HOURCAU Claude-Jean [HOURCAU Jean, Claude, Louis dit]

Par Alain Dalançon

Né le 15 janvier 1931 à Bordeaux (Gironde), mort le 19 juillet 1996 au Haillan (Gironde) ; professeur, principal de collège, inspecteur départemental de l’Éducation nationale ; militant syndicaliste et associatif, secrétaire de la section académique de Bordeaux du Syndicat national des enseignements de second degré (1967-1969) ; militant socialiste, conseiller municipal du Bouscat (Gironde).

Fils unique d’un régisseur placier à la mairie de Bordeaux, franc-maçon, et d’une couturière, Claude-Jean Hourcau fut baptisé et fit sa communion solennelle suivant le vœu de sa mère mais, parvenu à l’âge adulte, aimait à dire qu’il était agnostique. Après sa scolarité élémentaire au lycée Théodore Gardère de Bordeaux, il fit ses études secondaires au lycée Montaigne où il obtint le baccalauréat « mathématiques élémentaires ». Il poursuivit ensuite des études supérieures de sciences physiques à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Reçu au concours de l’École des ingénieurs de radio électricité de Bordeaux, il y renonça pour embrasser la carrière professorale à la suite des pressions de ses parents. Il réussit le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public de second degré en sciences physiques et fut bi-admissible à l’agrégation.

Hourcau épousa le 18 août 1954 à Bordeaux, Simone Boutin, professeur agrégée, militante du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), avec laquelle il eut deux enfants. Sursitaire, appelé au service militaire dans l’armée de l’Air en février 1957, il refusa de partir en Algérie et fut affecté dans un bataillon disciplinaire à Caen. Il termina son temps comme instructeur à la caserne de Saintes.

De 1955 à 1968, avant et après cet intermède à l’armée, Hourcau fut successivement professeur aux lycées de Ribérac (Dordogne), de Périgueux (Dordogne) puis Montesquieu et enfin Montaigne de Bordeaux où il fut conseiller pédagogique. Il militait au SNES dans le courant autonome (liste A), était secrétaire de la section départementale de la Gironde dans les années 1960 et, quand André Mondot*, secrétaire de la section académique (S3) de Bordeaux, fut élu co-secrétaire général du nouveau SNES, au côté de Louis Astre, en juin 1966, il le remplaça à cette responsabilité en étant élu largement par la commission administrative du S3 avec 22 voix contre 8 au candidat de la liste B, Pierre Augé. Parallèlement il siégeait à la commission administrative de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN).

L’affaire Renée Augé-Orcié, qui n’était pas terminée, eut l’année suivante des répercussions dans les enjeux de la direction de la section académique de Bordeaux. Aux élections à la CA du S3 de mai 1967, les « autonomes » réussirent à conserver une courte majorité, surtout en raison de leur poids dans le département de la Gironde (A : 1 106 voix contre Unité et Action : 1014 voix) ; Hourcau resta donc secrétaire général avec Maurice Rabau*, secrétaire académique adjoint (représentant l’ancien SNET conformément aux nouveaux statuts), et René Proust, secrétaire administratif, tous deux de la tendance Unité et Action (U&A). Une cogestion du S3, tendue mais efficace, fut donc poursuivie durant deux années.

Après 1968, U&A devint largement majoritaire dans l’académie aux élections de mai 1969 à la CA nationale et la liste U&A l’emporta aux élections à la CA académique (U&A : 1292 voix, UIDS : 885 voix). Hourcau ayant fait savoir que lui et ses camarades ne souhaitaient pas poursuivre la cogestion comme le leur proposait la nouvelle majorité, Renée Augé-Orcié fut donc élue secrétaire générale du S3 de Bordeaux, avec Rabau, secrétaire académique adjoint, et Proust, secrétaire administratif.

Hourcau devint alors principal du collège Ausone au Bouscat à la rentrée 1969, puis du collège Alain-Fournier et le demeura jusqu’en 1978. Il devint ensuite IDEN en Vendée, à La Roche-sur-Yon, puis en Gironde, à Lesparre, Villenave d’Ornon et enfin Mérignac. En 1978, il fut nommé inspecteur à l’École normale d’Auteuil à Paris. Il fut par la suite nommé inspecteur aux Sables-d’Olonne (Vendée). Il prit sa retraite en 1994. Il fut pendant ces années trésorier du Syndicat national des inspecteurs départementaux de l’Éducation nationale (FEN).

Membre du Parti radical, partisan de Jean-Jacques Servan-Schreiber à la fin des années 1960, Hourcau adhéra au nouveau Parti socialiste en 1971 et fut candidat aux élections cantonales de la même année dans le 2e canton de Bordeaux. Membre de la section socialiste du Haillan en 1983 où il habitait jusqu’à sa retraite, par la suite, habitant Le Bouscat, il devint secrétaire de la section du PS du Bouscat et fut élu en 1995 conseiller municipal de cette ville dans l’opposition.

Hourcau militait par ailleurs dans différentes organisations péri-scolaires : l’Association régionale des œuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale, l’Union sportive de l’enseignement du premier degré ; il fut président de la Ligue girondine de l’enseignement-Fédération des œuvres laïques de 1984 à 1996. Il était aussi membre de la CA de la Prévention de la MAIF et du CA du cercle Condorcet de Bordeaux qu’il avait créé en Gironde.

Divorcé, Hourcau se remaria le 25 juin 1983 au Haillan avec une libraire avec qui il vivait depuis 1973. Elle avait tenu une librairie au Bouscat de 1964 à 1978 puis travailla au rectorat de Bordeaux au service des examens et concours jusqu’en 2002. Avec son épouse, il accueillait des enfants opérés du cœur dans le cadre des associations Médecins du Monde puis Mécénat chirurgie cardiaque-Enfants du Monde.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87918, notice HOURCAU Claude-Jean [HOURCAU Jean, Claude, Louis dit] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 5 mai 2010, dernière modification le 27 mars 2017.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES. — Henri Amouroux, Pierre Sainderichin, équipe du journal Sud-Ouest, La bataille de Bordeaux, Fayard, 1970. — Renseignements fournis par ses épouses et son fils. — Notes de Jacques Girault et de René Proust.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément