GOLDRING Maurice, David

Par Jacques Girault

Né le 10 janvier 1933 à Lille (Nord) ; professeur ; syndicaliste, militant communiste à Paris.

Maurice Goldring et Yvonne Quilès
Maurice Goldring et Yvonne Quilès

Ses parents étaient commerçants, membre et sympathisant du Parti communiste français. Maurice Goldring avait deux sœurs, dont Georgette Goldring, professeur et future dirigeante communiste dans l’Aisne. Membre des Vaillants, militant de l’Union de la jeunesse républicaine de France depuis 1948, il participa au Festival mondial de la Jeunesse à Budapest en 1949. Il adhéra au PCF à Lille en 1950.

Après avoir obtenu le baccalauréat à Lille, Goldring, étudiant en propédeutique (anglais),habitant Paris (VIe puis XIVe arr.) remplit deux biographies successives pour la section des cadres du PCF en 1953 puis en 1954, avant une nouvelle en 1961. Militant de l’Union nationale des étudiants de France depuis 1949 ou 1951, il devint membre du comité de la section communiste du Ve en 1952. Répondant au responsable de la section des cadres, en 1952, Annie Besse précisait : « camarade encore jeune de caractère mais sérieux et combatif. Il accomplit avec esprit de responsabilité les tâches qui lui sont confiées. Il est responsable du travail syndical du Parti parmi les étudiants licenciatifs d’anglais ». Le secrétaire de la section indiquait simplement qu’il était « actif dans sa cellule ». Membre de la cellule de langues et de son bureau en 1953-1954, responsable aux questions syndicales, il en devint le secrétaire en 1955.

Maurice Goldring séjourna en Grande-Bretagne de septembre 1953 à juillet 1954, comme assistant dans une école anglaise. À son retour en 1955, il fut proposé pour un emploi à mi-temps au Centre de diffusion du livre et de la presse. Le secrétaire fédéral Raymond Guyot, sollicité, estima alors : « C’est presque un vétéran dans le milieu étudiant où il se trouve toujours sur la brèche. Est malgré tout sujet à certaines éclipses passagères. Est attaché au Parti ».

Goldring, titulaire du CAPES d’anglais, devint professeur au lycée Saint-Louis à Paris. En 1961, il était le secrétaire de la cellule de l’établissement tout en étant trésorier de la section du Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Maurice Goldring se maria en septembre 1954 à Saint-Quentin (Aisne) avec Madeleine Dugowson, étalagiste, membre du PCF, fille d’un commerçant dont la mère était morte en déportation et dont un des frères avait trouvé la mort dans les combats de la Résistance. Le couple eut trois enfants. Aussi Goldring en 1961 était-il le secrétaire de l’association de parents d’élèves et du syndicat de copropriétaires. Il enseigna par la suite au lycée Fénelon, toujours dans le VIe arrondissement de Paris.

Quand se réorganisa le comité de rédaction de La Nouvelle Critique au début des années 1960, Goldring en fit partie et composa à plusieurs reprises des articles de politique étrangère, notamment sur la Grande-Bretagne et la question irlandaise qui était devenue sa spécialité. Il publiait aussi sur les mêmes sujets des articles dans la presse communiste.

Maurice Goldring, lors de la conférence fédérale de la fédération communiste de Paris, le 10 mai 1964, devint membre du comité fédéral, puis l’année suivante entra au bureau fédéral où il ne fut pas réélu en décembre 1968. Maintenu au comité fédéral, régulièrement reconduit, il suivit les cours d’une école centrale d’un mois en 1971 et cessa d’être membre du comité fédéral en octobre 1974 en raison de son départ pour les USA. Il fut dans cette période un des responsables aux intellectuels de la fédération. Il fut candidat aux élections municipales de Paris en 1965 dans le Ve arrondissement et en 1971 dans le onzième secteur (XVIIe arrondissement).

Maurice Goldring partit alors pour une année comme enseignant à New-York University et publia dans l’Humanité et dans la presse communiste quelques articles sur la vie américaine qui servirent pour la composition d’un ouvrage Survivre à New-York, paru en 1976.

Goldring, qui enseignait comme assistant, puis comme maître-assistant, depuis 1969, à l’Université de Paris VIII-Vincennes, occupa une place importante dans la vie politique et syndicale de cette université. Après avoir soutenu en 1985 sa thèse sur l’histoire irlandaise, il devint professeur en 1992.

Maurice Goldring approuva la création, en 1981, du journal dirigé par Henri Fiszbin Rencontres communistes et y collabora. Il fut exclu du PCF avec le groupe Fiszbin. Il exposa ses idées sur l’évolution du parti dans un ouvrage écrit en collaboration avec Yvonne Quilès, sous le titre Sous le marteau, la plume paru en 1982.

Comme François Hincker, Goldring adhéra au Parti socialiste en 2002 et militait dans la section de la Goutte d’Or. Il animait un groupe d’anciens communistes « Du communisme au réformisme » (CAR). Il participa aux mouvements qui soutinrent des initiatives de gauche, autour des éditions Syllepse.

Divorcé, retraité en 1997, Goldring se partageait entre la Côte basque et Paris. Écrivant de nombreux articles et ouvrages spécialisés sur la Grande-Bretagne et tout particulièrement la question irlandaise, il codirigea notamment deux numéros d’Autrement et en composa un personnellement sur ces questions. Il écrivit sur les conflits nord-irlandais et basque Renoncer à la terreur aux éditions du Rocher en 2005, et  La Goutte d’Or, quartier de France  en 2006 aux éditions Autrement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87271, notice GOLDRING Maurice, David par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 avril 2010, dernière modification le 7 septembre 2014.

Par Jacques Girault

Maurice Goldring et Yvonne Quilès
Maurice Goldring et Yvonne Quilès

ŒUVRE : Survivre à New-York, Scanéditions, 1976, 224 p. — Sous le marteau, la plume (coll.), Megrelis, 1982, 384 p. — Dublin 1904-1924. Réveil culturel, révolte sociale, révolution politique, un patrimoine déchiré (dir.), Autrement, 1991, 283 p. — Gens de Belfast : deux peuples sans frontières, L’Harmattan, 1994, 203 p., — Désirs de paix, relents de guerre : Afrique du Sud, Proche Orient, Irlande du Nord (coll.), Desclée de Brouwer, 1996, 230 p. — Sean, soldat de l’IRA, Autrement, 1999, 164 p. — Voie royale, voie républicaine, Syllepse, 2000, 126 p. — Le trèfle et l’étoile. Juifs irlandais, histoires parallèles, mémoires croisées (coll.), Autrement, 2001, 215 p. — Neige sur Galway, Terre de Brume, 2001, 160 p. — Les ex-communiste. Éloge de l’infidélité, Le Bord de l’eau, 2004.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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