VÉTELÉ Joseph, Pierre

Par Jean-Yves Guégant

Né le 18 novembre 1884 à Angers (Maine-et-Loire), tué au front le 31 mars 1917 à Vregny -(Vergny Margival) ; ouvrier menuisier ; demeurant à Brest (Finistère) ; antimilitariste, anarchiste inscrit au carnet B (janvier 1912) ; un des militants à connaître des difficultés suite à son insubordination.

Joseph, Pierre Vétélé, fils de Renée Léonie Vétélé et de père inconnu, naquit à Angers chez M. Pellé, où sa mère, originaire du Maine-et-Loire, et demeurant à Brest, était venue accoucher. Sa mère revint à Brest où elle fut commerçante. Après une scolarité primaire, il fut formé au métier de menuisier. Âgé de 18 ans, Joseph s’engagea en octobre 1902 pour cinq ans dans l’infanterie coloniale. Il fut incorporé au 2e régiment d’infanterie coloniale, stationnant à Brest comme soldat de 2e classe. Il se rengagea en 1907 pour un second contrat d’un an.
Envoyé au Tonkin, il fut condamné par le conseil de guerre d’Hanoï à six mois de prison pour vol et il fut transféré après sa peine aux « fusiliers de discipline » (octobre 1907). En 1908, il était au 3e bataillon d’infanterie légère d’Afrique en Tunisie. Le 19 mars, il passa à la compagnie de discipline du régiment. Il fut débarqué en France le 17 juin 1909. L’épisode africain se terminait le 19 juin 1909 par son versement dans la réserve. On lui refusa le certificat de bonne conduite.
Ouvrier menuisier à Brest, il fit partie du bureau de l’Union des ouvriers du Bâtiment et devint en 1911 secrétaire adjoint de la Bourse du Travail de Brest ; il était signalé au carnet B en janvier 1912, il apparait en effet sur la « Révision de l’état des anarchistes du département du Finistère au 1er janvier 1912 », de la police.

Habitant en centre-ville rue du Marché Pouliquen, il épousa à Brest le 16 novembre 1911, Marie-Joséphine Le Borgne, femme de chambre, âgée de vingt ans, dont le père était journalier dans la commune de Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère). Le couple eut deux enfants, René (1913-1992) et Lucienne (1914-2008), qui furent « adoptés par la nation » en avril 1920.
À partir de septembre 1913, la famille habita rue Turenne, dans le quartier Saint-Martin dans le même immeuble que le couple Martin (René et Henriette). Il était l’un des anarchistes brestois ayant eu l’expérience des bataillons disciplinaires.
Il fut mobilisé dès le 1er aout 1914 dans l’infanterie. Condamné par le conseil de guerre le 16 août 1915 à cinq ans de travaux publics pour refus d’obéissance sur un territoire en état de guerre et outrage envers un supérieur. Il fut envoyé à Orléansville (Chlef, Algérie) le 12 septembre 1915, la peine fut suspendue le 1er juin 1916. Le 29 juin 1916, renvoyé en métropole, il intégra le 62e régiment d’infanterie comme soldat. Le régiment était engagé dans l’Aisne.
Il fut tué dans le secteur de Vregny-Margival, à Vregny (Aisne) le 31 mars 1917, « mort pour la France ». (transcription le 17 juillet 1918).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86349, notice VÉTELÉ Joseph, Pierre par Jean-Yves Guégant, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 6 mars 2020.

Par Jean-Yves Guégant

SOURCES : Arch. Nat. F7/ 13 567 et F7/ 13 602. — Jean-Jacques Becker et Annie Kriegel, "Les inscrits au « carnet B ", Le Mouvement social, n° 64, juillet –septembre 1968. — État-civil d’Angers, Maine-et-Loire, 3ème arrondissement, 1884, vue 73/84 ; État-civil de Brest, Naissances, 1 E 249 et 1 E 251. Mariages, 2 E 126 -115. Décès, 3 E 321 – 177 ; État-civil de saint-Pierre-Quilbignon, 1 E/P 30 - 027. — Archives départementales du Finistère, carnet B. Registre matricule, n°452, 1 R 1318, 1904. — Ministère de la défense. Fiche de décès de Joseph Vételé (site Mémoire des hommes).

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