HAY Jean, Auguste

Par Alain Dalançon, Yves Dauriac

Né le 21 janvier 1893 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort en déportation le 21 avril 1945 à Mauthausen-Elbensee (Autriche) ; instituteur puis professeur d’EPS ; militant syndicaliste ; député radical socialiste de Charente-Inférieure, résistant.

Jean Hay
Jean Hay
Député

Jean Hay était issu d’une famille rochelaise aux fortes convictions républicaines ; son père, François, Auguste, était marchand de meubles à La Rochelle, et sa mère, Marie, Mélina Maudet, sans profession.

Il devint instituteur en Charente-Inférieure et, après trois années d’enseignement au cours complémentaire du Château d’Oléron, il fut nommé à la rentrée d’octobre 1914 instituteur délégué à l’école primaire supérieure de Marennes.

Ajourné au service militaire en 1913 pour faiblesse, il fut mobilisé en septembre 1915, affecté dans les services auxiliaires des infirmiers, puis passa à partir de 1916 dans différents régiments d’infanterie avant d’être démobilisé en août 1919 au grade de sergent. Il s’était marié le 1er septembre 1917 à Marennes avec Marie-Louise Castanet. Il reprit son enseignement à l’EPS, devenant professeur adjoint de lettres-histoire-géographie en 1921.

Jean Hay participa en 1922 à la constitution de la première section départementale du Syndicat national des instituteurs et fut membre de son conseil syndical de 1930 à 1936. Il fut surtout un militant très actif dans le parti radical-socialiste en étant président du comité républicain de Marennes, et au sein de la Ligue des Droits de l’Homme dont il devint le vice-président départemental, ainsi que dans la loge maçonnique « l’Union rétablie » dont il fut l’orateur. Il fut élu en 1937 conseiller d’arrondissement du canton de Marennes, puis député radical-socialiste de l’arrondissement, le 2 avril 1939, en remplacement de William Bertrand, devenu sénateur. À la Chambre des députés, il fit partie de la commission de la marine militaire. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, ce qu’il regretta dès le lendemain. Dès 1942, il participa au groupement des parlementaires résistants.

Contacté au début de 1943 par le colonel Laudoyer, chef de l’Armée secrète pour la Charente-Maritime, Jean Hay dirigea l’Organisation Civile et Militaire pour le secteur de Marennes. Dénoncé, il fut arrêté, torturé, et emprisonné le 9 octobre 1943 à la prison St Maurice de Rochefort, puis au fort du Hâ à Bordeaux.

Le 6 avril 1944, il partit avec 38 autres Charentais, déportés NN (Nacht und Nebel), pour le camp de concentration alsacien du Struthof-Natzweiler. En septembre 1944, le camp fut évacué et Jean Hay passa par Dachau, Mauthausen pour se retrouver pendant sept mois à Melk en Autriche. Il connut une dernière évacuation en avril 1945 et, après une « marche de la mort » de 90 km pour Ebensee, il y mourut le 21 avril 1945.

Par son attitude dans la Résistance, Jean Hay fut réhabilité à la Libération et fut même un des rares parlementaires à recevoir la médaille de la Résistance. Le collège de Marennes porte son nom, ainsi que de nombreuses rues en Charente-Maritime.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87332, notice HAY Jean, Auguste par Alain Dalançon, Yves Dauriac, version mise en ligne le 5 avril 2010, dernière modification le 8 juillet 2021.

Par Alain Dalançon, Yves Dauriac

Jean Hay
Jean Hay
Député

SOURCES : Arch. Dép. Charente-Inférieure, 2 MA/34, 4 M 2/91-92, état civil, registre matricule. — Défense Républicaine. — Témoignages. — Arch. du SNI. —Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960. — François Hay, Jean Hay, l’épopée d’un républicain charentais de Marennes à l’enfer des camps, Editions Le passage des heures, 2016.

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