GUENOT Michel, Marcel

Par Jacques Girault

Né le 5 janvier 1938 à Nevers (Nièvre) ; professeur d’enseignement général des collèges ; militant syndicaliste et mutualiste ; militant socialiste dans la Nièvre, adjoint au maire de Coulanges-lès-Nevers.

Son père, comptable de la société d’électricité Loire-et-Nièvre avant la guerre, chef du service contentieux en fin de carrière à l’Électricité de France à Nevers, adhérent à la CGT, fut prisonnier en Allemagne (juin 1940-avril 1945). À sa retraite, il devint trésorier de l’Union départementale des sociétés mutualistes de la Nièvre. Sa mère, enfant de l’Assistance publique, avait été élevée par une famille nourricière de la campagne nivernaise. Michel Guenot reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du collège moderne de Nevers, il entra à l’École normale d’instituteurs de Nevers en 1954, qui fonctionnait dans les salles du musée Blandin. Il effectua une dernière année formation professionnelle à l’École normale d’instituteurs de Privas (Ardèche). Affecté en 1958, dès son premier poste, comme enseignant (lettres-histoire-géographie) au collège d’enseignement général de Decize, il devint, en 1964, professeur d’enseignant général au CEG de Fourchambault. Parallèlement, il fut inscrit aux facultés des lettres de Lyon (Propédeutique) puis de Dijon.

Michel Guenot se maria religieusement en juillet 1960 à Nevers avec une institutrice. Le couple eut un fils qui ne reçut aucun sacrement religieux. Le couple divorça en 1982. Il effectua son service militaire (décembre 1961-avril 1963) dans l’armée de l’Air, comme caporal, secrétaire au dépôt des équipements techniques près de Nevers puis à Dijon-Longvy
Membre du Syndicat national des instituteurs, Michel Guenot, élu en décembre 1961 au conseil syndical de la section départementale sur la liste « autonome » puis « Unité, Indépendance, Démocratie », participa à la commission laïque. Revenu au conseil syndical à son retour du service militaire, il y demeura jusqu’en 1970. Membre de la commission administrative de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale dans la commission laïque, il fut élu à la Commission administrative paritaire départementale après avoir été pendant un an membre du Comité technique paritaire. Il militait aussi dans la Fédération des conseils de parents d’élèves et dans le Comité départemental d’action laïque. Très tôt, il fréquenta des militants des « œuvres » sociales de l’Éducation nationale et « admira leur travail bénévole ». Son ancien instituteur, Jean Boué, ancien prisonnier, ancien malade du sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse), président de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, le sollicita pour être mis à la disposition, de cette section comme directeur adjoint en 1965 puis directeur (1970-1977). Il fut le vice-président de l’Union départementale des sociétés mutualistes (1970-1977).

En 1975, Michel Guenot devint administrateur national de la MGEN et le resta jusqu’en 2001, participant aux commissions du Plan, des travaux, des allocations journalières et d’invalidité, de la solidarité des soins coûteux, des œuvres sociales. Membre du bureau national de 1977 à 1999, il fut le secrétaire général adjoint de 1977 à 1983, responsable des sections départementales et des questions extra-métropolitaines. De 1983 à 1999, il en fut le vice-président, chargé de la prévention, de la recherche, des services sociaux administratifs, de la réadaptation, du reclassement, de l’école régionale de La Verrière et du centre international de Valbonne. Il présidait aussi le comité d’entreprise de la MGEN (1991-1999).
Michel Guenot assumait d’autres responsabilités mutualistes dans la Nièvre et sur le plan national, membre de la commission centrale et de la section permanente des œuvres sociales de l’Éducation nationale (1982-2001), administrateur de la Fédération nationale de la Mutualité française (1984-1994), secrétaire (1982-1984), secrétaire général (1984-1994), puis vice-président (1994-1999) de la Fédération nationale des mutuelles de fonctionnaires et d’agents de l’État, représentant de la MGEN à l’assemblée de la Caisse de prévoyance de la Mutualité (1994-1999), au groupement d’intérêt économique de l’observatoire de l’enfance en France et présidence de celui-ci (1999-2000). Il joua un grand rôle dans l’implantation à Guérigny (Nièvre) d’un centre pour adultes handicapés. En relations constantes avec les syndicats enseignants (SNI-PEGC, Fédération de l’Éducation nationale), il participa à plusieurs délégations syndicales auprès de l’administration et du Comité interministériel des services sociaux de la Fonction publique.

Michel Guenot approuva la création du Syndicat des Enseignants, « mais la dilution de la FEN dans l’UNSA me priva de mes repères, je mis fin à mon affiliation deux ans après », en 2001. Il n’adhéra pas à la Fédération générale des retraités.

Michel Guenot, non affilié à un mouvement politique, franc-maçon depuis 1966 à la loge du Droit humain à Nevers. Après sa disparition, il intégra la Grande Loge de France en 1968 à Nevers. Muté à Paris, il rejoignit le Grand Orient de France en 1978.

Après les événements de 1968, Guénot s’engagea dans la recherche d’une solution favorable à l’émergence d’un nouveau courant socialiste. Il fut un des fondateurs du Mouvement socialiste nivernais en octobre 1969 qui comprenait François Mitterrand et participa aux activités du Cercle d’études pour l’unité socialiste de la Nièvre. Dans le département, un congrès de synthèse regroupa des militants socialistes SFIO, UDSR et nouveaux adhérents, il fit partie du bureau du nouveau parti socialiste nivernais. Puis après le congrès d’Epinay (juin 1971), il adhéra au Parti socialiste. Favorable à des accords avec le Parti communiste français, élu aux élections municipales de Coulanges-lès-Nevers en mars 1977, sur la liste d’union de la Gauche, il devint adjoint au maire, délégué à l’action sociale. Mais devenu membre du bureau national de la MGEN, il remit ses mandats d’adjoint et de conseiller au début de 1978 après l’adoption du programme social. En 1986, il cessa d’adhérer au Parti socialiste tout en le soutenant aux élections.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87586, notice GUENOT Michel, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 avril 2010, dernière modification le 20 avril 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale et mutualiste. – Renseignements fournis par l’intéressé. — Jean Battut, Itinéraire militant d’un instituteur socialiste nivernais, Thèse, Université de Paris 13, 2009. – Notes d’André Lainé.

ICONOGRAPHIE : - Michel Guenot, premier élève debout contre la paroi à droite, à l’école de la Barre à Nevers en 1944. Jean Boué, instituteur. - Délégation à l’assemblée internationale de la Sécurité sociale et de la Mutualité à Montréal en 1986. De gauche à droite, Alain Chauvet, Jacky Fonfria, Pierre Jeanson, Michel Guenot, René Hiver, Jean-Pierre Davant. - Assemblée générale de la MGEN, conseil d’administration, Michel Guenot au premier rang à gauche.

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