GRANGIER Maurice

Par Jacques Girault

Né le 7 février 1917 à Antoingt (Puy-de-Dôme), mort le 11 février 1987 à Blanzat (Puy-de-Dôme) ; instituteur ; syndicaliste, militant communiste, membre du bureau fédéral du PCF du Puy-de-Dôme ; maire de Blanzat (1971-1981).

Fils d’un ouvrier agricole « plutôt de gauche », cadet d’une famille de quatre enfants, Maurice Grangier reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de l’école primaire supérieure d’Issoire en 1930, il entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand en 1934. Instituteur à partir de 1937 dans divers postes du Puy-de-Dôme (Sainte-Catherine-du-Fraisse, Saint-Jean-des-Ollières, Saint-Dier-d’Auvergne de 1941 à 1945, Saint-Jean-des-Ollières à nouveau en 1945-1946), il fut nommé directeur de l’école de Blanzat, village viticole, où il exerça jusqu’à sa retraite en 1972.

Maurice Grangier effectua son service militaire à partir d’octobre 1938 dans les Chasseurs alpins dans la région de Modane. Mobilisé en Syrie, il resta sous les drapeaux jusqu’en mars 1941.

Il se maria uniquement civilement en juillet 1953 à Blanzat avec Marcelle Perrin. Native de Blanzat le 28 octobre 1931, fille d’un ouvrier des usines Michelin, libre-penseur décédé en 1955 et d’une ouvrière. Elle entra chez Michelin en 1955 comme assistante sociale et sympathisait avec le Parti communiste français sans en être membre.

Membre du Syndicat national des instituteurs depuis 1937, Grangier fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI de 1947 à 1969 dans le courant « Unité et Action » et membre du bureau de la section de 1965 à 1969. Il resta syndiqué après sa retraite.

Grangier adhéra au PCF en 1944. Secrétaire de cellule, membre du comité de la section communiste, il participa au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes en 1952. Il jouait un rôle essentiel dans la rédaction et la diffusion du journal de la cellule communiste, L’Écho de Blanzat. Dans les débats internes au PCF dans les années 1980, il prit position pour un congrès exceptionnel.

Maurice Grangier fut élu au Bureau fédéral à l’issue de la 5ème conférence fédérale du PCF du Puy-de-Dôme des 12 et 13 février 1949, réélu les années suivantes. A l’issue de cette conférence fédérale des 2 et 3 février 1952, le rapport du délégué du Comité central précise que Maurice Grangier avait été proposé pour intégrer le secrétariat fédéral mais n’avait pas été ratifié par le secrétariat du parti, afin de lui laisser tout son temps au travail parmi les instituteurs et dans les mouvements laïques. Il est néanmoins maintenu au Bureau fédéral, réélu jusqu’en mai 1957.
Au moment de la 11éme conférence de mai 1957 , le Bureau fédéral pour justifier sa proposition de ne pas le maintenir au Bureau écrit : "s’est refusé toute l’année dernière à assister au BF, considérant qu’il avait trop de travail". Il est néanmoins élu au Comité fédéral. À cette date, il était membre du bureau de la section communiste de Clermont-Ferrand-Est. Il fut réélu aux conférences suivantes de 1959 et 1961. On ignore s’il fut élu à l’issue des conférences suivantes.

Élu conseiller municipal de Blanzat en 1953, adjoint au maire en 1959 et en 1965, Grangier devint, à la tête d’une liste du PCF et du Parti socialiste unifié, maire de 1971 à 1981, date à laquelle il démissionna pour raisons de santé tout en restant conseiller municipal jusqu’en 1983. Il se représenta alors en position non-éligible.

Pendant ses mandats, furent aménagés un bloc scolaire, un lotissement, une déviation. Animateur de l’amicale laïque, en 1964, Grangier et Marcel Cazals firent décider la construction d’un foyer rural, inauguré en 1968 qui fut le siège d’un club de jeunes dont il anima certaines de ses 27 activités, dont le Blanzat Athlétic Sport. Il créa une plateforme de jeu aménagé et une salle des sports En outre, il recueillait des souvenirs et documents sur « Le passé de Blanzat » et écrivait régulièrement dans le bulletin municipal Vivre à Blanzat. Il continuait à assurer des permanences dans la bibliothèque. Il anima la solidarité avec les luttes des travailleurs d’une entreprise locale d’éclairage (CETEK).

Grangier fut le suppléant du candidat du PCF aux élections législatives de 1973 dans la première circonscription (Clermont-Ferrand-Plaine). Il était alors le co-président de l’association départementale des élus communistes et républicains. Il fut à plusieurs reprises candidat aux élections cantonales.

Ses obsèques civiles furent l’objet d’un important rassemblement au cimetière de Blanzat. Son nom fut donné en 1987 au groupe scolaire de Reilhat, comprenant une stèle sculptée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87366, notice GRANGIER Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 7 avril 2010, dernière modification le 17 novembre 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Archives de la Fédération PCF du Puy-de-Dôme. —Presse syndicale. — Travail d’une équipe d’étudiants de Madame Quincy-Lefèbvre (Université de Clermont-Ferrand). – Renseignements fournis par la veuve de l’intéressé. — Compléments par Eric Panthou.

ICONOGRAPHIE : Photo d’identité.

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