GUILLOT Ulysse, Félicien, Édouard

Par Yves-Claude Lequin

Né le 18 janvier 1897 à Vosbles (Jura), mort le 30 juillet 1986 à Chaussin (Jura) ; instituteur dans le Jura ; militant syndicaliste ; militant socialiste ; résistant

Fils de petits cultivateurs catholiques, Ulysse Guillot reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du cours complémentaire d’Orgelet, il entra à l’École normale d’instituteurs de Lons-le-Saunier en 1914 et, le 8 janvier 1916, fut mobilisé. Soldat de deuxième classe, il fut envoyé à l’école des officiers de réserve en juin 1918 et fut démobilisé en septembre 1919.

Ayant terminé ses études après la guerre, Guillot devint instituteur en 1920 et épousa religieusement en août 1923 à Ronchamp (Haute-Saône) une institutrice ; ils n’eurent pas d’enfants. Ils enseignèrent à Augisey où il fut secrétaire de mairie pendant dix-sept ans et anima toutes les activités péri-scolaires.

Guillot entra à l’Amicale n° 2 des instituteurs en 1920 puis au syndicat qui lui succéda et dans lequel il commença à militer activement à partir de 1928. Il était alors d’idées radicales ; il s’en détacha vers 1932, pour adhérer définitivement au socialisme. Comme il l’écrivit : « c’est le militantisme syndical qui m’a orienté vers le socialisme ». Adhérent du Parti socialiste SFIO depuis 1932, il militait en même temps à la Libre Pensée. Il fut partie du petit comité qui créa la section jurassienne de la Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France.

Membre du conseil syndical de la section départemental du Syndicat national vers 1930, Ulysse Guillot accéda, en 1935, au secrétariat du Syndicat national des instituteurs du Jura après l’unification. Délégué au congrès national du SNI tenu à Lille, il intervint. En 1938, il fut élu au Conseil départemental de l’enseignement primaire. Sous le Front populaire, il essaya, à la suite d’André Panouillot, de promouvoir le tourisme populaire en participant à l’organisation de « Vacances pour tous ». Favorable à l’intervention pour aider les Républicains espagnols, il anima l’accueil des réfugiés dans sa commune. Il fit grève le 30 novembre 1938 et fut sanctionné de huit jours de retenue de salaire.

Mobilisé en 1939 en tant que capitaine dans la défense passive, Guillot fut fait prisonnier le 16 juin 1940, puis libéré en septembre 1941 comme ancien combattant de 1914-1918. Il milita activement dans la Résistance à partir du printemps 1943, formant un groupe unissant des militants du Mouvement de Libération nationale et du Front national. En juin 1944, il fut désigné comme membre du Tribunal militaire de la Résistance dans la région qui siégea jusqu’à la fin de 1944 ; en même temps il représentait le SNI au comité d’épuration des fonctionnaires.

En 1945, Guillot retrouva, avec Alice Lancia* et André Chaneaux*, sa place au Conseil départemental où il ne resta qu’une année. Il prit sa retraite en 1952. Toujours membre de la Libre Pensée, il anima la section socialiste SFIO de Chaussin pendant une dizaine d’années.

Il s’était marié le 9 août 1923 à Ronchamp (Haute-Saône) avec Marguerite Petit.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87179, notice GUILLOT Ulysse, Félicien, Édouard par Yves-Claude Lequin, version mise en ligne le 1er avril 2010, dernière modification le 8 juillet 2010.

Par Yves-Claude Lequin

SOURCES : Le Journal de Dole, 7 juillet 1945. — Lettre d’Ulysse Guillot, octobre 1974. — Réponses à l’enquête de Jacques Girault en 1975.— Etat civil.

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