HAAS Daniel

Par Éric Nadaud

Né le 14 décembre 1900 à Sarreguemines (Moselle), mort le 16 mars 1967 à Paris (XVe arr.) ; agent commercial ; secrétaire national à la propagande du Mouvement de libération nationale (1944) ; secrétaire national du Mouvement socialiste unitaire et démocratique, administrateur de La Bataille socialiste (1948).

Fils de Sylvain Haas marchand de grains et de Flore dite Léa Lévy, sans profession, tous deux de confession israélite, Daniel Haas passa les trente premières années de sa vie en Lorraine, tout près de la frontière avec l’Allemagne. Après avoir été voyageur de commerce pour le compte de la maison Lentz à Metz (Moselle), de 1936 à 1938, il s’installa à Paris, où il travailla pour l’entreprise de fournitures dentaires Asler et Cie, dont il fut renvoyé pour cause d’attitude révolutionnaire. Il vécut ensuite de la fabrication de bijoux fantaisie à son domicile, dans le XVe arr.

Militant révolutionnaire dès 1922, Daniel Haas fut très affecté par la montée du nazisme en Allemagne, dont il fut un témoin direct, et par l’incapacité des socialistes et des communistes allemands à l’empêcher, du fait de leurs divisions. Dès lors, son combat fut celui de l’antifascisme révolutionnaire et unitaire. Il prit part en 1934 à la révolte des Asturies alors qu’il séjournait en Espagne. De retour en France, il adhéra au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert. Il fut condamné en octobre 1938 à une amende pour atteinte à la sûreté de l’État en temps de paix, et arrêté le 11 décembre 1939 pour infraction au décret du 1er septembre 1939, mais remis en liberté fin janvier 1940.

Après la défaite française de juin 1940, Daniel Haas s’engagea dans la Résistance, dès août 1940. Il partit en Haute-Savoie, où il dirigea un maquis, puis revint en 1943 à Paris, dans le XVe arr., où il organisa le Mouvement de libération nationale (MLN). Ses activités lui valurent d’être condamné à mort par la Gestapo. Lors de la libération de Paris, en août 1944, il était commandant FFI. Dans le XVe arr. libéré, il exerça les fonctions de membre du Comité de libération, président de la commission de ravitaillement, et maire adjoint. Il se signala par ses prises de position en faveur d’un châtiment exemplaire des traîtres et des profiteurs de l’Occupation, et ne cessa par la suite de dénoncer l’insuffisance de l’épuration.

Devenu secrétaire national à la propagande du MLN, il prit part au premier congrès national des cadres du mouvement, en octobre 1944. Il s’y rangea dans la minorité qui préconisa l’unité avec le Front national, pour la formation d’un grand rassemblement des « résistants révolutionnaires ».

Daniel Haas milita également à la SFIO, où il siégea à la commission exécutive de la 14e section de la fédération de la Seine. Il y soutint les mêmes thèses unitaires qu’au MLN. En 1947, il fut l’un des refondateurs de la tendance de gauche Bataille socialiste (BS) qui, sous la conduite d’Élie Bloncourt, dénonçait le glissement vers la droite et l’anticommunisme croissant de la direction du parti. Il contribua largement au financement de son organe, La Bataille socialiste. À la fin de l’année 1947, il compta parmi ceux qui poussèrent la tendance à prendre sans plus tarder son indépendance. Il signa plusieurs lettres ouvertes et manifestes de rupture avec les dirigeants de la SFIO, et concourut à la transformation de la BS en Mouvement socialiste unitaire et démocratique (MSUD), ce qui conduisit à son exclusion, en compagnie de Bloncourt et de Michel-Morin*, le 8 janvier 1948. Dès lors, il se voua au MSUD avec les autres exclus de la BS. Il appartint à sa commission exécutive et à son bureau provisoire, où il exerça les fonctions de secrétaire à l’organisation et d’administrateur de La Bataille socialiste, ainsi qu’à la commission exécutive de sa fédération de la région parisienne. Il poussa l’affirmation de ses sentiments unitaires jusqu’à présenter l’alliance des socialistes de gauche avec les communistes en Tchécoslovaquie, après la crise de février 1948, comme un exemple à suivre « sans défaillance ». Cependant, les attaques personnelles dont il fut l’objet de la part d’autres responsables l’amenèrent à démissionner en mai 1948.

Il adhéra aussi au Secours populaire français (SPF). En décembre 1957, il fit partie avec Élie Bloncourt du Comité d’action pour la libération de Claude Marty* et des fils des martyrs de la Résistance, créé à l’initiative du SPF pour soutenir le jeune ouvrier Claude Marty, emprisonné pour avoir refusé de servir « sous les ordres du général Speidel ».

Il était également le secrétaire général de l’association « Les originaires de l’arrondissement de Sarreguemines », créée à Paris en 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88012, notice HAAS Daniel par Éric Nadaud, version mise en ligne le 13 mai 2010, dernière modification le 5 août 2010.

Par Éric Nadaud

SOURCES : Arch. PPo., RG, dossier 440.509. — Papiers privés Éliane Brault. — Bulletin intérieur du Parti socialiste SFIO, janvier 1948, p. 26. — La Bataille socialiste, de juin 1947 à mai 1948. — La Défense, décembre 1957 et janvier 1958. — État civil de Sarreguemines communiqué par Daniel Hemmert, archiviste municipal.

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