JACQUET Germain (provisoire)

Par Claude Pennetier

Né le 27 février 1901 à Lavilledieu (Dordogne), mort le 28 août 1974 à l’Hôpital Henri Mondor de Créteil (Val-de-Marne) ; militant communiste jusqu’en 1939 ; syndicaliste CGTU puis CGT de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne) ; ouvrier verrier ; secrétaire de la Fédération CGT du Verre ; partisan de la Charte du travail, exclu à vie de toutes organisations syndicales.

Après son certificat d’études, l’instituteur de Germain Jacquet vint trouver son père pour qu’il poursuive ses études. La réponse fut : « Non, dans notre famille, il n’y a que des travailleurs. » A treize ans, Germain refusa de continuer à travailler avec son père comme couvreur et obtint une embauche comme ouvrier verrier. Il fut employé dans différentes usines de France.
Lors de son mariage le 7 novembre 1922 à Cepoy (Loiret) [une commune de verriers], avec Germaine Gabrielle Gazard, il était verrier. Le couple eut une fille et vécut à La Chapelle Saint-Mesmin (près d’Orléans) jusqu’en 1930. Ensuite, ils habitèrent Rambouillet jusqu’en sept-oct. 1933 puis il vient s’installer à Choisy-le-Roi, haut-lieu de la verrerie.
Il fut militant de la CGTU et devint en 1930 secrétaire de la Fédération du verre de la région parisienne, au détriment de Paul Vuillemimot qui contesta cette décision.
Il semble avoir été alors permanent au siège du Verre, à la Bourse du Travail de Paris. En février 1939, il était secrétaire de la fédération du verre avec Gabriel Simon et le secrétaire général François Sue., prisonnier politique qui fut tué par ses gardiens en juin 1940.

Militant communiste de Choisy-le-Roi, Germain Jacquet, "scandalisé" par le pacte germano-soviétique, quitta le PCF. Il exclut, de sa propre autorité, la commission exécutive fédérale (CEF) élue par le congrès de février 1939 et entraîna les militants vers un syndicat indépendant mais nous n’en savons pas plus. Mobilisé puis libéré de ses obligations militaires , après juillet 1940, il emmena sa femme et sa fille dans le Périgord, à Montignac, chez son père. Ils y restèrent quelques mois, jusqu’à l’arrivée du froid. En effet, sa femme détesta la vie rurale archaïque de Montignac. Ils rentrèrent à Choisy et il travailla comme coursier chez un notaire. Il fut membre du Comité d’information ouvrière et sociale créé en juin 1942 par le gouvernement de Vichy avec Fernand Hamard, Auguste Journeau et Roger Liaud. En décembre 1943, il avait été nommé par décret membre du Conseil supérieur du travail au titre de la famille professionnelle du verre. En mars 1944, il était secrétaire général de la Fédération nationale de l’Industrie du Verre et président du comité social national de la Famille professionnelle du verre, siégeant à la Bourse du Travail, rue de Château d’eau.

Selon la famille, à Choisy-le-Roi : "À la libération, ses anciens amis viennent le chercher pour l’exécuter." Après une longue négociation, sa belle-soeur leur rappelant tout ce qu’il a fait pour le syndicat et le peu de consistance de ce qu’ils lui reprochaient, il eut "la vie sauve."
il figura dans la « liste noire » du PCF de mai 1945, avec l’accusation d’avoir facilité l’application de la Charte du Travail. Dès novembre 1944, il fut exclu à vie de toutes organisations syndicales, pour avoir rempli des missions officielles dans les centres verriers afin de combattre l’hostilité des ouvriers à l’égard de la Charte du Travail.
En 1953, il reprit son travail à l’usine de Choisy-le-Roi comme contremaître jusqu’à sa mise à la retraite en 1966. Il termina sa vie à Choisy-le-Roi. En famille, il était mutique, "on ne parlait pas de l’Occupation".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87700, notice JACQUET Germain (provisoire) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 avril 2010, dernière modification le 15 juin 2020.

Par Claude Pennetier

Le Peuple, 18 février 1939

SOURCES : Arch. Nat., F/22/1837, F/22/1840. — Arch. Albert Vassart. — Espions..., op. cit., mai 1945. &#821. — Arch. de la CGT, commission Jayat, dossier n° 2. — La France au travail, 8 juin 1941. &#8212. — Compte-rendu des travaux de la Commission nationale de reconstitution des organisations syndicales de Travailleurs, Versailles, 1946. — L’Humanité, 28 septembre 1930. — Le Peuple, 18 février 1939 (avec photo). — Témoignage de la famille. — Généanet. — Notes de Gilles Pichavant et de Gilles Morin.

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