JAGLIN Georges, Francis, Joseph, Marie

Par Christian Bougeard

Né le 17 février 1912 à Plussulien (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 13 janvier 1994 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) ; cultivateur ; militant communiste des Côtes-du-Nord ; maire de Plussulien, conseiller général de Corlay (1945-1949).

Fils d’un cultivateur, Georges Jaglin était lui même un jeune cultivateur de trente-trois ans lorsqu’il fut élu conseiller général du canton de Corlay (Côtes-du-Nord). En avril-mai 1945, il avait d’abord été élu adjoint au maire de Plussulien, puis maire, dans une municipalité considérée alors à majorité radicale socialiste. Le maire d’avant-guerre (1914-1945) et conseiller général (1922-1940), Pierre Sérandour n’avait pas été réélu en 1945 mais il le sera en 1947. Il avait été député des Côtes-du-Nord (radical indépendant) de 1924 à 1928, élu sur la liste poincariste d’Yves Le Trocquer (centre droit). En 1936, son fils Pierre Sérandour*, fut aussi élu député mais radical-socialiste de Front populaire de la circonscription de Guingamp 2.

Aux élections cantonales du 23 septembre 1945, le jeune Georges Jaglin, soutenu par le PCF, se présenta aux élections cantonales au nom de l’union de la Résistance antifasciste (URA). Avec 33,6 % des voix, il devança Pierre Sérandour père, l’ancien conseiller général, 28,6 %, devenu radical-socialiste, tandis que la droite était représentée par le MRP Eugène Cuven (37,8 %). Ce dernier était le descendant d’un ancien maire, conseiller général et député de droite (1921-1922), maire lui-même de Saint-Mayeux depuis 1937, resté en place sous l’Occupation et réélu en 1945. Dans ce canton, Georges Jaglin venait perturber l’affrontement classique des bleus et des blancs des familles Sérandour, laïques, et Cuven, catholiques. Contre ces notables, il ne fut élu conseiller général au second tour qu’avec cinq voix d’avance… Le préfet Henri Avril estimait qu’il représentait une « force paysanne très évoluée » dans cette région où la Résistance FTP avait été active et que c’était « l’expression de la disparition des centres sous l’attaque convergente des communistes et de la droite catholique muée en MRP ». Georges Jaglin rejoignit le groupe communiste composé de douze membres sur quarante-huit élus au conseil général des Côtes-du-Nord.

En 1947-1948, il semble que Georges Jaglin prit quelques distances avec le PCF. Lors des élections au Conseil de la République du 7 novembre 1948, Le Petit Bleu des Côtes-du-Nord, le journal de René Pleven, le considérait comme communisant. En effet, il ne figurait pas sur la liste communiste au 1er tour, mais au second, il apparut en 3e position sur la liste composée des deux sortants : le socialiste Yves Henry* et le MRP, Siabas, liste battue par la liste RGR-modérée soutenue par René Pleven. Lors des élections cantonales de mars 1949, Georges Jaglin (35,6 %) fut battu dès le 1er tour par Eugène Cuven (54,2 %) devenu républicain indépendant, alors que le SFIO Jean Lozac’h avait recueilli 10,2 %. La greffe communiste n’avait pas pris dans ce canton à la limite du pays gallo et du pays bretonnant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87709, notice JAGLIN Georges, Francis, Joseph, Marie par Christian Bougeard, version mise en ligne le 23 avril 2010, dernière modification le 1er août 2010.

Par Christian Bougeard

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor, 3 M 262. Registre des maires et conseillers municipaux de l’arrondissement de Saint-Brieuc (1925-1945) ; 20W86 et 20W87, Élections cantonales de 1945 et 1949. — L’Aube nouvelle (1944-1949). — Christian Bougeard, Le choc de la guerre dans un département breton : les Côtes-du-Nord des années 1920 aux années 1950, thèse d’Etat, Rennes 2, 1986. — État civil.

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