VAUX Pierre, Armand

Par Justinien Raymond

Né à Longepierre, canton de Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire) le 22 février 1848 ; aubergiste ; député socialiste de la Côte-d’Or.

Il était le fils de Pierre Vaux, instituteur à Longepierre, fervent républicain, condamné au bagne en juin 1852 pour « incendies volontaires » et reconnu, par la suite, innocent. De 1861 à la mort de son père en 1875, Pierre Vaux habita Cayenne avec toute sa famille. Revenu en France, il s’installa comme aubergiste et débitant de vins à Labergement-lès-Seurre (Côte-d’Or). Il défendit la mémoire de son père et combattit afin d’obtenir une indemnité pour sa famille. Dans ce passé et dans ces efforts, il faut voir l’origine de l’orientation et de la carrière politique de Pierre Vaux.
En 1889, il se présenta comme candidat radical à Chalon-sur-Saône et ne fut pas élu. En 1893, il posa sa candidature comme socialiste dans la 1re circonscription de Dijon et, bien qu’il se rattachât au POF de Jules Guesde (cette année-là il participa à son congrès de Paris), il fut soutenu par la fédération de l’Est, allemaniste. Au premier tour de scrutin, il recueillit 4 607 voix sur 13 944 votants. Au scrutin de ballottage, par 7 395 suffrages, il battit Gaffarel, opportuniste, professeur à la Faculté des Lettres (4 505 voix) et le radical Martin (1 833).
Pour le socialisme, ce succès fut sans lendemain. P. Vaux était un franc-tireur, sans formation doctrinale, sans souci d’organisation. Son comité électoral lui reprocha bientôt de ne pas donner de comptes rendus de mandat, de ne pas tenir ses engagements moraux et financiers concernant les frais de sa campagne électorale et la propagande socialiste dans la région, et il fut exclu de son organisation le 26 août 1894. Le Réveil des Paysans l’accusa de rechercher uniquement l’obtention d’une indemnité de 100 000 f et de vouloir, dans ce but, « se ménager l’appui de personnages politiques influents qu’une attitude militante lui aliénerait » (2 septembre 1894). Pierre Vaux se défendit dans le journal opportuniste Le Progrès de la Côte-d’Or. En 1897, il obtint la réhabilitation de son père.
En mai 1898, il se représenta aux élections législatives. La fédération socialiste lui opposa Charlot. Pierre Vaux le devança de 270 voix, bénéficia de son désistement et, au second tour de scrutin, il fut réélu par 7 953 suffrages contre 5 726 à Savot, rallié, et 4 174 à Messner, radical. En 1900, il fut rayé de la liste du groupe socialiste de la Chambre des Députés pour n’avoir pas conformé sa conduite aux directives du comité général des organisations socialistes.
En 1902, P. Vaux se retira de la vie politique, mais demanda à ses anciens électeurs de ne voter que pour des candidats proposant l’abrogation de la loi Falloux, le monopole de l’enseignement, la séparation de l’Église et de l’État, le service militaire de deux ans. Dans Le Rappel des Travailleurs du 23 avril 1902, il appela à voter pour Bouhey-Allex.
Son évolution politique n’était pas achevée. En 1919, il conseilla de voter pour la liste du Bloc national. « Nos poilus ont vaincu les ennemis du dehors, lança-t-il, tous debout pour vaincre les ennemis du dedans ! »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86282, notice VAUX Pierre, Armand par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 54 et 55. — Alexandre Zévaès, Pierre Vaux, instituteur et forçat, Paris, 1930, in-16 ; 239 p. (Bibl. Nat. Ln 27/ 63 840).

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