JEUNON Éliane, Blanche [épouse THOMAS]

Par Claude Pennetier

Née le 8 mars 1902 à Ablon-sur-Seine (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), déportée morte à Bergen-Belsen (Allemagne) le 12 avril 1945 ; serveuse dans le café familial à Vigneux-sur-Seine (Seine-et-Oise, Essonne) ; résistante Front national.

Éliane deuxième à droite, ses parents, son frère Jacques et sa nièce Jacqueline. Site Caractères draveillois-Résistance.

Fille de Claude Jeunon, marinier et de Marie-Madeleine née Naudin, sans profession, domiciliés 10 rue de Villeneuve à Ablon, Éliane Jeunon se maria le 17 mai 1922 avec Lucien Thomas à Vigneux-sur-Seine (Seine-et-Oise, Essonne).
Militante des femmes contre la guerre et le fascisme, elle participa activement aux actions clandestines pour venir en aide aux familles de militants communistes arrêtés dès la mise hors la loi en 1939.
En 1936 déjà, dans son petit café des bords de Seine, elle refusait de servir à boire aux mariniers non-grévistes en attente de passage à l’écluse.
Elle fut arrêtée par la police française le 10 novembre 1941 dans les mêmes circonstances que le reste de sa famille : ses parents Claude Jeunon et Marie-Madeleine Jeunon, son frère Jacques et sa belle-soeur Reine, et sa nièce Jacqueline occupée à dactylographier le texte d’un tract communiste appelant à la manifestation du 11 novembre. Un vieux pistolet hors d’usage fut également trouvé dans une armoire.
Éliane Jeunon fut internée à la prison de la Santé à Paris (XIVe arr.). Condamnée à mort, elle fut déportée le 10 janvier 1942 vers la prison allemande de Karlsruhe ; elle fut transférée ensuite à la prison d’Anrath puis à celles de Lübeck et de Cottbus. Elle fut ensuite transférée au camp de Ravensbrück, puis à celui de Mauthausen et enfin à celui de Bergen-Belsen où elle mourut le 12 avril 1945.
Parmi les six membres de la famille Jeunon arrêtés le 10 novembre 1941, seule Reine Jeunon a survécu.
Éliane Jeunon reçut la Médaille militaire, la Croix de guerre avec palme, la Médaille de la Résistance (entrée en résistance 1er novembre 1940 date homologuée), la mention “ Mort pour la France, Mention Déportée politique". Elle fut homologuée DIR déporté interné résistante, adjudant de la Résistance Intérieure Française (RIF) au titre du Front national (avril 1941 date homologuée)). Le JO n°202 du 1er septembre 2000 fit paraître son attribution de la mention “ Mort en déportation ”.
Le nom d’Éliane Jeunon figure à Vigneux sur le monument aux morts et sur le monument commémoratif de la Résistance situé avenue de la Concorde.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87903, notice JEUNON Éliane, Blanche [épouse THOMAS] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 mai 2010, dernière modification le 18 août 2021.

Par Claude Pennetier

Éliane deuxième à droite, ses parents, son frère Jacques et sa nièce Jacqueline. Site Caractères draveillois-Résistance.

SOURCES : Notes de Madeleine Jeunon. — MémorialGenWeb. — Site Internet Mémoire des Hommes. — SHD Caen, DAVCC, AC 21 P 543919 (nc).— SHD, Vincennes, 16P 309529 (nc). —Site draveil-résistance. — État civil d’Ablon-sur-Seine, 7E 325 vue 55/172.

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