HERCENT Jean, Bernard

Par Gérard Boëldieu

Né le 5 octobre 1928 au Mans (Sarthe), mort le 14 avril 1990 à l’hôpital de Tours (Indre-et-Loire) ; instituteur ; militant syndicaliste et mutualiste dans la Sarthe.

Jean Hercent était petit-fils, du côté paternel, d’un instituteur de la Mayenne. Son père était inspecteur des contributions directes et sa mère, née Degoullet, secrétaire dans la même administration. Il avait une sœur. Une grande part de son enfance se déroula au Havre (Seine-Maritime) où ses parents avaient été mutés. Au début de l’occupation (mai-juin 1940), il fut confié à une famille de Lhomme (canton de La Chartre) dans le sud-est de la Sarthe. Entré en classe de sixième au lycée de garçons du Mans en octobre 1941, il poursuivit, de mars 1943 à l’obtention du baccalauréat de philosophie, ses études secondaires à Blois (Loir-et-Cher), nouveau lieu de résidence de ses parents. Son père l’incita à entreprendre des études supérieures de droit pour lesquelles il n’avait aucun goût. Après son service militaire, effectué à Poitiers dans la cavalerie blindée, il entra en 1954 dans l’enseignement primaire par « la petite porte » : instituteur remplaçant dans la Sarthe pendant trois ans, stagiaire en 1956-57, titulaire à partir de l’année scolaire suivante. Au début de 1956, rappelé en Algérie, il servit pendant six mois dans une Section Administrative Spéciale du Constantinois.

En décembre 1956, à la mairie du XIVe arrondissement de Paris, Hercent épousa Jeanne Broussaudier, née le 12 juillet 1933 à Bagnères-de-Bigorre, élève depuis 1954 à l’École normale supérieure de Sèvres en sciences, sa condisciple en classe de terminale du lycée de Blois dont le proviseur était alors son père, Sylvain Broussaudier*, militant pacifiste dans l’entre-deux-guerres. Elle était en outre la nièce du socialiste Jean Le Bail*. De 1957 à sa retraite en 1993, elle enseigna les sciences physiques dans la Sarthe, d’abord quelques mois à Sillé-le-Guillaune comme remplaçante, puis en tant que maîtresse auxiliaire dans les lycées et divers collèges du Mans, avant d’être titularisée professeur de collège.
Militant du Syndicat national des instituteuurs au sein du courant Unité, indépendance et Démocratie, membre du bureau de la section sarthoise, Hercent devint secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation nationale dans la seconde moitié des années 1960. Dans le secteur mutualiste, il donna toute sa mesure après avoir obtenu, avec l’appui de Robert Dernelle*, secrétaire départemental du SNI, son détachement auprès de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale pour devenir le directeur de sa section sarthoise, à compter du 1er juin 1961. Tout en siégeant à la commission administrative, il exerça ces fonctions jusqu’à sa retraite en 1987. À partir de 1971, il compta parmi les administrateurs nationaux de la MGEN, membre des commissions “allocations journalières”, “questions extra-métropolitaines”, “œuvres sociales”, “services sociaux”, “travaux”, “surveillance”, “sections départementales”.

Sur le plan départemental, Hercent se vit confier des responsabilités de premier plan dans la plupart des sections sarthoises de mutuelles du monde enseignant ou liées à l’école telles les présidences de la Mutuelle retraite des instituteurs et fonctionnaires de l’Éducation nationale de 1963 à 1976, de l’Autonome de Solidarité sarthoise, et, à partir de 1973, la vice-présidence de la Mutuelle accidents élèves. Il s’intéressa de près à l’établissement de Saint-Calais (Sarthe) de l’association pour adultes et jeunes handicapés. À la fin de 1975, au titre de secrétaire général du comité sarthois de coordination des œuvres mutualistes et coopératives de l’Éducation nationale, il accueillit au Mans Denis Forestier, secrétaire national, président du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopératives de l’Éducation nationale, venu inaugurer “la maison de l’Enseignement” baptisée “Centre Robert-Dernelle”. Il fut aussi vice-président de la section Fédération nationale des mutuelles des fonctionnaires et agents de l’État à compter de 1971. Cette même année, au titre de délégué de la MGEN, il fut admis au conseil d’administration de l’Union mutualiste de la Sarthe dont il devint en 1982 le président-délégué puis le président en titre en octobre 1988.
Victime d’un premier infarctus en 1977, opéré du cœur en 1980, Hercent dont l’état de santé se dégrada brutalement au début de 1990 mourut en avril à l’hôpital de Tours. Selon ses dernières volontés, son corps fut remis à l’académie de médecine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88094, notice HERCENT Jean, Bernard par Gérard Boëldieu, version mise en ligne le 17 mai 2010, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Gérard Boëldieu

SOURCES : Bulletin de l’Enseignement primaire de la Sarthe. – Archives du lycée Montesquieu du Mans – Archives de la section de la Sarthe de la MGEN. – Sarthe-Informations, organe de la section sarthoise de la MGEN. – La revue de la MGEN. — Le Mutualiste sarthois. — FEN-72, n° 3, avril 1990. – Entretien avec Jeanne Hercent-Broussaudier, le 16 juillet 2001. — Note d’André Lainé.

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