JEAN Jules, Armand, Louis

Par Jacques Girault

Né le 20 octobre 1934 à Lanester (Morbihan) ; professeur ; syndicaliste, militant communiste ; maire de Longwy (Meurthe-et-Moselle), conseiller général.

Fils d’un ouvrier chaudronnier à l’arsenal maritime de Lorient devenu ingénieur principal des directions de travaux dans la Marine nationale, de « tendance socialiste », « fidèle adhérent de la CGT jusqu’à son intégration dans le cadre militaire », Jules Jean ne reçut aucun sacrement religieux. Il fit ses études secondaires au lycée Dupuy de Lôme à Lorient (Morbihan) jusqu’au baccalauréat (1952) et des études supérieures de mathématiques à la Faculté des sciences de Rennes. Titulaire d’une licence ès-sciences (1958), il fut reçu en 1959 au CAPES en mathématiques et accomplit son stage au Centre pédagogique régional de Nancy. Jean effectua son service militaire au service du matériel de septembre 1961 à mars 1963 à Montluçon (Allier), à Metz (Moselle), puis en Algérie pendant six mois en 1962. En septembre 1962, il fut affecté comme professeur à l’École des enfants de troupe de Tulle (Corrèze) jusqu’à sa libération en mars 1963 avec le grade de brigadier-chef. Il conserva son poste comme « professeur civil » jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Jean se maria en juillet 1960 à Marseille (Bouches-du-Rhône) avec une adjointe d’enseignement, fille d’un chauffeur de taxi à Marseille. Le couple divorça. Jean se remaria en décembre 1967 à Longwy avec un professeur de sciences physiques, communiste pendant une courte période, née Grandclaude, fille du comptable de la faïencerie de Badonviller (Meurthe-et-Moselle). Le couple eut un fils et divorça en 1989.

Jean avait été nommé professeur au lycée Alfred Mézières de Longwy en 1960-1961. Il retrouva son poste en octobre 1963 et choisit de rester dans cette région industrielle. Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, il devint secrétaire de la section syndicale (S1) en 1964, participa à un stage syndical national en septembre 1965 et fut élu comme membre du conseil d’administration de la section académique de Nancy (S3) de 1968 à 1973.
Jean adhéra au Parti communiste français en avril 1965 et entra au comité de la section communiste de Longwy en 1968. Inscrit pour suivre les cours de l’école centrale du PCF en juillet 1966, il s’absenta pour des raisons familiales. Il entra au comité de la fédération Meurthe-et-Moselle-Nord en 1966 puis au bureau fédéral (1970-1977), responsable de la commission de l’enseignement, avant de devenir membre du comité fédéral (1977-1984). Il redevint, après la réunification des deux fédérations, membre du comité fédéral (1984-1987) puis du bureau fédéral (1987-1990). Il fut par la suite muté dans le Morbihan. Pendant quelques années, responsable des questions de la paix au sein de la Fédération communiste, il était aussi président du comité de Longwy et membre du comité national du Mouvement de la paix.

Pour les élections municipales de 1965, Jean, comme « républicain de progrès », figura sur la liste de gauche conduite par le communiste Antoine Porcu*, qui fut battue. Pendant la campagne électorale, il devint membre du PCF puis fit partie du comité de soutien de François Mitterrand, lors de l’élection présidentielle de 1965. En 1971, en deuxième position sur la liste communiste conduite par Antoine Porcu* qui obtint 3 284 voix, en raison des panachages, avec 3 704 voix, il fut un des quatre élus minoritaires au conseil municipal et le seul communiste aux côtés de trois socialistes. En 1977, à la tête d’une liste de gauche qui fut élue entièrement, il devint maire. Il travailla désormais au lycée à mi-temps, puis à partir de 1983, il se consacra à temps plein à la gestion municipale. Les premières réalisations touchèrent la jeunesse, l’enseignement, la constitution d’une société d’économie mixte (SEMITUL) et d’un syndicat intercommunal des transports urbains (SITRAL). Longwy devint à partir de 1978 le lieu de résistance de la sidérurgie lorraine (manifestations, réunions, initiatives syndicales et politiques, radio « Lorraine cœur d’acier », marche sur Paris) avec l’aide de la municipalité mais aussi, période riche en violences souvent provoquées. À partir de 1983, en application de la nouvelle loi municipale, les élus communistes n’avaient plus la majorité absolue dans le conseil municipal. Les luttes de sidérurgistes continuaient. À partir de 1985, fut créé autour de Longwy le pôle européen de développement. L’objectif de reconversion industrielle entraîna l’arrivée de capitaux publics. Divers aménagements urbains furent accomplis par la municipalité. Pendant cette période, il fit partie de la délégation française à la Conférence des Pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe (commission d’aménagement du territoire) siégeant à Strasbourg. Aux élections municipales de 1989, la liste de gauche que conduisait Jean fut devancée par la liste formée par le député socialiste, appuyée par la droite locale, Jean devint conseiller général en 1973 (avec 199 voix d’avance sur le candidat de droite, maire de Longwy) et fut réélu en 1976 (en tête avec 3 041 voix, puis 4 234 voix au deuxième tour), en 1982 (2 825 voix et 3 897 voix) et en 1988. En juillet 1976, alors que le chômage commençait à se répandre, lors de la visite du Premier Ministre Jacques Chirac, il intervint au nom du groupe communiste sur la question du chômage. Il fit partie des commissions des affaires sociales et universitaires, des affaires culturelles et des sports, puis de la commission de l‘équipement.

Pour les élections législatives dans la septième circonscription, en 1968, Jean fut le suppléant de Porcu qui fut battu. En 1973, Porcu fut à nouveau battu avec comme suppléant Jean qui le fut à nouveau en 1978. Cette fois le siège de député revint aux candidats communistes et Porcu fut élu puis devancé en 1981. Des divergences sur les analyses et la tactique opposaient Porcu et Jean et la fédération du PCF les résumait en 1977 en parlant de « dissensions » qu’il fallait corriger. En 1986, il figurait en deuxième position de la liste communiste derrière Colette Goeuriot* qui fut élue. En 1988, candidat titulaire, il était devancé par le candidat socialiste et se désistait. En 1989, il figura sur la liste des candidats communistes aux élections européennes.

Jean, au début des années 1980, présidait l’association départementale de l’Association nationale des élus communistes et républicains et faisait partie du comité et du bureau national de l’ANECR.

Ayant perdu son mandat de maire, Jean reprit son poste de professeur en septembre 1989. Face aux divisions qui affectaient les communistes de Longwy, il demanda sa mutation pour un poste dans le Morbihan à partir de septembre 1990. Professeur au lycée Antoine de Saint-Exupéry à Vannes, il y termina sa carrière en 1995. Il revint régulièrement pour accomplir son mandat de conseiller général pour lequel il ne se représenta pas en 1994.
Jean ne reprit pas sa carte du PCF en 1990 à son arrivée en Bretagne, « mal à l‘aise dans un environnement politique que je ne connaissais pas ». Se considérant depuis comme « sympathisant », il était abonné à l’Humanité et était « attentif à l’évolution de la vie politique ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88064, notice JEAN Jules, Armand, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 16 mai 2010, dernière modification le 23 août 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé, auteur de Regards sur la vie politique à Longwy de 1960 à 1990 ou : mes quatre vérités.

ICONOGRAPHIE : Jules Jean, maire de Longwy. Jules Jean, le 13 octobre 1981, présente le cadeau de la ville à François Mitterrand, président de la République : une coupe rappelant la vocation industrielle de Longwy.

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