HUMBERT Lucien

Par Étienne Kagan, Jean Maitron

Né le 24 novembre 1876 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 12 juin 1935 ; coupeur en chaussures ; syndicaliste de Meurthe-et-Moselle.

Syndiqué depuis 1893, Lucien Humbert représenta en 1902 le syndicat de la Chaussure de Nancy au premier congrès de la Fédération des syndicats de l’Est. Il fut en 1907 trésorier du Syndicaliste, organe de l’Union départementale de Meurthe-et-Moselle, puis devint en 1909 secrétaire du syndicat de la chaussure à la place de Ch. Voirin. De 1911 à 1914, il fut secrétaire adjoint de l’UD. Il était inscrit au carnet B dès 1909.

Cette même année, il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour son action syndicale. Il joua, de 1909 à 1914, un rôle important à l’Union des syndicats ouvriers de Meurthe-et-Moselle et fut conseiller prud’homme. Du 3 au 10 octobre 1910, il avait assisté à Toulouse au XVIIe congrès national corporatif — 11e de la CGT.

Réformé en décembre 1914, Lucien Humbert travailla à la mairie de Nancy. Rappelé, il fut détaché dans une fabrique de chaussures à Lyon. De retour à Nancy en juin 1919, il devint secrétaire général de l’UD de Meurthe-et-Moselle et le resta jusqu’à sa mort. Il était en même temps secrétaire administratif du syndicat de la Chaussure de Nancy et fut gérant du Réveil ouvrier de 1920 à 1935. Militant très actif, il se montra, comme E. Jacquemin, hostile à l’action politique et, lors de la création de la CGTU, hostile à toute scission au sein du mouvement syndical. Au congrès confédéral d’août 1925, il prit nettement position pour l’unité et critiqua le manque de vigueur de la direction confédérale. Dans la Révolution prolétarienne de septembre il se déclara hostile au front unique envisagé comme premier stade d’un processus de réunification et, par contre, partisan d’un congrès interconfédéral destiné à en jeter les bases. Il revint ensuite à des positions plus proches de celles du Bureau confédéral et du Parti SFIO. Aux élections municipales de 1935, il était en tête de la liste socialiste à Nancy et, libre-penseur militant, fut trésorier de la Fédération de Meurthe-et-Moselle de la Libre pensée. Ses obsèques eurent lieu en présence de Léon Jouhaux. Lucien Humbert était un cousin d’Eugène Humbert*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87535, notice HUMBERT Lucien par Étienne Kagan, Jean Maitron, version mise en ligne le 16 avril 2010, dernière modification le 16 avril 2010.

Par Étienne Kagan, Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat., F7/13567, F7/13570, F7/13608. — Arch. Dép. Meurthe-et-Moselle, syndicats, Parti communiste, grèves. — L’Ouvrier de l’Est. — Le Syndicaliste. — Le Réveil ouvrier. — Le Populaire de l’Est. — Article nécrologique dans Le Réveil ouvrier, 15 juin 1935. Notices nécrologiques in La Voix du Peuple, 1935, p. 524, Le Populaire de l’Est, 16 juin 1935, La Grande Réforme, juillet 1935.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., p. 537.

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