en vins à l’entrepôt de Bercy". Il était parti avec sa belle-soeur. Le mari et la femme de Vaidy les cherchèrent et trouvèrent Vaidy arrivant a son travail à Bercy, en face de la maison Savignon, le 25 septembre. Vaidy refusa de dire où était la femme. Malgré les suppliques de Madame Vaidy qui tenta de les séparer, Cherrier tira deux coups de feu. Vaidy mourut trois jours plus tard à l’hôpital"
Son beau-frère déclara que Jules Vaidy avait été "condamné pour des faites insurrectionnels sous la Commune et à nouveau en 1879 pour délit politique (il y a un Vaidy condamné à 15 jours d’emprisonnement en octobre 1878, mais rien n’indique que ce soit le même ; mais en novembre 1878, il s’agit bien de J. Vaidy, condamné à la prison dans l’affaire du congrès international socialiste en novembre 1878, avec L. Cabry, Coueste, Gaston Picourt et Jules Guesde). Il avait obtenu pour son beau-frère une place d’employé à la ville de Paris après lui avoir présente la jeune femme qui fut à l’origine du drame. Le journaliste précisait que Vaidy, membre du Cercle d’études sociales du XIIe arr. est "très connu parmi les socialistes possibilistes". Il était par ailleurs un syndicaliste actif.
Selon la presse, Vaidy "intéressé dans une grosse maison de vin de Bercy gagnait bon an mal an une douzaine de mille francs". Sa jeune maîtresse était appointée en qualité de gérante de la Société coopérative La Sociale mais le couple bénéficiait des aides financières de Vaidy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86165, notice VAIDY Jules, Albert, Auguste, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 27 septembre 2021.

SOURCES : Compte rendu du congrès. — Le Prolétaire, 28 avril 1883 et 9 février 1884. — Le Parisien, 29 septembre 1892. — Le Parti ouvrier, 30 septembre 1892. — Le Temps, 7 septembre 1878, 17 octobre 1878, 19 novembre 1878, 30 octobre 1883, 1er mai 1884, 9 septembre 1885, 2 octobre 1885, 22 mai 1886, 11 octobre 1890, 28 septembre 1892, 6 octobre 1892, 5 février 1893. — Renseignements fournis par sa famille. — Notes de Julien Chuzeville. — Filae.

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