FINANCE Isidore

Né à Sainte-Croix-aux-Mines (Haut-Rhin) le 7 février 1848 ; militant positiviste.

Peintre en bâtiment, membre de la chambre syndicale des peintres en bâtiment de Paris, prolétaire-positiviste, il fut avec Keufer le principal disciple de Magnin et fonda le Cercle des prolétaires positivistes qu’il présida. Il assista comme délégué aux séances du congrès ouvrier de France qui se tint à Paris du 2 au 10 octobre 1876 et y représenta la chambre syndicale parisienne des peintres en bâtiment — Voir Bulhard, Mespouilhé, Riquier, Roussel. Il habitait alors, 36, rue du Roi-de-Sicile, dans le IVe arr. de Paris. Finance intervint le 8 octobre à propos des « Associations coopératives ». « J’ai cru à la coopération, affirma-t-il, je n’y crois plus. » Analysant l’évolution du mouvement coopératif auquel il avait participé, il expliqua son échec « par l’égoïsme des coopérateurs qui ne s’occupent que de leur réussite personnelle et oublient la solidarité ouvrière ». Il l’expliqua également par la difficulté de réunir un capital suffisant pour contrebalancer l’influence du capital accumulé par la bourgeoisie. Et il reprocha aux coopératives d’avoir absorbé l’activité des ouvriers les plus dévoués et les plus capables, privant ainsi le prolétariat de ses chefs naturels. Finance estima alors que l’espoir de créer de vastes associations appuyées sur les chambres syndicales était une nouvelle illusion et il prôna les doctrines positivistes, l’abandon du recours à la violence et l’entente avec les patrons pour améliorer la condition ouvrière. La longueur de son discours, et sans doute aussi les idées exposées, provoquèrent des remous dans l’assistance. Au second congrès ouvrier tenu à Lyon en janvier-février 1878, Finance intervint pour faire repousser l’amendement collectiviste Dupire-Ballivet et se prononça contre la collectivisation de la terre. « La propriété, de commune qu’elle était à son origine, expliqua-t-il, est devenue collective en passant par la tribu, pour arriver à être personnelle dans la famille moderne, voilà la loi naturelle, et le progrès ne rétrograde point » (compte rendu p. 455). Il défendit aussi l’institution familiale. Finance assista à la troisième session du congrès ouvrier socialiste de France, Marseille, 20-31 octobre 1879 et l’année suivante, au congrès ouvrier du Havre où il représentait le Cercle d’études des prolétaires positivistes de Paris ; il siégea parmi les modérés « barberettistes », salle Franklin. En 1883, il représenta encore les peintres en bâtiment de Paris au congrès tenu dans la capitale par la FTSF.
En septembre 1880, Finance avait été choisi comme président de la Société positiviste en remplacement de Magnin, et Keufer l’avait remplacé à la présidence du Cercle des prolétaires positivistes. Devenu haut fonctionnaire au ministère du Commerce, puis au ministère du Travail, Finance fut successivement chef du bureau des associations professionnelles et sous-directeur au ministère du Travail et dirigea des enquêtes et des publications d’une grande importance. Le docteur Paul Dubuisson, positiviste, fut, avec son frère Fernand, chef de cabinet de Jules Roche, ministre du Commerce, l’instigateur du Conseil supérieur du Travail et de l’Office du Travail en 1891. Il y fit entrer Finance et Keufer et celui-ci prononça un discours aux obsèques de Paul Dubuisson en 1908.
Collaboration à de nombreux périodiques parmi lesquels La Revue occidentale et La Revue positiviste internationale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86873, notice FINANCE Isidore , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

ŒUVRE : Le Catalogue des imprimés de la Bibliothèque nationale, t. 54, a recensé vingt ouvrages de Finance. Nous citerons ici : Des caisses de retraite pour les vieux ouvriers (avec Keufer et Laporte), Paris, 1880. — Le Positivisme au congrès ouvrier de Paris. Discours de E. Laporte, I. Finance, F. Magnin, 1881. — Les Syndicats professionnels devant les tribunaux et le Parlement depuis 1884, Paris, 1911. — Les Associations professionnelles ouvrières, 4 vol. 1899-1904 (la première partie du t. I a été rédigée par Finance, pp. I-282). — Des Chambres syndicales ouvrières et des associations coopératives, Paris, s.d.

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