JEUDY Jean-Pierre

Par Jacques Girault

Né le 26 janvier 1944 à Condé-sur-Huisne (Orne), marié, deux enfants ; instituteur puis professeur d’enseignement des collèges ; militant syndicaliste ; militant communiste, maire de Carhaix-Plouguer, conseiller général du Finistère.

Jean-Pierre Jeudy en 1981
Jean-Pierre Jeudy en 1981

Ses parents étaient des militants communistes à Argenteuil (Seine-et-Oise). Son père, lithographe, après avoir participé à la Résistance, resta dans l’armée jusqu’à sa démission au début de la guerre d’Indochine. Permanent communiste en Seine-et-Oise puis journaliste à La Renaissance de Seine-et-Oise, après avoir travaillé pour l’éditeur de musique « Chant du monde », il tint un commerce de restauration à Aubervilliers. Sa mère, institutrice, utilisant la pédagogie Freinet, mourut en 1955. Leurs trois enfants effectuèrent un an de scolarité dans l’école Freinet à Vence et participèrent, en 1949, au tournage du film de Jean-Paul Le Chanois L’Ecole buissonnière, retraçant l’expérience de Célestin Freinet*. Jean-Pierre Jeudy. élève du cours complémentaire Paul Vaillant-Couturier à Argenteuil, entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Versailles en 1959.

Jeudy se maria en juillet 1963 à Carhaix-Plouguer (Finistère) avec une institutrice. Le couple eut deux filles.

Jeudy, nommé à Carhaix-Plouguer comme instituteur, devint professeur d’enseignement général du collège de Carhaix où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1999. Il effectua son service militaire dans l’Infanterie de marine à Vannes (Morbihan) et le termina avec le grade d’officier.

Jeudy fut membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs dans les années 1970. Il adhéra au Parti communiste français en 1966 et devint le secrétaire de la section communiste de Carhaix. Il entra au comité de la fédération communiste du Finistère en 1968 et devint membre du bureau fédéral en 1970, membre de la commission du travail en direction des paysans, puis de l’éducation. Il suivit l’école centrale du PCF d’un mois en 1972. A partir de 1977, il fut le responsable des questions municipales et cantonales.

Jeudy, élu conseiller général en 1973, non réélu en 1979, en 1985, fut candidat aux élections législatives dans la sixième circonscription (Chateaulin-Carhaix) en 1973. Il arriva en tête des candidats de gauche avec 10 270 voix sur 58 554 inscrits et réunit 18 630 voix au deuxième tour. Candidat en 1978, il obtint 12 529 voix puis 22 543 voix au deuxième tour sur 62 875 inscrits. Il fut à nouveau candidat en 1981.

En mai 1975, Jeudy fut un des organisateurs d’une importante fête au cours de laquelle à Carhaix on célébra le 300e anniversaire de la révolte des bonnets rouges. Yvon Garlan* et Claude Nières*, universitaires rennais, membres du PCF, y présentèrent leur récent livre paru aux Editions sociales devant près de 300 personnes. Une rencontre eut lieu le lendemain avec Jacques Chambaz*, membre du bureau politique du PCF, responsable du travail en direction des intellectuels.

Jeudy, en tête d’une liste d’union de la gauche, devint maire de Carhaix-Plouguer en 1977. Il fut réélu en 1983 et en 1989. Pendant ces mandats, furent créés notamment une salle de cinéma associative, une bibliothèque municipale, une école municipale de musique. Plusieurs innovations en Bretagne intervinrent : des usines relais, le premier crématorium de Bretagne, un groupe scolaire de conception architecturale d’avant-garde. La création de la communauté de communes du Poher impulsa aussi la construction d’une usine intercommunale d’incinération d’ordures ménagères et la reconstruction du centre hospitalier. La radio locale permit la retransmission des séances du conseil municipal. La commune accueillit le festival des Vieilles Charrues à partir de 1995. En 1995 également, fut créée une Pépinière d’entreprises pour dynamiser les initiatives économiques locales.

En 1979, le secrétaire général du PCF Georges Marchais*, lors d’un meeting à Carhaix dans le cadre des élections cantonales, critiqua les manifestations contre le projet d’installer une centrale nucléaire à Plogoff auquel s’opposaient les fédérations communistes de Bretagne. Jeudy exprima son désaccord avec cette position. Les deux fédérations communistes du Finistère connaissaient des tensions. Dans la période suivante, Jeudy, en désaccord avec la rupture de la politique de l’union de la gauche, participa aux mouvements de contestation des orientations de la politique de la direction du PCF, appelant à soutenir les propositions des « reconstructeurs » puis des « rénovateurs ». Il fut exclu du PCF en 1987 pour avoir été un des signataires soutenant la candidature de Pierre Juquin* à la Présidence de la République.

Lors des élections municipales de 1995, la gauche se présenta divisée. Jeudy conduisait une liste de gauche alors que les communistes présentaient une liste qui obtint un faible résultat et se retira pour le deuxième tour. Mais la liste qu’il conduisait n’obtint que 43 % des voix. Il fut élu seulement conseiller municipal d’opposition. En 2001, il se représenta à la tête d’une liste « divers gauche », qui arriva en troisième position et fusionna avec l’autre liste « divers gauche », qui la précédait, conduite par Christian Troadec, le président du Festival des Vieilles charrues. Elu conseiller municipal, Jeudy présida la communauté de huit communes dite « Poher- communauté » jusqu’en 2008, année où il ne se représenta pas aux élections municipales de Carhaix-Plouguer, estimant qu’il fallait laisser la place aux jeunes.
Jeudy, pour les élections européennes de 2008 et pour les élections régionales de 2010, appela à voter pour les listes présentées par le Front de Gauche.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88062, notice JEUDY Jean-Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 16 mai 2010, dernière modification le 21 septembre 2010.

Par Jacques Girault

Jean-Pierre Jeudy en 1981
Jean-Pierre Jeudy en 1981

SOURCES : Archives du comité national du PCF. – Divers sites Internet. – Presse nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes d’Alain Prigent.

ICONOGRAPHIE : J-P Jeudy, candidat aux élections législatives de 1981.

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