JEAN Fidèle [JEAN Théophile dit Fidèle]

Par François Roux

Né le 28 septembre 1902 à L’Isle-sur-la-Sorgue, mort le 16 avril 1945 à Buchenwald ; artisan menuisier ; militant communiste vauclusien.

D’une famille d’artisans menuisiers de L’Isle-sur-la-Sorgue, ébéniste lui-même, Fidèle Jean participa très tôt aux activités du Parti communiste vauclusien, un de ses compatriotes de L’Isle, Bertrand Gabriel, étant, dès 1921, membre du comité fédéral et quelques conseillers municipaux appartenant déjà au Parti. Il fut lui-même trésorier de la cellule avant de devenir, plus tard, secrétaire, tandis que son père, Alphonse Jean*, en était trésorier adjoint. Voir Gabriel J.*

On le vit prendre la parole et présider quelques réunions électorales lors de la campagne de mai 1924. Il fut nommé secrétaire de la 18e Entente des Jeunesses communistes pour le Vaucluse et les Basses-Alpes, et le demeura jusqu’en 1927. Méritant alors, semble-t-il, son surnom de « Fidèle », il se montrait particulièrement strict et scrupuleux dans le service du parti, comme en témoigne cette réunion des Jeunesses communistes à Avignon, le 21 octobre 1924, où il prit à partie certains responsables soit pour leur négligence dans l’action, soit pour leur manque de rigueur dans la gestion de certains fonds...

Il fut candidat aux cantonales de 1925 à Beaumes-de-Venise, recueillant 318 voix sur 1 280 inscrits. Il participait régulièrement aux fêtes annuelles du Parti à Fontaine-de-Vaucluse, y prenant parfois la parole, toujours présent, même en 1932 devant 200 personnes. En 1927, dans la même ligne, il participait à un meeting à Apt, le 14 mai, s’élevant contre la loi Paul-Boncour, blâmant la SFIO de l’avoir votée, demandant le retrait des navires et des troupes en Chine. Quelques jours plus tôt, dans un meeting au Pontet, il s’était dressé contre la condamnation de Sacco et Vanzetti avec d’autres orateurs non communistes.

L’autorité militaire, cette année-là, signalait qu’il avait adressé aux secrétaires de cellules une note leur demandant de dresser la liste des réservistes susceptibles d’être convoqués pour qu’il leur soit recommandé de réclamer une allocation militaire...

Membre du comité du rayon de Vaucluse depuis 1928, il fut candidat aux élections législatives de 1932 dans la circonscription d’Avignon bien que, selon un rapport de police, il ne tenait pas, pour raison de santé notamment, à faire campagne. Effectivement, il fut absent de certaines réunions et remplacé par Francia, secrétaire du rayon d’Avignon depuis peu. Jean obtint 1 479 voix au premier tour sur 21 661 suffrages exprimés, 831 au second sur 20 832, le socialiste Gros étant réélu.

Bien que la police signalât que son activité fût importante seulement en période électorale, il ne fut pas au premier plan au cours de la campagne du Front populaire, le candidat communiste dans la circonscription d’Avignon étant Arnal.

Le 4 juillet 1937, il participa avec les syndicalistes de l’Union départementale à une journée de réforme paysanne en présence de Waldeck Rochet*. Le 27 novembre 1938, il était encore parmi les représentants ouvriers à la réunion préparatoire à la grève du 30 novembre, qui se tenait à L’Isle. Élu membre de la Chambre des métiers de Vaucluse en 1939, il fit partie de la commission d’études économiques et sociales et présenta le rapport sur la caisse de secours aux artisans sans travail et chômeurs par suite de maladie.

Déchu en 1940, il déclara, en réponse au questionnaire préfectoral, avoir désavoué le Pacte germano-soviétique et être « prêt à défendre son pays ». Arrêté par la Gestapo, il fut déporté à Buchenwald où il mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87783, notice JEAN Fidèle [JEAN Théophile dit Fidèle] par François Roux, version mise en ligne le 26 avril 2010, dernière modification le 26 avril 2010.

Par François Roux

SOURCES : Arch. Dép. Vaucluse, 1 M 823, 824, 826, 831, 840, 3 M 280, 283, 311, 10 M 31, 35. — Autrand, Le conseil général du Vaucluse de 1800 à 1936, op. cit.

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