ZIMMER René

Par Justinien Raymond

D’origine bisontine, René Zimmer fut un militant en vue du courant blanquiste, avant l’unité. Après de brillantes études primaires supérieures, il entra à l’École des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, mais il en fut exclu pour avoir rédigé et propagé une feuille satirique contre le directeur de l’école et sa femme. Il entra alors à la Manufacture de Sèvres d’où il fut renvoyé pour irrespect et indiscipline. Il vécut alors du travail de dessinateur chez divers architectes : son humeur vagabonde ne s’accommodait guère de ce travail de bureau qui, en outre, ne convenait plus à ses besoins ; Zimmer s’était marié et il eut assez rapidement trois enfants. Il se lança alors dans la représentation, fit servir ses déplacements autant à son activité politique qu’à ses nécessités professionnelles. Il devint même gérant de la coopérative de consommation « L’Avenir » qu’il avait contribué à fonder à Besançon. Il se trouva à nouveau sans emploi quand elle eut sombré. Alors, il se fit agent commercial du marquis de Moustier, propriétaire de la Dépêche républicaine, avant d’ouvrir, en association, un commerce à Paris. Il en changea, vendit son affaire et entreprit de la publicité. La vie lui apporta d’autres déboires et son fils unique fut tué sur le front en novembre 1918 au moment où la guerre allait s’achever. Par contre, il retrouvait dans ses deux filles le réconfort d’enfants partageant ses convictions et ayant accompli de fructueuses études.
René Zimmer milita jeune dans les groupes socialistes bisontins, d’abord isolés puis ralliés en 1890 à la fédération de l’Est d’esprit et d’obédience allemanistes. Zimmer anima en 1891 un hebdomadaire qui dura quelques mois, Le Tisonnier bisontin. Fin décembre, il adhéra aux ESRI de Paris. En 1896, il fut un des promoteurs d’une scission : il entraîna la majorité des groupes au CRC qui deviendra en 1898 le PSR. Il en créa d’autres, notamment à Montbéliard et à Pontarlier. Tous ces groupes constituèrent une fédération départementale du Doubs. Il en représenta trois au 1er congrès général des organisations socialistes françaises à Paris, salle Japy (décembre 1899) : le Comité d’union socialiste de Besançon, les groupes d’études sociales de Morteau et de Pontarlier. Il y vota contre la participation.
Zimmer avait pris alors une place importante dans le Parti socialiste révolutionnaire d’Édouard Vaillant. Il en partagea toute la vie, passa avec lui au Parti socialiste de France en 1901, au Parti socialiste SFIO en 1905. Militant dévoué et désintéressé, il se distingua toujours par un large esprit de tolérance aux temps des luttes entre fractions socialistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86586, notice ZIMMER René par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Compte rendu du congrès socialiste de Japy. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, pp. 67-68. — Document Henri Perrin, dactylographié, déposé à la Bourse du Travail de Besançon (non paginé ; n° 19). — Jean Maitron, « Le groupe des ESRI de Paris, 1892-1902 », Le Mouvement social, n° 44, 1964.

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