JEAN Ernest [JEAN Henri, Ernest]

Par Jacques Girault

Né le 17 avril 1882 à La Verdière (Var), mort le 27 février 1965 à La Verdière ; maire de La Verdière (1929-1931) ; résistant ; conseiller général communiste du canton de Rians (1945-1948).

Fils d’un propriétaire, Ernest Jean effectua son service militaire dans un régiment de dragons à Lyon (Rhône). Marié dans la commune en septembre 1906, avec une institutrice, il combattit pendant la Première Guerre mondiale dans des unités du Train puis du Génie. Employé à l’octroi de Toulon depuis 1907, il prit sa retraite le 21 mai 1926 pour exploiter à La Verdière sa propriété. Élu maire de la commune, en mai 1929, sur une liste « socialiste d’intérêt local », il démissionna en avril 1930 ou 1931, selon les sources, pour rejoindre son épouse, nommée directrice d’école à Toulon. À la retraite de cette dernière, en 1935, il se retira définitivement à La Verdière et y fonda un groupe de coopérateurs affiliés aux Coopérateurs du Midi.

Jean adhéra à la cellule communiste qui se réunissait depuis 1934, pendant la campagne électorale de 1936. Une vive amitié le liait au député communiste Gaou* et il accepta de témoigner en sa faveur lors du procès des députés communistes, quatre ans plus tard. Il hébergea notamment à plusieurs reprises, pendant de longs mois entre 1937 et août 1940, la fille du député communiste de Paris, Charles Michels*, en mauvaise santé.

Jean, à la suite d’un arrêté préfectoral du 18 février 1941, fut interné au centre de séjour surveillé de Saint-Paul d’Eyjeaux (Haute-Vienne) où il arriva le 3 mai. Il écrivit plusieurs lettres au préfet du Var pour demander sa libération, indiquant notamment qu’il avait renié le Pacte germano-soviétique et qu’il se ralliait « au programme de Rénovation nationale ». La mesure d’internement rapportée le 25 novembre 1941, il signa la déclaration exigée et fut libéré le 29 novembre.

Rentré à La Verdière, Jean participa à la Résistance. En 1944, chef des FFI (ORA) de la commune, il y animait le Front national. Président du comité local de Libération, il fut désigné à la tête de la délégation municipale, le 17 août 1944.

Élu maire en mai 1945, Jean devint conseiller général communiste du canton de Rians, au deuxième tour, le 30 septembre 1945, avec 906 voix sur 2 045 inscrits. Au conseil général, il faisait partie de la commission de l’agriculture et de l’instruction publique, des commissions de visite des bâtiments départementaux, d’aliénation des propriétés départementales, d’électrification des campagnes et de la commission spéciale des incendies de forêts. Le Parti communiste ne le représenta pas en 1948.

En 1951, selon la police, Jean, président de la Fédération départementale des chasseurs, luttait au sein de l’association, contre les communistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87571, notice JEAN Ernest [JEAN Henri, Ernest] par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 avril 2010, dernière modification le 21 juillet 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 5.292, 2 M 7.31.3, 2 M 7.35.4, 7 M 12.2, 18 M 100, cabinet 600, 862. — Presse locale. — Renseignements fournis par J.-M. Guillon et par Alibert.

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