GUEDJ Aimé, Kalfallah

Par Jacques Girault

Né le 1er avril 1934 à Constantine (Algérie) ; professeur ; militant syndicaliste du SNEsup ; militant communiste  ; membre du comité de rédaction de La Nouvelle Critique.

Sa famille juive, qui avait cinq enfants, émigra en France en 1936 après un pogrom à Constantine. Sa mère, veuve, ouvrière pontonnière et son beau-père, menuisier, étaient de sensibilité de gauche. Aimé Guedj fit sa communion « ostensiblement pour masquer le fait que nous étions juifs ». Après avoir fréquenté le cours complémentaire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), élève de l’École normale d’instituteurs d’Auteuil (1950-1953) à Paris, boursier au lycée Chaptal à Paris, il entra à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1956 (Lettres). Reçu à l’agrégation de lettres modernes en 1960, il fut nommé d’office professeur au lycée Bugeaud à Alger en 1960.

Après le putsch, menacé de mort, il fut renvoyé en France et effectua son service militaire dans l’infanterie à Satory en 1961 comme caporal. Le départ de son unité en Algérie fut annulé en raison des accords d’Evian. Nommé aux lycées du Mans (Sarthe), puis Marceau à Chartres (Eure-et-Loir) en 1962, puis Colbert à Paris en 1963. En 1965, il devint assistant, maître-assistant et maître de conférences à la faculté des lettres de Besançon, puis à l’Université de Franche-Comté jusqu’à sa retraite en 1994, spécialiste de littérature française du XIXe siècle et de Zola en particulier. Il écrivit de nombreux articles et une préface au Roman expérimental de Zola (Garnier-Flammarion, 1971).

Il se maria uniquement civilement en avril 1962 à Versailles (Seine-et-Oise) avec Jacqueline Steinbichler, ancienne élève de l’ENS de Fontenay-aux-Roses (1955), agrégée d’Anglais, enseignante à l’Université de Lille 3 (1968-1974) puis professeur aux lycées d’Antony (Hauts-de-Seine) puis de Chennevières (Val-de-Marne). Le couple eut trois fils.

Aimé Guedj militait au Syndicat national de l’enseignement supérieur. Il fut pendant de nombreuses années, et notamment en 1968, responsable syndical dans son établissement.

Membre du Parti communiste français depuis l’école normale en 1953, Guedj, secrétaire de la cellule des élèves de Chaptal, membre de l’Union des étudiants communistes, militait dans ses établissements d’enseignement, y fut secrétaire de cellule, membre du secrétariat de la section de Besançon. Toutefois, habitant au Plessis-Trévise (Val-de-Marne), il obtint au milieu des années 1970 d’adhérer dans la commune. Secrétaire de cellule, il fit partie du secrétariat de la section communiste locale. Bien que n’étant plus membre du PCF, à la demande de la section locale du PCF, il conduisit la liste communiste aux élections municipales de 1995 au Plessis-Trévise. Pour le deuxième tour, lors de la fusion avec la liste socialiste, il demanda à figurer en dernière position. Membre de la Ligue des droits de l’Homme, il militait dans l’amicale laïque et la Fédération des conseils de parents d’élèves.

À la fin des années 1960, Guedj, membre de la commission de l’enseignement auprès du comité central du PCF, entra au comité de rédaction de La Nouvelle Critique et en fit partie jusqu’à sa disparition en 1979. Il y écrivit de nombreux articles dont un sur Le Monde en mai 1968 qui fut développé dans un ouvrage sur ce journal. Il ne collabora pas à Révolution.

Après une dizaine d’années d’hésitations et de désaccords exprimés seulement lors des réunions entre communistes sur la ligne politique du PCF à la fin des années 1970, Guedj, après la rupture du programme commun, rejoignit le groupe des « reconstructeurs ». Quand la fédération du Doubs du PCF fut dissoute, il refusa d’adhérer à la fédération nouvelle mise en place par le PCF et resta solidaire de la « fédération des communistes du Doubs », dissidente. Il continua à militer avec les communistes au Plessis-Trévise dans les années 1980. Progressivement, il cessa d’appartenir au PCF et constatait, en 2009, « Je me suis toujours pensé et senti communiste, si ça peut avoir un sens ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87589, notice GUEDJ Aimé, Kalfallah par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 avril 2010, dernière modification le 17 juillet 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Aimé Guedj, Jacques Girault, Le Monde. Humanisme, objectivité et politique, Paris, Éditions sociales, Notre temps, 1970.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. – Frédérique Matonti, Intellectuels communistes. Essai sur l’obéissance politique, La Nouvelle Critique (1967-1980), Paris, La Découverte, L’espace de l’histoire, 2005. – Renseignements fournis par l’intéressé.

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