HILY Jacques, Raymond, Maurice

Par Jacques Girault

Né le 12 décembre 1933 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 23 septembre 1978 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; professeur d’université ; militant syndicaliste ; militant communiste ; militant du Mouvement de la paix.

Fils de Maurice Hily, résistant, « auquel il devait son engagement républicain résolu », devenu à la Libération proviseur du lycée Pierre de Fermat à Toulouse, où sa mère protestante « dont il tenait l’intransigeance de ses choix », était professeur, Jacques Hily entra à l’École normale supérieure (sciences) en 1954 et fut reçu à l’agrégation de mathématiques en 1958.

Nommé attaché de recherches au CNRS (1958-1959), en octobre 1959, Jacques Hily partit au service militaire dans l’artillerie. Il resta vingt-huit mois sous les drapeaux en France (Instruction militaire obligatoire de l’ENS) et en Algérie. Sous-lieutenant, il refusa d’exécuter des opérations militaires contre les populations d’un douar où ses soldats étaient en danger (Zone d’insécurité n° 1). Il entama une grève de la faim et fut rapatrié pour maladie à la fin de 1961. Après avoir été opéré à l’hôpital Percy à Clamart, non réformé, il acheva son temps sous les drapeaux comme surveillant dans une école militaire.

Spécialiste d’arithmétique, Jacques Hily devint chargé d’enseignement puis, docteur es sciences, professeur à la faculté des sciences de Nancy en 1964, devenue en 1969 Université de Nancy I. Membre du jury d’agrégation (1969-1973), il fut élu au Comité consultatif des Universités (1973-1976).

Il se maria en avril 1959 à Paris (XVIe arr.) avec une enseignante militante. Leur domicile, au Quartier latin, fut le « quartier général des mathématiciens de passage mais servit aussi de cadre à de discrètes rencontres politiques ».

Membre du Syndicat national de l’enseignement supérieur depuis novembre 1954, il soutint la liste « Action syndicale » qui emporta la majorité en mars 1969.

Jacques Hily adhéra au PCF le 1er juin 1958 à Paris. Membre des comités de la section communiste Sorbonne (1964-1968), puis de la section de Nancy, il entra au comité de la fédération communiste de Meurthe-et-Moselle-Sud en 1970 et ne fut pas reconduit par la conférence fédérale de 1976. Il faisait partie du collectif des enseignants et la commission de l’enseignement supérieur auprès du comité central du PCF. Il fut le suppléant de Bernard Gulon, candidat aux élections municipales de Paris (Ve arr.) en 1965 et aux élections législatives en 1967.

Militant du Mouvement de la paix depuis 1960, il entra en 1970 dans son bureau national et le présida en Meurthe-et-Moselle

Jacques Hily fut membre du bureau national de l’Union française universitaire (1964-1969). Il participa à la création et à l’animation du comité pour la défense et la libération d’Angela Davis. Il écrivit l’introduction de l’ouvrage Angela Davis parle, paru aux Editions sociales en 1971.

Passionné de haute montagne, « joueur remarquable » aux échecs, « d’une courtoisie Vieille France …, capable de réparties d’un humour très britannique », Jacques Hily, eut une fin de vie assombrie par des difficultés familiales et des tensions au sein de sa fédération communiste. Il décida de mettre fin à ses jours.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88114, notice HILY Jacques, Raymond, Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 22 mai 2010, dernière modification le 6 juillet 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. – Presse syndicale. — Notice nécrologique de Pierre Dazord dans le bulletin de l’Amicale des anciens élèves de l’ENS.

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