GOURDON Louis, Roger, Célestin

Par Jacques Girault

Né le 25 juin 1927 à Marseille 4e (Bouches-du-Rhône), mort le 24 novembre 2013 à Nice (Alpes-Maritimes) ; professeur ; militant syndicaliste du SNPEN ; militant communiste dans les Bouches-du-Rhône, l’Indre, les Alpes-Maritimes.

Louis Gourdon (debout, quatrième en partant de la gauche), lors de la réception par le Fédération du PCF, avec Virgile Barel, du ministre vietnamien Le Duc Tho, en août 1969.
Louis Gourdon (debout, quatrième en partant de la gauche), lors de la réception par le Fédération du PCF, avec Virgile Barel, du ministre vietnamien Le Duc Tho, en août 1969.

Son père, cheminot, qui était membre de la CGT (tendance « unitaire »), sympathisant communiste, gréviste le 30 novembre 1938, l’emmena à la manifestation du 12 février 1934. Sa mère était institutrice.

Louis Gourdon, élève du collège moderne Victor Hugo, organisa, le 4 février 1944, une manifestation des lycéens protestant contre le recensement des lycéens de plus de seize ans ordonné par l’occupant allemand et diffusa des tracts antiallemands. A partir du 20 août 1944, il prit part aux combats pour la libération de Marseille avec un groupe des milices patriotiques.

Après avoir obtenu le baccalauréat préparé au lycée Saint-Charles, il devint étudiant à la faculté des lettres d’Aix-en-Provence, obtint la licence, un diplôme d’études supérieures.

Louis Gourdon adhéra aux Jeunesses communistes à l’automne 1944 puis au Parti communiste français le 13 juin 1947. Membre d’un comité d’une section communiste de Marseille, actif au moment des grèves de la fin 1947 parmi les étudiants, il fut responsable des étudiants et des lycéens dans la fédération communiste. Lors du procès au Tribunal militaire au Fort Saint-Nicolas, des « dix de La Bocca », inculpés pour avoir stoppé un train de matériel militaire en mai 1950, il organisa, avec les étudiants communistes, des manifestations de solidarité. Puis il participa à l’organisation des manifestations étudiantes contre la guerre d’Indochine en liaison avec les dockers du port, qui refusaient de charger du matériel militaire.

Il fit partie du groupe d’étudiants dans le collectif animé par Paul Carpita pour la réalisation du film Le rendez-vous des quais. Il participa à la création puis à l’animation de l’Université nouvelle à Aix-en-Provence et à Marseille.

Parallèlement, surveillant d’externat dans un lycée marseillais en 1950, il devint responsable départemental de la catégorie dans le Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Louis Gourdon effectua son service militaire à l’école des officiers de réserve à Saint-Maixent (Deux-Sèvres où, avec René Vautier*, il participa à la formation d’un groupe communiste. Bien classé, il fut démobilisé comme sergent en 1952 dans une unité disciplinaire. Il se maria en août 1952 à Besançon (Doubs) avec Hélène Malterre, fille d’un inspecteur principal de l’Enseignement technique (voir Hélène Gourdon), étudiante. Le couple eut un garçon en 1954 et divorça.

Louis Gourdon reprit son poste de surveillant et retrouva ses responsabilités politiques et syndicales. Devenu maître auxiliaire, il fut reçu au certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement secondaire, et fut nommé professeur à l’École normale d’instituteurs de Châteauroux (Indre).

Dans l’Indre, Gourdon fit partie du comité de la fédération communiste en 1959, responsable de la lutte contre la guerre d’Algérie. Membre du comité départemental du Mouvement de la Paix, à l’automne 1961, il reçut la responsabilité de la coordination des luttes contre l’OAS dans l’Indre, l’Indre-et-Loire et le Cher. L’OAS-Centre le menaça de mort à plusieurs reprises.

Nommé professeur au lycée Masséna à Nice en octobre 1962, il complétait son service à l’Ecole normale d’instituteurs où il devait être muté en 1969. Devenu agrégé, il fut responsable à Nice d’une équipe de terrain en liaison avec l’Institut national de la recherche pédagogique. Il fut conseiller pédagogique pour la formation des enseignants des premier et second degrés.

Louis Gourdon, membre de la cellule communiste du lycée Masséna, entra au comité de la fédération communiste en 1964. Responsable aux intellectuels et à la culture, il fut l’animateur de la commission et des sous-commissions (enseignement, Université, plasticiens et artistes, médecins, juristes) qui organisaient de nombreuses initiatives (débats salle Bréa notamment, soirées culturelles). Rendant compte d’une soirée du 3 septembre 1965 organisée par les « Intellectuels et Artistes communistes » dont il avait assuré la responsabilité, il définissait l’attitude culturelle des communistes : « lutter pour sauvegarder et porter à un niveau supérieur à la fois la condition des maîtres de la culture et l’héritage culturel national en ce qu’il a d’authentique et de profondément valable. » La commission fédérale de l’enseignement, dont il faisait partie, publia notamment à partir de février 1964 un journal imprimé Enseignement et démocratie. Toutes ses interventions lors des réunions du comité fédéral montraient, selon les rapports, un accord général avec la ligne de la direction du PCF (à propos des idées de Roger Garaudy, de la question des Lettres françaises ou de la condamnation de la politique gouvernementale sur les questions de l’enseignement). Il ne fut pas réélu à la fin des années 1970 en raison de ses nombreuses responsabilités syndicales.

Membre du Syndicat national des professeurs d’écoles normales d’instituteurs, Gourdon en devint en 1969 le responsable de la section académique de Nice et siégea à la CA départementale de la Fédération de l’Éducation nationale. Retraité depuis 1987, il resta membre de son syndicat.

Avec Geneviève Kober, directrice d’école maternelle, divorcée, mère de trois enfants, sa compagne depuis plusieurs années, qu’il devait épouser en février 1996 à Roquebillière (Alpes-Maritimes), Gourdon participa à la création, en 1970 dans le département, du Groupe français d’éducation nouvelle. Ils devinrent membres du bureau national de l’organisation, responsables de la formation des maîtres. Ils organisèrent sur cette question des journées d’études à Valence (Drôme) en février 1975.

En 1982, Louis Gourdon adhéra à l’amicale des vétérans du PCF et renouvela chaque année son adhésion. La même année, il devint le responsable départemental de l’appel des Cent pour la Paix qu’il avait contribué à créer. Il la conserva jusqu’en 2007 et anima de nombreuses initiatives. Depuis 1998, il était membre du conseil d’administration des Amis du musée de la Résistance à Nice.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87338, notice GOURDON Louis, Roger, Célestin par Jacques Girault, version mise en ligne le 5 avril 2010, dernière modification le 25 juillet 2021.

Par Jacques Girault

Louis Gourdon (debout, quatrième en partant de la gauche), lors de la réception par le Fédération du PCF, avec Virgile Barel, du ministre vietnamien Le Duc Tho, en août 1969.
Louis Gourdon (debout, quatrième en partant de la gauche), lors de la réception par le Fédération du PCF, avec Virgile Barel, du ministre vietnamien Le Duc Tho, en août 1969.
Louis Gourdon, dans une réunion du conseil d'administration des Amis du musée de la Résistance en mars 2008
Louis Gourdon, dans une réunion du conseil d’administration des Amis du musée de la Résistance en mars 2008

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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