HERR Michel

Par Jacques Girault

Né le 21 août 1919 à Villard-sur-Chamby (Suisse), mort le 16 avril 2006 à Montpellier (Hérault) ; officier puis professeur ; résistant ; militant communiste.

Michel Herr vers 1990
Michel Herr vers 1990
Cliché fourni par sa famille

Fils de Lucien Herr, bibliothécaire de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, Michel Herr naquit dans le village d’origine de sa mère, de religion protestante. Son grand-père était médecin à Vevey. Après des études aux lycées Montaigne et Louis-le-Grand, bachelier (Philosophie) en 1935, il commença des études de médecine et de sciences naturelles. Il se réorienta et intégra l’ENS (lettres) en 1938. Il obtint des certificats de licence (études grecques en 1937, littérature française en 1938, grammaire-philologie et études latines en 1939). Après avoir séjourné en Grèce dans le cadre de l’École française d’archéologie d’Athènes (fouilles à Délos), il soutint un diplôme d’études supérieures en Archéologie en 1939.

Michel Herr se maria en 1939 avec Suzanne Garnier, son ancienne condisciple de Khâgne au lycée Louis-le-Grand, future professeure agrégée d’anglais. Le couple eut quatre filles puis divorça après la guerre.

À l’ENS, Michel Herr suivit la préparation militaire supérieure obligatoire et rejoignit en avril 1940 l’école d’officier-élève de réserve de Saint-Maixent. Après l’armistice, il devint chef d’un groupe d’un chantier de Jeunesse en Savoie. Il intégra peu après le Commissariat général des Chantiers à Châtelguyon (Puy-de-Dôme), chargé de la presse, de la radio, de la propagande. Il fréquenta l’école de cadres d’Uriage, en contact avec Emmanuel Mounier pour lequel il écrivit « Le chef de groupe dans les chantiers de jeunesse », dans Esprit (mai 1941), et avec Georges Lamarque*, membre des Compagnons de France. Sa situation lui permit de rendre visite à Léon Blum, prisonnier à Riom. En avril 1942, il déserta et entra dans la clandestinité. En contact à Lyon avec le père de Lubac et l’abbé Glasberg, il put rejoindre des Allemands et des Autrichiens, anciens des brigades internationales, s’organisant près de Veynes (Hautes-Alpes). À leur contact, il devint communiste. Démobilisé, il réintégra l’ENS et, après la régularisation de sa situation, obtint un autre DES en philosophie en 1943. En mai 1943, en contact avec la Main-d’œuvre immigrée, il entra dans le réseau britannique du colonel Jean-Marie Buckmaster et il participa aux livraisons d’armes pour les Francs Tireurs et partisans français et à plusieurs opérations (sabotages, déraillements) dans l’Yonne. Il adhéra au Parti communiste et prit contact avec les FTPF parisiens par l’intermédiaire de [Marcel Prenant-<159092]. Arrêté par la police parisienne pour vol de vélo, emprisonné pendant neuf mois sous un faux nom à la Santé, il fut libéré au bout de quatre mois. Il rejoignit l’état-major des FFI, fut envoyé, au milieu de 1944, dans les Ardennes puis en Meurthe-et-Moselle pour commander les FTP. Avec le grade de lieutenant-colonel, il participa à la libération de Nancy. Après avoir suivi la formation dans un centre de perfectionnement en Alsace, il fut affecté au cabinet civil du général de Lattre de Tassigny, et fit la campagne d’Allemagne jusqu’à la paix puis fit partie du cabinet du général Béthouart à Vienne (Autriche).

Michel Herr resta dans l’armée comme capitaine, affecté à Soissons en 1947. Pendant la guerre d’Indochine, il commanda une compagnie de Tirailleurs algériens. Renvoyé en France en décembre 1953, avec d’autres officiers communistes (voir George Alziary), il fut affecté au Dépôt central des isolés à Versailles, privé d’avancement. Il fut un des seuls à ne pas être affecté en Algérie à partir de 1956. Il écrivit sous des pseudonymes dans des revues communistes des articles sur des questions militaires.

En octobre 1965, Michel Herr devint professeur d’histoire et de géographie dans l’enseignement secondaire à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), puis dans l’Hérault (Paulhan, Pézenas) jusqu’à sa retraite en 1984. Il témoigna dans l’ouvrage dirigé par Marc Chervel exprimant son opinion sur la pacification et ses méthodes (opérations militaires, torture notamment).

Michel Herr se remaria vers 1955 avec une journaliste de l’Agence France-Presse. Après son divorce, il se remaria en avril 1965 à Villejuif (Seine) avec une secrétaire de rédaction. Le couple eut deux filles puis divorça. il se maria à nouveau en juillet 1990 à Montpellier avec une enseignante.

L’Humanité, le 21 avril 2006, annonçant son décès et ses obsèques civiles, lui consacra un article.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88105, notice HERR Michel par Jacques Girault, version mise en ligne le 23 mai 2010, dernière modification le 6 juillet 2021.

Par Jacques Girault

Michel Herr vers 1990
Michel Herr vers 1990
Cliché fourni par sa famille

SOURCES : Presse nationale. — Sources orales. — Marc Chervel, « Michel Herr, normalien, officier, communiste », Jean Jaurès, Cahiers trimestriels, avri-juin 1996. — Marc Chervel, en collaboration avec George Alziari, Jean Brugié, Michel Herr, Léon Horard, René Paquet, De la Résistance aux guerres coloniales. Des officiers républicains témoignent, Paris, L’Harmattan, Mémoires du XXe siècle, 2001, 327 p. – Nécrologie par Xavier Mignot et René Sazerat dans L’Archicube, février 2007. — Renseignements fournis par la famille de l’intéressé. — Notes de Jean-Pierre Besse.

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