KANIA Bronislaw [Pseudonymes : Bronck, Smialek]

Par Odette Hardy-Hémery

Né le 8 février 1906 à Opalanka (Pologne), guillotiné le 21 août 1943 à Douai (Pas-de-Calais) ; mineur ; communiste ; combattant des Brigades internationales ; résistant MOI du Nord-Pas-de-Calais.

Bronislaw Kania était le quatrième d’une famille de huit enfants. Plusieurs émigrèrent aux États-Unis. Il arriva en France dans les années 1920 et travailla à Escaudain (Nord) comme mineur. Après les mesures prises contre les syndicalistes et les communistes, il fut licencié ; il s’embaucha alors un moment à Pennaroya puis à la mine de Courcelle-les-Lens. Il habitait Noyelles-sous-Lens.
Il fit partie de ces nombreux mineurs polonais qui combattirent dans les Brigades internationales en Espagne. Pendant la grève des mineurs de mai-juin 1941, il était à la direction de la MOI aux côtés de Jan Rutkowski et de Rudolf Larysz. Passé dans la clandestinité, il se réfugiait le plus souvent chez les Koncewicz à Hersin-Coupigny. Il commit nombre de sabotages et d’attaques contre les Allemands avec prise d’armes. Le 21 octobre 1942, il conduisit le groupe de FTP chargé d’attaquer, en plein centre de Lille, rue de Béthune, la Taverne lilloise : l’attentat fit de nombreux morts et blessés parmi les soldats. Il s’ensuivit des représailles avec des prises d’otages. L’un des deux participants à l’opération fut arrêté en février 1943 et parla sous la torture. Les coupables étant connus, le couvre-feu qui avait été imposé fut levé à Lille. Bien que la direction ait signifié à Kania de ne plus paraître à Lille dans la journée, il vint le 14 avril 1943 à la gare des autobus, rue du Molnel, où il fut arrêté par la deuxième brigade de la Sûreté.
La Section spéciale de Douai considérait Bronislaw Kania « comme un dangereux anarchiste et l’un des piliers de l’organisation terroriste du Nord et du Pas-de-Calais » selon L’Écho du Nord du 1er août 1943.
L’acte d’accusation devant la cour spéciale lui imputa quinze sabotages de voies ferrées, l’exécution d’un Volksdeutsch, un attentat contre le commissariat de Nœux-les-Mines, deux attentats à la grenade contre un Soldatenheim à Lille. Condamné à mort fin juillet par la Section spéciale de Douai, il fut guillotiné dans l’enceinte de la prison de Douai. Ses compagnons furent déportés, ainsi Sanlarini, Italien ex-brigadiste, Suzanne Foka et le Russe Victôr Bialik, condamnés respectivement à cinq ans et trois ans de déportation.
Bronislaw Kania obtint la mention "déporté, interné, résistant".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88147, notice KANIA Bronislaw [Pseudonymes : Bronck, Smialek] par Odette Hardy-Hémery, version mise en ligne le 24 mai 2010, dernière modification le 20 février 2020.

Par Odette Hardy-Hémery

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 316504. — AVCC, Caen, AC 21 P 578755. — Arch. Musée de la Résistance à Denain. – J.-M. Fossier, Nord-Pas-de-Calais, zone Interdite. Mai 1940-Mai 1945, Éd. Sociales, 1977. – Jean Estager, Ami, entends-tu. La résistance populaire dans le Nord-Pas-de-Calais, Messidor/Éd. Sociales, 1986. – L’Écho du Nord.

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