HOOG Georges, Sébastien, Guillaume. Pseudonymes : LEROY-DEBASAN, Sébastien DIEBOLD

Par André Caudron

Né le 13 novembre 1885 à Paris, mort le 13 juin 1944 à Paris (VIIe arr.) ; secrétaire de rédaction du Sillon (1905-1910), rédacteur en chef de La Démocratie, secrétaire général de la Jeune République (1919-1940) ; professeur d’économie politique.

Issu d’une famille alsacienne qui avait opté pour la France en 1872, fils de Guillaume Hoog et de Francine Diebold, Georges Hoog, encore adolescent, entra au cercle Jeanne d’Arc lancé par Louis Grandin, militant sillonniste du VIIe arrondissement de Paris. C’est dans le bulletin de ce cercle que le jeune homme fit ses premières armes de militant par la plume. Il n’avait que dix-huit ans quand Marc Sangnier* le choisit en 1903 pour tenir le secrétariat du Sillon. Dès 1905, il fut chargé du secrétariat de rédaction de la revue éponyme et de l’hebdomadaire L’Éveil démocratique. Il allait conserver ces deux charges pendant cinq ans. Plusieurs tâches importantes lui furent alors confiées, tels les comptes-rendus du voyage des militants du Sillon à Rome en septembre 1904 et peu après des congrès nationaux, tenus à Paris, des cercles d’études et instituts populaires (février) et du mouvement lui-même (avril 1905).

Après la dissolution du Sillon en 1910 et jusqu’en août 1914, il exerça les mêmes fonctions pour le quotidien La Démocratie. Doté d’un esprit clair et résolu, d’une plume alerte et passionnée, il allait être l’un des auteurs les plus productifs du courant démocrate chrétien, écrivant des ouvrages de nature politique ou économique aussi bien que des romans et pièces de théâtre où il mettait en scène ses aspirations sociales.

Mobilisé le 3 août 1914, il fut affecté par le ministre de la Guerre, en 1916, aux services de la propagande française du ministère des Affaires étrangères. Il était alors secrétaire permanent du Comité catholique de propagande française, fondé au début de 1915 par Mgr Alfred Baudrillard pour répliquer aux attaques allemandes et renseigner les pays neutres sur l’état du catholicisme en France. Parallèlement, de 1915 au début de 1917, Georges Hoog assura la publication d’un journal républicain démocrate, Notre Étoile, en accord avec Marc Sangnier. Plus tard, du 24 mars 1918 au 8 juin 1919, il fit paraître un autre hebdomadaire, Nos annales de guerre, destiné à maintenir les liens entre les adhérents de la Jeune République, les lecteurs de La Démocratie et les membres d’organisations du même esprit. Il donnait aussi, chaque mois, des Lettres à un soldat sous forme de brochure et des Lettres aux neutres insérées dans de nombreux journaux étrangers, réunies ensuite en volume préfacé par le baron d’Anthouard, ministre plénipotentiaire au Brésil (1918).

Au lendemain des hostilités et jusqu’en 1935, Georges Hoog allait rester membre du Comité catholique des amitiés françaises, nouveau nom du Comité catholique de propagande dont les activités à la fois culturelles et spirituelles continuaient à travers le monde. Devenu rédacteur en chef de La Démocratie qui reparaissait comme hebdomadaire (1919), il fut aussi rédacteur en chef de La Jeune République. En même temps, il était secrétaire général de la Ligue de la Jeune République, engagée sur le terrain politique, et du comité international d’action démocratique pour la paix, ainsi que directeur du Foyer international de la paix, multipliant les congrès au-delà des frontières, les voyages d’études, les conférences en France et à l’étranger. Cette activité impulsée par Marc Sangnier s’inspirait des orientations que les deux hommes avaient reçues du pape Benoît XV lors d’une audience accordée en 1920.

Correspondant de divers journaux catholiques étrangers, Georges Hoog collaborait à de nombreuses publications françaises comme L’Univers, Le Peuple français, La Vie catholique (1924-1938), L’Aube (1932-1940), L’Éveil des peuples (1932-1939). En 1929-1930, il avait participé aux programmes de l’Institut Pie XI, mis en place par Francisque Gay pour diffuser la pensée pontificale sur les affaires françaises.

À partir de 1940, Georges Hoog occupa une chaire d’économie politique à l’École supérieure d’organisation professionnelle. En 1942, il fit paraître le second volume d’une Histoire du catholicisme social en France qui lui valut l’année suivante le prix de Joest, décerné tous les cinq ans par l’Académie des sciences morales et politiques. Cet ouvrage devait comporter trois tomes mais les autres ne purent voir le jour.

Lié étroitement à Marc Sangnier, Georges Hoog fut l’un de ses plus fidèles et de ses plus authentiques disciples. Chevalier de Saint Grégoire le Grand (1923) et de la Légion d’honneur (1934), il avait épousé Madeleine Coquelin. Leur fils Armand s’est fait connaître comme critique littéraire et professeur dans les universités américaines. Parmi les pseudonymes qu’utilisait Georges Hoog, celui de Diebold venait du nom de sa mère.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87561, notice HOOG Georges, Sébastien, Guillaume. Pseudonymes : LEROY-DEBASAN, Sébastien DIEBOLD par André Caudron, version mise en ligne le 17 avril 2010, dernière modification le 22 septembre 2010.

Par André Caudron

ŒUVRE : Le Sillon à Rome (8-12 septembre 1904), Au Sillon. — Les conservateurs et la IIIe République (1871-1906), Bloud, 1910. — La vie politique. Les idées et les hommes (1905-1910), La Démocratie, 1913. — Les sources intellectuelles de l’Action française : un système de paganisme politique, La Démocratie, 1913. — La religion catholique et l’Action française, La Démocratie, 1913. — Lettres aux neutres sur l’Union sacrée, Bloud et Gay, 1918. — Pourquoi l’Alsace-Lorraine doit redevenir française, Bloud et Gay, 1918. — La guerre des nations. Les racines du conflit, 2 vol., 1914, Grande imprimerie de Blois. — Le clergé de France et la vie politique, 1789-1910, Les lettres à un soldat, 1919. — À l’épreuve de la guerre : les idées de Marc Sangnier, La Démocratie, 1919. — Histoire, doctrine, action de la Jeune République, La JR, 1920. — Marc Sangnier au Parlement (1919-1924), La Démocratie, sd (1924). — Vingt années d’histoire politique (1906-1925), La Démocratie, 1926. — Éducation et politique : la Jeune République et l’action électorale, La JR, 1928. — Le désarmement dans les enseignements pontificaux, Bloud et Gay, 1930. — L’acier contre la paix, La JR, sd (1932). — Jeune République et Rassemblement populaire, La JR, 1937. — Le drame de l’Espagne : croisade morale ou guerre sociale ?, La JR, 1937. — La Jeune République, les réformes de structure et la défense de la paix, avec Maurice Lacroix, Gaston Puel et Jean Pralong, La JR, 1938. — Munich sans lendemain, La JR, 1939. — Histoire du catholicisme social en France, 1871-1931, II. De l’encyclique. « Rerum novarum » à l’encyclique « Quadragesimo anno », préface du R. P. Sertillanges, Domat Montchrestien, 1942. — Cours professés à l’École supérieure d’organisation professionnelle : La coopération de production, I. Origines et institutions, 1942 ; II. Législation et technique, 1943. — Économie privée, I. Organisation, financement et exploitation des entreprises, avec Gabriel Campion, 1942 ; II. Prix de revient, prix de vente contrôle des résultats, 1943. — Théâtre et romans : Les barbares, drame d’idées sur le matérialisme contemporain et la philosophie de la jouissance, Bloud et Cie, 1913. — Rédemption, histoire d’une jeunesse, Bloud et Gay, 1916. — Le fusil braqué, Les lettres à un soldat, Bellevue (Seine-et-Oise), 1917. — Quand l’ouragan a passé, pièce en deux actes, La JR, 1928. — La traversée, symbole en deux actes, La JR, 1930. — Le théâtre de la paix. Les chômeurs de la Wupper. Perruques. Leurs vingt ans, La JR, 1935.

SOURCES : Catholicisme, V, 1962, notice par Maurice Carité. — Dictionnaire de biographie française, XVII, 1989. — Jeanne Caron, Le Sillon et la Démocratie chrétienne 1894-1910, Plon, 1967. — Madeleine Barthélemy-Madaule, Marc Sangnier, Seuil, 1973. — Acte de décès.

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