ILTIS Gérard

Par Loïc Le Bars

Né le 4 août 1942 à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 28 octobre 2015 à Clamart (Hauts-de-Seine) ; instituteur en région parisienne ; militant de l’École émancipée jusqu’en 1968 puis du FUO, conseiller syndical des sections du SNI de la Seine puis des Hauts-de-Seine (1965-1968) ; militant de l’OCI, du PCI puis du CCI.

Son père, presseur en teinturerie à sa naissance, devenu cuisinier, était de sensibilité socialiste sans être militant. Gérard Iltis fut reçu en 1958 au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Paris (Auteuil). Il adhéra au PSU en 1960 mais, après avoir été gagné au trotskysme comme un certain nombre de ses camarades normaliens, il rejoignit l’année suivante le groupe, animé par Pierre Lambert, qui allait fonder l’Organisation communiste internationaliste (OCI) en 1965.

Syndiqué au SNI, Gérard Iltis fit partie de cette génération de jeunes instituteurs et institutrices qui, aux côtés de militants plus âgés tels que Paul Duthel ou Pierre Bossut, contribuèrent à renforcer l’influence de ce courant trotskyste au sein de l’Ecole émancipée. Après avoir enseigné au Bourget puis à Paris, il fut nommé en 1965 à Clamart où il effectua toute sa carrière d’enseignant. Cette même année, il fut élu au conseil syndical de la section du SNI de la Seine pour y représenter sa tendance. Il siégea par la suite au conseil syndical de la nouvelle section des Hauts-de-Seine du SNI, et, en 1967, fut élu commissaire paritaire.

Gérard Iltis se maria le 18 décembre 1965 à Vanves, avec une collègue, elle aussi syndicaliste et militante de l’OCI. Le couple eut un enfant.

En juin 1968, Gérard Iltis, considérant qu’aucune des principales revendications formulées pendant la grève générale n’avait été satisfaite, fut de ceux qui refusèrent d’obtempérer à la consigne donnée par la direction de leur organisation de reprendre le travail. Le 8 juin, à l’issue d’un meeting auquel les dirigeants de la Fédération, contrairement à ce qui avait été annoncé, n’avaient pas participé, la majorité des participants, décida l’occupation des locaux de leur organisation syndicale pour protester contre cette attitude jugée « irresponsable ». Parmi eux figurait Gérard Iltis qui fit également partie du « comité provisoire de grève » chargé de rédiger un appel en faveur de la continuation de la grève générale. La direction de la FEN condamna cette occupation qu’elle qualifia de « coup de main organisé par un groupe se réclamant d’une fraction révolutionnaire ». Les dirigeants du SNI et du SNES, de même que les responsables du courant Unité et Action firent de même. L’occupation cessa le lendemain alors que la direction de la FEN s’apprêtait à y mettre fin. En septembre 1968, Gérard Iltis fut exclu du SNI, avec trois autres de ses camarades, pour avoir participé activement à cet « acte anti-syndical ».

Réintégré en 1970, il milita au sein de l’EE-FUO, la tendance que les membres et les sympathisants de l’OCI avaient créée après leur exclusion de l’EE en 1969.

Gérard Iltis devint permanent de l’OCI en 1975. Il le resta quand cette organisation se transforma en Parti communiste internationaliste dans un premier temps puis en Courant communiste internationaliste, l’un des courants fondateurs du PT (Parti des travailleurs) en 1991 et du POI (Parti ouvrier indépendant) en 2008.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88174, notice ILTIS Gérard par Loïc Le Bars, version mise en ligne le 29 mai 2010, dernière modification le 3 juillet 2021.

Par Loïc Le Bars

SOURCES : L’École émancipée, L’École émancipée pour le front unique ouvrier. — François de Massot, La Grève générale : mai-juin 1968, L’Harmattan, 2008, p. 265-267. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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