HEIDET Jules, François

Par Jacques Girault

Né le 16 juin 1894 à Rougemont-le-Château (Territoire de Belfort), mort en déportation le 29 mars 1944 au camp d’extermination de Kochem ; instituteur à Rougemont-le-Château ; secrétaire de la section départementale du SNI ; membre de la SFIO ; résistant.

Jules Heidet
Jules Heidet

Fils de cultivateurs d’opinions radicales, Jules Heidet, aîné d’une famille de neuf enfants, reçut tous les sacrements catholiques. Après des études au Cours complémentaire de Rougemont-le-Château, il entra à l’École normale d’instituteurs de Belfort en 1910 et fut nommé, en 1913, instituteur à Montreux-Château. Mobilisé en août 1914 dans l’infanterie, il participa aux combats de la zone de Verdun et fut blessé à deux reprises, le 17 septembre 1916 à Bouchavesnes dans la Somme.

Mis en congé le 25 août 1917, pensionné à 60 %, , Jules Heidet repris son métier d’instituteur à Rougemont, où il se maria en août 1919 avec une institutrice, fille de son directeur d’école. Leur fille reçut les premiers sacrements catholiques. En 1927, succédant à son beau-père comme directeur, il assurait la préparation à l’École normale dans le cours complémentaire. Il présidait « La Semeuse », société laïque de préparation militaire et de sport. En 1933, il fut nommé directeur de l’école de la Place des Bourgeois à Belfort (devenue en 1948 école Jules Heidet).

Président des Mutilés de guerre du département, Jules Heidet devint secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1935, participa aux congrès nationaux jusqu’à la guerre et fut élu, en 1938, membre du conseil départemental de l’enseignement primaire. Trésorier de l’Union syndicale CGT depuis 1935, il conseilla les grévistes en 1936 dans les discussions des contrats collectifs. Membre du Parti socialiste SFIO, ami de L.-O. Frossard et de Naegelen, fondateur de la section socialiste de Rougemont, il appartenait à la Commission exécutive du Parti à Belfort sous le Front populaire.

Réformé, Heidet ne fut mobilisé en 1939-1940. Il s’engagea très tôt dans la Résistance et devint en octobre 1942 le secrétaire du Front national dans le Territoire. Chargé de la coordination avec les autres mouvements de résistance, il fut au centre des multiples activités. Dénoncé, arrêté par la Gestapo le 29 octobre 1943, avec sa famille, il fut interné à la caserne Friedrich à Belfort, transféré le 6 décembre à la prison de La Butte à Besançon, dirigé sur la prison de Fresnes le 20 janvier 1944, puis sur le camp de Compiègne. Déporté au camp du Struthoff, il fut envoyé au camp d’extermination de Kochem, où il y mourut le 29 mars 1944.

André Bergeron écrivait à son propos : « J’ai conservé dans ma mémoire et dans mon cœur ce qu’il nous disait lorsqu’il nous parlait du civisme, de la République, de la liberté, de la contrainte et de la morale tout court ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87382, notice HEIDET Jules, François par Jacques Girault, version mise en ligne le 8 avril 2010, dernière modification le 7 juillet 2021.

Par Jacques Girault

Jules Heidet
Jules Heidet

ICONOGRAPHIE : Photographie à la fin des années 1930.

SOURCES : A. Bergeron, Lettre ouverte à un syndiqué, p. 42. — Renseignements fournis par Madame N. Darrichon, fille de l’intéressé.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément