SOUÊTRE Olivier, dit Souvestre

Né le 27 décembre 1831 à Plourin-lès-Morlaix (Finistère), mort le 30 décembre 1896 ; cheminot ; chansonnier révolutionnaire ; officier fédéré pendant la Commune de Paris.

Son nom primitif de Souvestre avait été modifié en Souêtre, en 1800, par un secrétaire de mairie étourdi. Son père était meunier et voulait faire de lui un prêtre. Le curé de Plourin lui enseigna le latin et lui insuffla l’amour de la poésie et de l’histoire ; Pierre Le Scour, greffier au tribunal de Morlaix (Finistère), le poussa vers le séminaire en payant son trousseau. Il entra au séminaire de Quimper (Finistère), écrivit des vers bretons et s’enthousiasma pour Lamennais ; puis, au cours de vacances à Locquirec (Finistère), il s’éprit d’une jeune fille et renonça à la prêtrise. À vingt ans, il fut incorporé dans l’infanterie de marine, à Rochefort (Charente-Inférieure) ; il fut libéré après deux ans comme fils aîné de veuve.
En 1858, il gagna Paris et occupa un emploi de bureau à la compagnie du chemin de fer d’Orléans ; il vivait médiocrement, fulminait contre la société et la religion : « La soutane, écrit-il, fait la nuit sur le monde » ; on le connaissait alors sous le nom de Souvestre, plutôt que de Souêtre.

Il se jeta avec enthousiasme dans les luttes de la Commune ; officier-payeur au 151e bataillon fédéré, il fut blessé à la gorge, au fort d’Issy, par une balle qui le laissa aphone.
La compagnie d’Orléans ne le reprit pas ; il devint correcteur d’imprimerie, puis employé au Comptoir d’escompte. Il écrivit de nombreux poèmes révolutionnaires ; il mourut à Paris, 2, rue Pascal (Ve arr.) et fut enterré le 1er janvier 1897 au cimetière de Bagneux.

Un de ses poèmes les plus célèbres, La Marianne, débutait ainsi :
« Mon nom à moi, c’est Marianne,
Un nom connu de l’univers,
Et j’aime à porter d’un air crâne
Mon bonnet rouge de travers »

Mise en musique par Léon Trafiers, popularisée par Fernande d’Erlincourt, la Marianne ne fut détrônée que par l’Internationale.
Souêtre groupa un certain nombre de ses poèmes, en 1896, sous le titre de La Cité de l’Égalité. Parmi ces poèmes, la Question de l’Amnistie qui, en 1879, lui valut le premier prix au concours de la Muse républicaine d’Évreux et La Commune ressuscitée, dans lequel il stigmatise Thiers, « sinistre vieillard » qui
« À fait signe à Bismarck, l’implacable vainqueur,
Et le Rhin allemand, pour la guerre civile,
Lui vomit ses captifs, par centaines de mille !
Mais la Commune reviendra, car elle est la Raison, la Justice et la Fraternité. »
« Jusque-là soyez fiers, heureux et triomphants,
Glorieux assassins de femmes et d’enfants :
Dormez sur vos lauriers sans souci d’autre chose,
Pourvoyeurs des poteaux hideux de Satory :
Votre éternelle apothéose
Sera le pilori !
......
Vous êtes des mourants ! et lorsque, sous les fleurs,
Vous riez, après boire.
Et vous chantez victoire,
J’entends, derrière vous, le pas des fossoyeurs ! »
Souêtre écrivit aussi, en 1885 Le Chant d’un soldat (La Crosse en l’air !) et, en 1890, Pendeurs et Pendus sur les martyrs de Chicago.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8750, notice SOUÊTRE Olivier, dit Souvestre, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 9 février 2020.

ŒUVRE : Il s’agit de poèmes : L’Amnistie. — L’Aurore du 14 juillet. — La Commune ressuscitée. — La Crosse en l’air. — Panama ! — Le Massacre de Fourmies. — Le 1er mai du Père Peinard et surtout La Marianne (1883).
On trouve au Catalogue de la Bibl. Nat. soit à Souêtre, soit à Souvestre : À la Chambre des députés et au Sénat, pour la question de l’amnistie, Paris, s.d., in-18, IV, p., Ye 52363. — Mikael, kloaerck breton, Paris, 1862, in-18, 225 p., Ye 69536. — Au citoyen Félix Pyat. La Parisienne de 1870, Paris, 1870, in-4°, 1 p., Ye 7185 (832). — Pour la glorification de l’anniversaire du 18 mars. La Commune ressuscitée, légende révolutionnaire, Paris, 1887, in-8°, 4 p., 8° Ye Pièce 1667. — La Commune ressuscitée. L’Aurore du 14 juillet, publié dans un ensemble à Paris en 1891, in-16, 32 p., 8° Lb 27/7848. — La Cité de l’Égalité, Paris, 1896, in-8°, 56 p., 8° Lb 57/11656.

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