GURGAND Étienne, Georges

Par Jacques Blanchard

Né le 4 août 1902 à Néré (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 2 août 1974 à La Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres) ; employé des PTT ; militant socialiste ;militant syndicaliste CGTU, CGT puis FO des Deux-Sèvres , secrétaire de l’UD CGT (1936-1940, 1944) ; résistant.

Fils d’un instituteur et militant de gauche des Deux-Sèvres, et d’une institutrice, Étienne Gurgand fit des études au lycée de Poitiers (Vienne) puis au lycée Henri-IV à Paris. Il entra aux PTT en 1922, ce qui le conduisit en Tunisie, à Abbeville (Somme), à Saumur (Maine-et-Loire)hpuis, en 1934, à Niort (Deux-Sèvres).

En réponse aux événements du 6 février 1934, la section du Parti socialiste de Niort décida la formation d’un comité local contre le fascisme et convoqua les autres organisations intéressées à une réunion le 15 mars 1934 à la Bourse du Travail. Étienne Gurgand fut choisi comme secrétaire de ce comité qui comprenait Parti socialiste (adultes et jeunes), PC, SRI, UL des syndicats confédérés, SNI, syndicat confédéré de l’Enregistrement, UL unitaire, Jeunesses laïques et républicaines, syndicat autonome des contributions indirectes, SOI, syndicat national des agents des PTT, comité contre la guerre et le fascisme, Libre Pensée, comité de chômeurs. Gurgand démissionna de ses fonctions en juillet 1935, à la suite d’un conflit avec le communiste Gabriel Citerne et le comité fut remplacé en décembre par un comité de Front populaire qui, en mars 1936, rassemblait dix-huit organisations. Voir Gout Auguste.

Étienne Gurgand adhéra au Parti socialiste le 25 juillet 1934 et le 28 octobre suivant, lors de l’assemblée générale des Postiers à Niort, il fut élu secrétaire de la Fédération départementale par huit voix contre cinq à Porchet.

C’est en janvier-février 1936 que se réalisa la fusion des deux UL syndicales de Niort. Le bureau de l’UL unifiée fut ainsi composé : Gurgand ex-CGT secrétaire, Marcel Hamon ex-CGTU secrétaire adjoint,Léon Bouillon ex-CGT trésorier,Marcel Blanchard ex-CGTU trésorier adjoint, Antoine Combette ex-CGT archiviste. Le 6 mars suivant, Étienne Gurgand, étant délégué, participa au congrès d’unité à Toulouse. Au début de l’année, il avait pris à partie Goudeau, secrétaire départemental du Parti socialiste et désigné comme candidat aux élections législatives pour la première circonscription de Niort parce que sa femme, postière, avait été nommée à Niort dans des conditions peu régulières. Cette polémique entraîna la tenue d’un nouveau congrès départemental qui se réunit à La Crèche (Deux-Sèvres) le 28 février 1936 et désigna un nouveau candidat : Émile Bêche, qui fut élu au second tour.

Le 15 janvier 1937, l’UL de Niort, dont Gurgand était, depuis juin 1936, secrétaire rétribué, était administrée par un bureau comprenant, en dehors de Gurgand : Lacroix de l’Alimentation secrétaire adjoint avec Chabot du Bâtiment,Léon Bouillon du Livre trésorier, Jegat des Transports trésorier adjoint, Combette des cheminots archiviste. L’UL comptait, en mars 1937, 4 500 membres. Le 13 juin, le congrès de l’UD réuni à Niort, groupait 85 délégués représentant 77 syndicats avec 9 200 adhérents sur les 12 000 affiliés à l’UD. À ce congrès, le bureau fut réélu avec Bouillon comme secrétaire général et Buffeteau comme trésorier. C’est le 29 mai 1938 qu’eut lieu à Thouars le congrès suivant de l’UD : 90 syndicats groupant 9 000 adhérents étaient représentés. Le nouveau bureau de l’UD fut ainsi composé : Bouillon secrétaire général assisté de quatre secrétaires : Gurgand, Pierre Leroy, Lacroix,Raymond Lourrou ; André Monestier trésorier général, Emile Rousseau trésorier adjoint,Sapain archiviste. En novembre, Gurgand participa au congrès confédéral de Nantes.

De janvier 1939 jusqu’à la mobilisation, Étienne Gurgand ne fut plus permanent détaché à la Bourse du Travail de Niort mais gestionnaire du camp de réfugiés espagnols installé à l’annexe de la Bourse du Travail.

Le dernier congrès de l’UD d’avant-guerre se réunit le 18 février 1939 et rassembla 75 délégués représentant 56 syndicats et 6 656 syndiqués. À l’issue du congrès, le bureau suivant fut élu : secrétaire général Étienne Gurgand, secrétaires adjoints Pierre Leroy (Cheminots), Léon Bouillon (Livre), Raymond Lourrou (Indirectes), trésorier : André Monestier (ouvriers PTT), trésorier adjoint : Émile Rousseau (Cuirs et Peaux), archivistes : Charles Espana (Employés de commerce) et Levrault (Services de Santé).

Du 14 avril au 3 mai 1939, Étienne Gurgand fut mobilisé puis, volontairement (père de quatre enfants, il aurait pu être dispensé), du 22 août 1939 au 15 août 1940. Il reprit alors son service au bureau- gare des PTT à Niort mais le gouvernement de Vichy lui retira toutes les fonctions qu’il exerçait dans divers organismes. Alors, le 17 décembre 1940, Étienne Gurgand démissionna du poste de secrétaire du l’UD. Du 18 juillet 1943 au 1er octobre 1944, il servit dans la Résistance puis souscrivit un engagement pour la durée de la guerre auprès du 114e régiment d’infanterie. Le 16 janvier 1944, il avait repris ses fonctions de contrôleur principal au bureau-gare de Toulouse mais il le quitta en juin pour revenir dans les Deux-Sèvres. Au mois d’août 1944, il devint membre du comité de Libération où il représenta la CGT. Il était secrétaire général de l’UD-CGT durant l’automne et au début de l’hiver 1944.

Du 28 décembre 1944 à la fin des opérations militaires en zone atlantique, Étienne Gurgand fut affecté comme sous-lieutenant à l’État-major des Forces françaises de l’Ouest (poste aux Armées) ; il resta ensuite dans la poste militaire en occupation en Allemagne jusqu’au 23 juin 1951. Il réintégra ensuite les PTT et fut détaché au Cameroun. Il fut admis à la retraite à compter du 12 mai 1958.

En 1963, Étienne Gurgand fut élu secrétaire adjoint de la section des retraités FO des Deux-Sèvres puis secrétaire en octobre 1966. Amputé de la jambe gauche, il se retira puis dut être soigné dans une maison de retraite.

Il s’était marié en octobre 1924 avec Denise, Marie Bricou.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87220, notice GURGAND Étienne, Georges par Jacques Blanchard, version mise en ligne le 3 avril 2010, dernière modification le 17 avril 2013.

Par Jacques Blanchard

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 11/4, 4 M 13/4 E, 11 M 8/5. — Arch. de l’intéressé communiquées par son fils (nombreuses coupures de journaux).— Note de Jean-Pierre Besse.— La République, organe officiel du CDL des Deux-Sèvres. — État civil.

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