ISSAUTIER Simon [ISSAUTIER François, Simon]

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 22 mars 1885 à Saint-Dalmas-le-Selvage (Alpes-Maritimes), mort le 18 janvier 1935 à Nice (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; secrétaire du syndicat de l’Enseignement des Alpes-Maritimes.

Dès sa sortie de l’École normale de Nice en 1905, Simon Issautier milita à l’Amicale, puis au syndicat des instituteurs. Pendant la Première Guerre mondiale, réformé, il assura à partir de 1916 des cours d’agriculture dans L’École (nouveau nom de L’École émancipée) et publia en 1918-1919 dans L’École de la Fédération, des articles sur le droit syndical des fonctionnaires. En outre, selon son affirmation, il avait rédigé dans les colonnes de L’École émancipée (sans doute L’École) des articles sur la Vie internationale qui avaient été censurés.

En 1920, Issautier devint membre du secrétariat, délégué à la presse et bibliothécaire, du Syndicat des membres de l’Enseignement laïc des Alpes-Maritimes qui devait adhérer par la suite à la Fédération CGTU de l’Enseignement. Franc-maçon, membre du Parti socialiste SFIO depuis 1910, instituteur adjoint à Nice (école Risso devenue école Riquier), il devint secrétaire corporatif de la section départementale du Syndicat. Secrétaire général du Cartel élargi des services publics et concédés des Alpes-Maritimes, il fut élu, en 1928, membre du conseil départemental de l’Enseignement primaire avec 158 voix contre le candidat de la section départementale du Syndicat national qui recueillit 74 voix.

Issautier s’opposa, désormais, à la nouvelle tactique des communistes dans la Fédération de l’Enseignement. Les affrontements prirent un ton violent au sujet d’un incident qui touchait les principes. Le conseil départemental de l’Enseignement primaire, dont il faisait partie, lui attribua une promotion au choix. À la suite des critiques des syndiqués, et surtout des communistes, il versa 1 000 francs à la caisse de solidarité du syndicat (rapport du commissaire spécial de Nice, 9 mars 1929), geste fréquent chez les nouveaux promus. Dans ce contexte de tension, les positions se radicalisèrent. Par réaction, lors du renouvellement du conseil départemental de l’Enseignement primaire, Issautier, pour évincer d’éventuels candidats communistes, s’entendit avec les responsables de la section départementale du Syndicat national. Désigné comme candidat, le 21 mars 1929, il fut élu, le 25 avril, avec 173 voix sur 273 votants. Dès lors, les attaques communistes se multiplièrent dans le nouvel hebdomadaire Rouge-Midi auquel Issautier répondit dans la presse locale (Le Petit Niçois notamment). Signataire d’un article, le 22 janvier 1930, dans Le Cri du Peuple, organe du mouvement pour l’indépendance et l’unité syndicale, Issautier quitta la CGTU avec d’autres militants et adhéra au Syndicat national en 1930. Il devint par la suite secrétaire du Cartel départemental des services publics et le demeura jusqu’en 1932.

Toujours membre du Parti socialiste SFIO, marié à une directrice d’école, Issautier fut enterré civilement. L’École émancipée, le 2 février 1935, et L’Effort syndicaliste des Alpes-Maritimes, bulletin du Syndicat national des instituteurs, lui consacrèrent des articles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87551, notice ISSAUTIER Simon [ISSAUTIER François, Simon] par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 16 avril 2010, dernière modification le 16 avril 2010.

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F7/12971, 12972, 13030, 13749.

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