SIMBSLER Albert

Par Léon Strauss

Né le 5 mars 1895 à Strasbourg (Basse-Alsace, Alsace-Lorraine), mort le 2 janvier 1954 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; contrôleur ; secrétaire général de la Fédération des syndicats professionnels jusqu’en 1935, puis de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine (1935-1940), puis secrétaire administratif de l’Union (1945-1950).

Albert Simbsler entra aux chemins de fer impériaux d’Alsace-Lorraine le 1er novembre 1913. Mobilisé de 1914 à 1918 dans l’armée allemande, il reprit son travail en 1919 au service Exploitation. Il fut secrétaire général de l’Eisenbahnerbund (Fédération des syndicats professionnels) jusqu’à la fusion de 1935, puis secrétaire général de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine de 1935 à 1940. À la suite de l’évacuation de Strasbourg en septembre 1939, il était devenu contrôleur technique au Mouvement, Région de l’Est à Paris. Albert Simbsler fut membre du bureau exécutif de la Fédération légale jusqu’à l’invasion de l’Alsace en mai 1940. Il rentra en Alsace annexée en 1940. Marié le 26 novembre 1923 à Hindisheim (Bas-Rhin) avec Adeline Kieffer et père de deux enfants (dont un mourut à l’âge de onze ans), il perdit son épouse en 1943. Durant la période de l’annexion, il fut mis durant plusieurs mois en résidence forcée à Karlsruhe.
Après la libération de Strasbourg, le 23 novembre 1944, Simbsler réussit, avec Émile Hirtzel, à gagner Paris, où il fut reçu dès le 28 novembre 1944 par Lemaire, directeur général adjoint de la SNCF et Wisdorff, directeur de la région Est. On évoqua l’annulation des nominations et promotions prononcées par la Reichsbahn, le maintien en service provisoire en qualité d’auxiliaires des agents embauchés par les Allemands, la conversion des salaires et pensions au taux de 1 à 15, la suspension immédiate des membres des organisations nazies (sauf si leur maintien provisoire ne soulève pas d’objections de la part de l’administration ou du personnel), la création d’une commission d’épuration de l’ancien réseau AL, une avance de 50 % aux familles des agents mobilisés dans l’armée allemande ou retenus en Allemagne, le paiement immédiat des émoluments aux familles des emprisonnés ou déportés.
Simbsler fut l’un des orateurs, avec Georges Mattern, de la première conférence de l’Union des syndicats de cheminots à Strasbourg le 11 avril 1945. Il prononça le rapport moral depuis le dernier congrès de mars 1938 au congrès de l’Union à Bischheim le 6 juillet 1945, au cours duquel il fut élu secrétaire administratif de l’Union. Il fut, de mars 1945 à octobre 1950, gérant de l’organe mensuel bilingue de l’Union, intitulé en 1945 Le Cheminot unifié, puis à partir de 1946 Le Cheminot. Il fut membre de la commission exécutive fédérale de 1947 à 1949 au moins. Le 26 décembre 1945, il fut élu responsable pour les comités mixtes du secteur du Bas-Rhin de l’Union. Il n’appartenait à aucun parti politique, mais il figura aux élections municipales de 1947 à Strasbourg sur la liste autonomiste de l’ancien député Dahlet, qui n’eut aucun élu. Selon les Renseignements généraux, on le considérait « comme un pantin obéissant docilement aux agents communistes ». Un autre rapport le qualifiait de « personne sans surface » qu’on appelle volontiers « le garçon de bureau » de l’Union. Pour avoir voté l’ordre du jour du conseil national appelant au blocage des trains de charbon venant de l’étranger, il fut privé en décembre 1948, en même temps qu’Erb, de son détachement syndical et dut reprendre son poste de contrôleur au service Exploitation à Strasbourg. En mai 1950, il fut remplacé comme permanent par Émile Schmitt et il reprit ses fonctions dans les services administratifs de la SNCF à Strasbourg. Gravement malade, il prit sa retraite pour raisons de santé le 1er mai 1953.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8691, notice SIMBSLER Albert par Léon Strauss, version mise en ligne le 26 novembre 2013, dernière modification le 26 novembre 2013.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 544 D 152. — Arch. Fédération CGT des cheminots (procès-verbaux du bureau exécutif de la Fédération légale). — La Presse libre, 19 avril 1945. — Le Cheminot unifié, 1er août et 1er septembre 1945. — Le Cheminot, septembre 1953, février 1954. — Claude Lorentz, La presse alsacienne du XXe siècle, Strasbourg, 1997. — État civil.

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