FERRIER Louis

Par Yves Lequin

Né à Grenoble (Isère), le 23 juin 1871 ; ouvrier serrurier ; syndicaliste de l’Isère.

L. Ferrier était, en 1903, secrétaire du syndicat de la métallurgie de Grenoble (Isère) et membre du bureau de la Bourse du Travail où il représentait l’élément socialiste révolutionnaire ; comme tel, il joua un rôle essentiel dans la préparation du 1er Mai. Ardent, voire exalté, il s’intégra au groupe à dominante libertaire qui, autour de David et Sorrel, gérait la Bourse ; avec eux, il participa aux cortèges et aux meetings du 1er mai 1905 et aux grandes actions revendicatives, aux grèves du printemps et d’août-septembre 1906. Mais après les émeutes et les journées de septembre, il appuya vivement Merrheim, comme responsable de la métallurgie, pour inciter à la reprise du travail ; pour lui, contre David et les syndicalistes révolutionnaires, le but, à savoir l’affirmation de la solidarité ouvrière, était atteint, et poursuivre la grève eût conduit à l’aventure ; avec Telmat, il fut de ceux qui cherchèrent à analyser les causes de l’échec de 1906 et s’opposèrent désormais à David ; Ferrier avait d’ailleurs toujours été un militant guesdiste fidèle, et était membre du comité fédéral de la SFIO. Il y a sans doute identité avec Ferrier qui représenta le syndicat des chemins de fer de Grenoble et divers autres syndicats de cette ville et de Vizille au XVe congrès national corporatif — 9e de la CGT — tenu à Amiens du 8 au 16 octobre 1906 et qui malgré son guesdisme — s’il s’agit bien de Louis Ferrier — signa l’ordre du jour syndicaliste révolutionnaire présenté par V. Griffuelhes.
Mais son rôle en 1906, sa réputation de révolutionnaire dangereux l’avaient fait mettre à l’index par le patronat grenoblois ; en décembre, il partit pour Paris et devint un des secrétaires de l’Union des métallurgistes de France ; le 1er mai 1909, il représenta la CGT au meeting de l’Union des syndicats, à Grenoble, avec Sorrel ; à cette époque à peu près, il semble être revenu dans la capitale dauphinoise, puisqu’en décembre 1909, il devint trésorier adjoint dans le nouveau bureau de l’Union dominée désormais par le socialiste J.-B. Badin et figurait au Carnet B pour ses convictions et son action antimilitaristes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86840, notice FERRIER Louis par Yves Lequin, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Yves Lequin

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 52 M 75, 52 M 76, 76 M I et 162 M 9.

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