ENGROS Lucien [dit Armand]

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 5 mai 1920 à Paris (XIIe arr.), fusillé par condamnation le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; livreur cycliste ; militant des Jeunesses communistes ; membre de l’Organisation spéciale (OS), résistant.

Lucien Engros
Lucien Engros

Lucien Engros était le fils d’Isaac Engros et de Rosalie Getner. Son père, Juif égyptien né en 1890 à Alexandrie, était arrivé en France en 1900 ; après avoir obtenu le certificat d’études primaires, il était devenu chauffeur. Fille d’immigrés juifs russes, sa mère était née en 1891 à Paris (IVe arr.) ; elle fut couturière puis mère au foyer. Cette famille vivait à Paris, 2 place du Marché-Sainte-Catherine (IVe arr.). En août 1927, les trois enfants du couple Marcel, Lucien et André acquirent la nationalité française par déclaration.
Lucien Engros était livreur cycliste dans une maison de vente de ficelle, 23 rue Vieille-du-Temple, Paris (IVe arr.). Il militait aux Jeunesses communistes du IVe arrondissement. Il rejoignit l’Organisation spéciale (OS) fin 1941 et fut arrêté le 8 mai 1942 par la Brigade spéciale no2 des Renseignements généraux, suite aux aveux passés par Georges Tondelier. Dans le rapport trimestriel « Communisme et terrorisme » qu’établissait la préfecture de police de Paris pour le gouvernement de Vichy, les policiers imputèrent au « Juif Engros » sa participation à cinq attentats : « 1o) coupures de câbles électriques à Aulnay en janvier 1942 ; 2o) Tentative de destruction d’édifice et d’assassinat au ``Lido’’, avec plusieurs membres du ``groupe Fredo’’ [Pierre Georges, le futur colonel Fabien] ; 3o) Tentative de destruction d’édifice à l’aide de substance explosive et d’assassinat à la gare de l’Est, les 11 et 12 février 1942, avec Tondelier ; 4o) Complicité d’assassinat et de tentative de destruction d’édifice à l’aide de substance explosive et d’assassinat le 1er mars 1942 avec Tondelier, Tardif, Schœnhaar et Bret ; 5o) Tentative de destruction d’édifice à l’exposition ``Le Bolchevisme contre l’Europe’’, salle Wagram, le 8 mars 1942 avec Tondelier, Schœnhaar et Kirschen. » Des plans préparatoires à des attentats furent découverts à son domicile : l’un d’entre eux avait été établi par Léon Lachminovitch, qui fut arrêté à son tour. Plus grave encore pour Lucien Engros : une perquisition conduite chez son employeur conduisit à la découverte d’un pistolet 7,65 mm ayant été utilisé le 20 avril 1942 pour tuer un militaire allemand, le caporal-chef Rohland. Engros nia être l’auteur de cette action. Il fut néanmoins condamné à mort par une cour martiale de la Wehrmacht le 7 août 1942 et fusillé deux semaines plus tard le 22 août 1942 au stand de tir de Balard à Paris (XVe arr.).
Lucien Engros fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 22 août 1942 division 39, ligne 2, n° 60.
Les deux frères de Lucien Engros furent fusillés au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) : Marcel le 23 mai 1942 et André le 1er octobre 1943 alors qu’il n’avait pas encore 17 ans ; André Engros est le plus jeune fusillé du Mont-Valérien.
Leurs parents ont péri en déportation à Auschwitz (Rosalie, convoi n° 34 parti de Drancy (Seine, Hauts-de-Seine) le 18 septembre 1942 ; Isaac, convoi n° 67 parti de Drancy le 10 février 1944).
Lucien Engros fut reconnu Mort pour la France.
Son nom figure sur la plaque apposée Avenue de la Porte de Sèvres à Paris (XVe arr.) qui honore la mémoire des patriotes fusillés au stand de tir de Balard. Une plaque, apposée sur un immeuble où la famille avait habité, 18 rue des Écouffes à Paris (IVe arr.) rend hommage aux « patriotes Marcel, Lucien et André Engros, fusillés par les occupants hitlériens. »

Voir Paris (XVe arr.), Le stand de tir de Balard (Ministère de l’Air)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87300, notice ENGROS Lucien [dit Armand] par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 5 avril 2010, dernière modification le 13 mars 2022.

Par Jean-Pierre Ravery

Lucien Engros
Lucien Engros

SOURCES : Archives de la CCCP, rapport « Communisme et terrorisme » de la PP (Notes Jean-Pierre Ravery). — Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Fayard, 2004. — Adam Rayski, Au stand de tir : le massacre des résistants, Mairie de Paris, 2006. — SHD Vincennes GR 16 P 209780 (nc). — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb.

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