ÉVRARD Florent

Par Justinien Raymond

Né le 13 mai 1851 à Denain (Nord) , mort le 20 janvier 1917, à Paris ; ouvrier mineur ; militant syndicaliste ; Militant socialiste ouvrier, puis autonôme, puis SFIO ; conseiller municipal de Lens, conseiller d’Arrondissement..

Né dans une famille ouvrière de condition modeste, Évrard travailla aux mines du Nord dès l’âge de dix ans. En 1870, il s’engagea pour la durée de la guerre. La paix rétablie, il entra dans l’action syndicale et politique qu’il n’abandonna plus. Il fut un des pionniers du mouvement corporatif des mineurs à l’époque héroïque du syndicalisme et fut plusieurs fois victime de la répression patronale.

Après les grandes grèves de 1884, il dut quitter le département du Nord où la vie lui était devenue intenable, s’étant fait successivement colporteur, manœuvre, terrassier, boutiquier. Il alla travailler dans les mines de Meurchin (Pas-de-Calais). Il y refusa la fonction de porion pour garder sa liberté et continua son action militante. Il fut un des artisans des victoires syndicales lors des grèves de 1889 et de 1891, et un agent actif de la réorganisation corporative après une malheureuse grève en 1893, suivie de la répression patronale et gouvernementale. Après 1892, ses camarades en avaient fait le secrétaire général adjoint du syndicat des mineurs du Pas-de-Calais, puis, au début des années 1900, le secrétaire général. Depuis 1892 et durant les vingt-cinq ans qui lui restaient à vivre, il confondit son existence avec celle de son organisation syndicale, allant pendant les deux premières années de la Grande Guerre, jusqu’à l’extrême limite de ses forces qui l’abandonnèrent à Paris, loin de sa terre natale occupée.

Son activité s’exerça également sur le plan politique. Entré au Parti Ouvrier (PO) dès sa constitution dans cette région du Nord, il fut candidat aux élections cantonales en juillet 1895, dans le canton de Lens. il suivit Basly et Lamendin, hors de l’organisation guesdiste, dans la fédération socialiste autonome du Nord et du Pas-de-Calais, après la scission du congrès général de Paris, salle Wagram, septembre 1900, et il appartint à son premier bureau fédéral. Avec elle, il entra successivement au PSF en 1902, et à la SFIO en 1905. S’il réserva toujours le meilleur de lui-même à l’action syndicale, il fut cependant, en 1907, élu conseiller d’arr. dans le canton de Lens-Est..

En 1902, ayant été élu conseiller municipal de Lens, Évrard fut élu 2e adjoint au maire. Mais Basly, le député-maire, qui n’était pas d’accord avec cette élection, démissionna de son poste de maire, ce qui provoqua une crise municipale. Le 7 février, Évrard démissionna de son poste d’adjoint, prétextant une incompatibilité avec son travail de secrétaire général du syndicat des mineurs, dont Basly était pourtant le président. Il resta conseiller municipal et Basly reprit son mandat de maire, mettant fin à la crise municipale. Le 3 janvier 1909, Évrard fut tête de liste des candidats de la SFIO aux élections sénatoriales dans le département du Pas-de-Calais ; il ne fut pas élu.

Florent Évrard fit souche de militants socialistes : ses enfants, Raoul et Just, marcheront sur ses traces.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86674, notice ÉVRARD Florent par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 20 septembre 2022.

Par Justinien Raymond

Collaborations : F. Évrard fut gérant de La Voix du Mineur du n° 1, 7 septembre 1907, au n° 129, 19 février 1910, organe de la fédération des Mineurs du Nord et du Pas-de-Calais (Bibl. Nat. Jo 91346).

SOURCES : État civil de Denain. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 424 à 445, passim. — L’Espoir, hebdomadaire de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, édition spéciale pour les élections de 1958. — Florent Évrard, 1851-1917 : sa vie, son action, s.d., 63 p., brochure réalisée par son fils aîné, Arch. Féd.— Diana Cooper-Richet, La Fédération nationale des mineurs : contribution à l’histoire du syndicalisme français avant 1914, Thèse de 3e cycle, Paris 1, 1976. — L’Egalité de Roubaix-Tourcoing du 19 février 1902, du 9 décembre 1908, du 4 janvier 1909. — Notes de Gilles Pichavant.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 425.

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