HERZ Pierre, Albert

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 8 mai 1912 à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; sertisseur en bijouterie et tôlier fumiste ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; résistant dans l’Organisation spéciale de combat (OSC).

Pierre Herz et son fils
Pierre Herz et son fils
Cliché fourni par sa famille

Fils d’un briquetier, Pierre Herz était le cousin de René Herz. Sertisseur en bijouterie, encadreur et tôlier fumiste, il adhéra au Parti communiste en 1937 et milita à la cellule des usines Renault de Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) ainsi qu’au syndicat CGT des Métaux. Il était avant guerre domicilié à Sainte-Geneviève-des-Bois (Seine-et-Oise, Essonne).
Il reprit contact avec le Parti communiste clandestin en juillet 1941 et participa à l’Organisation spéciale (OS) de la région Paris-Sud et à des attentats, jusqu’à son arrestation par la police française le 13 mai 1942 à Villejuif (Seine, Val-de-Marne) où il vivait clandestinement, sa belle-mère et son cousin étant domiciliés dans cette commune. Marié, père d’un garçon, il vivait séparé de son épouse.
Il avait participé à de nombreux actes de résistances et pris part à des sabotages au sein notamment de l’usine dans laquelle il était employé. Il se livra à de multiples actions contre les troupes d’occupation et fit en particulier sauter un autobus d’officiers allemands. Sur dénonciation, il fut arrêté par la police allemande sur son lieu de travail le 8 mai 1942 et interné à la prison de la Santé à Paris (XIVe arr.).
Il était en possession de quatre listes de souscription et de feuillets dactylographiés concernant les nouvelles adhésions au Parti communiste et aux comités populaires clandestins.
La police établit qu’il avait participé au sectionnement des fils téléphoniques d’une installation de l’armée d’occupation à Chevilly-Larue (Seine, Val-de-Marne).
Les Allemands inscrivirent Pierre Herz sur la liste des otages le 7 août 1942 et le fusillèrent le 11 août 1942 au Mont-Valérien comme « otage en représailles à l’attentat du stade Jean-Bouin à Paris et de divers attentats qui provoquèrent 31 morts allemands dans le même mois » ; ce matin du 11 août 1942, quatre-vingt-sept autres otages furent passés par les armes dans la clairière du Mont-Valérien, c’était la première exécution massive d’otages décidée par la Sipo-SD.
Le corps de Pierre Herz fut incinéré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (XXe arr.) et ses cendres furent transférées au cimetière parisien de Pantin (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). À la Libération, le 17 décembre 1944, la municipalité fit ramener à Villejuif ses cendres ainsi que celles d’autres patriotes fusillés avec lui comme otages : Mohammed Ben Slimane, André Bru, Georges Frémont et François Sautet. Ses cendres furent transférées plus tard au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois.
La mention Mort pour la France fut attribuée à Pierre Herz par le Secrétariat général aux Anciens Combattants reçut à titre posthuments le 19 septembre 1945.
Pierre Herz fut reconnu membre de la Résistance intérieure française (RIF) au titre du réseau « Front National » en novembre 1948, avec le grade d’assimilation d’adjudant.
Le titre d’Interné résistant lui a été attribué par la Commission nationale des titres le 27 mai 2013, en effet seul le titre d’Interné Politique lui avait été jusqu’alors octroyé.
Une cérémonie eut lieu le 6 juin 2013 à la clairière des Fusillés du Mont-Valérien, dans le cadre de la Journée des fusillés du Mont-Valérien organisée par l’Association pour le souvenir des fusillés du Mont-Valérien et de l’Île-de-France. À cette occasion Pierre Herz reçut à titre posthume la médaille commémorative de la guerre 1939-1945, avec barrette d’engagé volontaire, et la Croix de combattant volontaire de la Résistance.
La Médaille de la Résistance à titre posthume lui fut attribuée par décret du président de la République le 30 juin 2014, publié au JO le 26 août 2014.
Le nom de Pierre Herz figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, à Sainte-Geneviève-des-Bois sur le monument aux morts, et à Villejuif sur le monument aux morts, sur la plaque commémorative, place des fusillés et sur la stèle commémorative 1939-1945 rue Georges Le Bigot.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87729, notice HERZ Pierre, Albert par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 avril 2010, dernière modification le 25 février 2022.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Pierre Herz et son fils
Pierre Herz et son fils
Cliché fourni par sa famille
Pierre Herz, boxeur
Pierre Herz, boxeur
Pierre Herz
Pierre Herz
Pierre Louis Herz, Un résistant de première heure, Pierre Albert Herz, 2012, 179 p., nombreux documents et illustrations.
Pierre Louis Herz, Un résistant de première heure, Pierre Albert Herz, 2012, 179 p., nombreux documents et illustrations.
Les fusillés de Villejuif
Les fusillés de Villejuif
copyright Pierre Cardon

SOURCES : DAVCC, Caen, BVIII, dossier 3. — SHD Vincennes GR 16 P 292766 (nc). — Serge Klarsfeld, Le livre des otages., p. 138. — État civil. — Renseignements fournis par la famille. — Site Internet Mémoire des Hommes.— MémorialGenWeb.

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