HEYRAUD Édouard, Alphonse

Par Antoine Olivesi

Né le 29 novembre 1908 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 6 septembre 1986 à Marseille ; instituteur ; conseiller général et conseiller municipal socialiste de Marseille après la Seconde Guerre mondiale ; résistant.

Édouard Heyraud naquit dans une famille marseillaise qui habitait, depuis 1825, le quartier des Chartreux, rue Saint-Bruno, où son grand-père avait fait bâtir la maison dans laquelle il demeurait en 1986.

Son père était mécanicien au PLM et sa mère commerçante. Instituteur normalien à Aix (promotion 1925-1928), Édouard Heyraud enseigna comme instituteur pendant trente-cinq ans dans la même école du faubourg voisin de Saint-Just, alors très populaire, rue Saint-Georges, jusqu’à sa retraite qu’il prit comme directeur d’école.

Il adhéra au syndicat des Instituteurs en 1932 et en resta membre jusqu’en 1959. Il fit partie du bureau directeur de ce syndicat. Peu après, Édouard Heyraud adhéra au Parti socialiste SFIO dans la 6e section, dont il évoquait, quarante ans plus tard, les souvenirs, en ces termes :

« Je devins membre du Parti socialiste en 1934. J’ai adhéré au parti à cause de l’influence de mon père, un des fondateurs de la 6e section. Je suis rentré par sentimentalité. J’ai eu, comme parrains : Antoine Cerati qui était alors conseiller général, et Pierre Roche (conseiller d’arrondissement). C’étaient des amis de mon père.

J’ai fait d’abord partie des Jeunesses socialistes de ma section. »

Selon lui, évidemment, la 6e section faisait partie des plus actives de la ville avec la 1re et la section de la Plaine. Elle était subdivisée en quatre sous-sections : Bois-Luzy, La Blancarde, Le Petit Bosquet, Les Chartreux.

À la veille de la guerre, la 6e section avait comme principaux dirigeants : Arrighi Pierre, secrétaire, Roche Pierre, trésorier et Ripert secrétaire adjoint.

Édouard Heyraud s’occupait particulièrement de la bibliothèque : « Pour la 6e section, il y en avait une dont le local est actuellement la mairie annexe. Il me semble que le nombre des bibliothèques était assez élevé : (7 à 8), à Marseille.

« Dans ma bibliothèque, il y avait 50 % d’ouvrages à caractère politique et 50 % d’autres livres qui étaient très éclectiques. Évidemment, on trouvait des romanciers de sensibilité de gauche comme Zola.
On ne trouvait pas de « classiques ». Les romans étaient plus lus que les ouvrages politiques ; beaucoup de gens étaient inscrits à la section pour pouvoir fréquenter la bibliothèque car l’achat de livres était difficile pour de faibles salaires. Cette bibliothèque était bien fréquentée. » C’était Joseph Paoli qui était le bibliothécaire et le trésorier en 1938-1939. Heyraud l’aidait, puis le remplaça après la guerre. »

« On pouvait y consulter Le Populaire, mais on ne trouvait pas de magazines. »

En 1939, Édouard Heyraud participa à des campagnes électorales lors de scrutins partiels (municipaux et cantonaux) qui tournèrent à l’avantage de la droite. Comme toujours, dans le 6e canton, les « scores » étaient très serrés.

Sous l’Occupation, à cause de son appartenance au parti, il fut obligé de prendre le maquis dès le début de la guerre ; combattant volontaire de la Résistance, il partit pour le maquis d’Auvergne, puis celui du Plan d’Aups. Il reçut la médaille de combattant volontaire de la Résistance pour son action dans la clandestinité.

Après la guerre, Édouard Heyraud fut élu et demeura secrétaire général de la 6e section de 1944 à 1970.

Directeur d’école, puis instituteur honoraire, chevalier des palmes académiques, il fut élu conseiller municipal socialiste de Marseille en 1959 sur la liste [ Gaston Defferre et réélu en 1965 et en 1971. Il était, depuis cette date, délégué aux lotissements défectueux. En 1973, conseiller général sortant du 6e canton, il fut réélu dans le 10e, en fonction du nouveau découpage et de l’accroissement du nombre des cantons urbains. Il fut élu vice-président du conseil général la même année. Il s’y occupa plus particulièrement des problèmes de l’urbanisme, de l’éducation nationale, de la Santé, de l’aide sociale, du troisième âge. Il présida l’association des amis d’Édouard Heyraud, qui organisait, notamment, des activités culturelles. Il avait fondé aussi l’association « les gens heureux. »

Édouard Heyraud demeura conseiller municipal jusqu’au 3 juillet 1981, date à laquelle il démissionna de ses fonctions. Doyen d’âge du conseil général, il y occupa les fonctions de questeur de 1967 à 1973, puis, de 1976 à 1982, date où il fut élu 9e vice-président de l’Assemblée départementale, le 24 mars. Au renouvellement de 1985, Heyraud ne fut plus candidat.

Il s’était marié, à Marseille, le 30 juillet 1932 avec Marie Vacheron.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87509, notice HEYRAUD Édouard, Alphonse par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 15 avril 2010, dernière modification le 28 août 2010.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Le Petit Provençal, notamment 4 septembre 1973 (biographie et photo), 25 mars 1982, 9, 10 et 11 septembre 1986 (courte nécrologie et photo). — Bouches-du-Rhône, revue annuelle du Conseil général, 1973. Indicateur Marseillais, 1939, 1947 et années suivantes. — Réponse du militant au questionnaire et à une enquête, en 1981, sur le Parti socialiste avant la guerre. — Renseignements communiqués par Véronique Mahé et Gabriel Ambrosini. — État civil.

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