GUILLOU Jean, Charles, Alfred

Par Jacques Girault, Jean Quellien

Né le 17 juillet 1906 à la Rivière-Saint-Sauveur (Calvados), mort le 14 juin 1990 à Cabourg (Calvados)  ; instituteur  ; militant socialiste du Calvados.

Fils d’Hippolyte Guillou, instituteur devenu directeur d’école à Cabourg, militant syndicaliste et socialiste, Jean Guillou entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Caen en 1922. Après un an de service militaire à l’Ecole des officiers de réserve, en 1926, il fut nommé instituteur à Cabourg où il accomplit la totalité de sa carrière d’instituteur jusqu’à sa retraite en 1961.

Jean Guillou, qui n’avait pas été baptisé, se maria religieusement en juin 1927 à Cabourg « à cause de mes beaux-parents » à Cabourg avec la fille d’hôteliers. Le couple eut quatre enfants.

Il adhéra au Syndicat national des instituteurs et écrivit des articles dans le bulletin départemental. Se définissant comme « pacifiste et antimilitariste », il animait la rubrique « L’instituteur Officier de réserve ». Partisan du « désarmement progressif, unilatéral et spectaculaire de mon pays pour assurer sa sécurité et son rayonnement international », alors qu’il avait écrit à Daladier pour démissionner, il fut révoqué de son grade de lieutenant de réserve. Partisan de la non-intervention en Espagne, il hébergea des républicains espagnols réfugiés.

Jean Guillou adhéra au Parti socialiste SFIO à Cabourg en 1931. Il fut le secrétaire de la section de Dives-Cabourg-Houlgate avant et après la guerre. Militant laïque, initié à la Franc-Maçonnerie en 1935 (Grand Orient de France dont il devint 33eme en 1972), libre penseur, il participa activement, avec son père, à la vie politique du Calvados, notamment au sein la Ligue internationale des combattants de la Paix. Son père, président départemental de la Ligue des droits de l’Homme, fut aussi le président du comité départemental du Rassemblement puis du Front populaire.

Jean Guillou participa aussi à la fondation de l’Amicale sportive de Cabourg dans le cadre de l’UFOLEP.

Mobilisé en août 1939 comme soldat de deuxième classe, il fut emprisonné pendant 77 jours (Pontarlier, Besançon) par l’armée française pour « antimilitarisme ». Fait prisonnier, durant sa captivité de cinq ans en Allemagne, il s’évada, fut repris, refusa de travailler, participa à des ralentissements collectifs du travail et à des amputations volontaires. Il fut déplacé vingt-deux fois et emprisonné à plusieurs reprises.

Après la guerre, Jean Guillou fut candidat sur la liste socialiste SFIO aux élections à l’Assemblée nationale constituante d’octobre 1945. Il siégea à plusieurs reprises au conseil municipal de Cabourg. Il adhéra au Parti socialiste après 1970.

Il encadrait toujours l’Amicale sportive dont la section de basket-ball occupait une très bonne position dans la hiérarchie des clubs français (UFOLEP et Fédération française de basket-ball). Il fut aussi le vice-président puis le président de l’Association départementale des anciens prisonniers. En 1976, il était le vice-président départemental des délégués de l’Education nationale et le président de l’amicale des anciens élèves de l’École normale de Caen.

Le nom de Jean Guillou fut donné à une école élémentaire de Cabourg.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87182, notice GUILLOU Jean, Charles, Alfred par Jacques Girault, Jean Quellien, version mise en ligne le 1er avril 2010, dernière modification le 26 janvier 2022.

Par Jacques Girault, Jean Quellien

SOURCE : Arch. Nat. F7/13032, rapport du 6 avril 1933. — Arch. Dép. Calvados, M 11 217, 255, 325, 939. — Mairie de Cabourg. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par Jean Guillou à J. Girault en 1976 et entretien avec J. Quellien dans les années 1980.

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