HUSSON Julien, Henri

Par Jacques Girault

Né le 25 novembre 1902 à Baye (Marne), mort le 24 octobre 1995 à Rouen ; directeur d’école normale ; militant pédagogique.

Fils d’un vigneron et d’une couturière, Julien Husson, élève du cours complémentaire de Vertus (Marne), boursier, poursuivit sa formation aux écoles normales d’instituteurs de Chalons-sur-Marne (Marne) en 1918, puis de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1921.

Reçu au concours de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, ll démissionna "pour ne pas être plus longtemps à la charge de ses parents“. Titulaire de la première partie du professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures, après avoir accompli son service militaire (août 1922), il commença sa carrière enseignante comme instituteur délégué pour l’enseignement des lettres à l’EPS de garçons de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) en octobre 1923. Il obtint la deuxième partie du professorat et fut titularisé comme professeur en 1925. Nommé sur un poste de professeur à l’ENI d’Obernai (Bas-Rhin) l’année suivante, il apprit la langue allemande.

En 1931, il prépara le concours pour devenir inspecteur primaire. Reçu en 1933, il fut nommé à Forbach (Moselle) en octobre 1933, puis à Commercy (Meuse) en 1936. Dans la Meuse surtout, il s’employa à développer les coopératives scolaires. Il demanda la direction d’une ENI mais fut nommé inspecteur primaire dans la première circonscription de Nancy (1942-1945) où il n’exerça pas.

Marié en octobre 1923 à Congy (Marne), père de deux filles, président du groupe meusien pour l’Éducation nouvelle, il demanda une direction d’ENI. Mobilisé le 24 août 1939 dans l’infanterie avec le grade de capitaine, fait prisonnier le 21 juin 1940, captif en Allemagne jusqu’en mai 1945, tout en étant membre de la direction du cercle Pétain d’oflag IIIC, il dirigea des groupements pédagogiques et des mouvements de jeunesse. Il encadrait des cours destinés aux instituteurs préparant l’inspection primaire dans les trois universités des camps. Il traduisit aussi des ouvrages de psychologie de l’enfance et de l’adolescence d’auteurs allemands et suisses. Interprète, il appartenait à un groupe d’écoutes clandestines et aux groupes de Résistance de l’oflag 10 (Pologne) puis de l’oflag VIII (Autriche). Après avoir franchi les lignes allemandes, à partir du 7 mai 1945, il assura des liaisons avec l’armée américaine

Dès sa libération, Julien Husson obtint la direction de l’ENI de Charleville (Ardennes) à partir d’octobre 1945, où il encouragea la pratique des méthodes actives en pédagogie. À partir d’octobre 1948, il dirigea l’ENI de Rouen (Seine Inférieure/Maritime) et réussit dans son relèvement développant notamment le goût des arts (Chant choral, orchestre de chambre, groupe théâtral). Il apporta son concours aux activités de la Fédération des œuvres laïques.

Il publiait, au début des années 1950, des articles sur l’enseignement du calcul dans la partie pédagogique de L’École libératrice, organe du Syndicat national des instituteurs. Ses intérêts pour l’ensemble de la pédagogie étaient notés par les inspecteurs qui approuvaient ses demandes d’inscription sur les listes d’aptitude à l’inspection académique. Il obtint en 1962 sa mutation comme directeur de l’ENI de Versailles (Seine-et-Oise/Yvelines) jusqu’à sa prise de retraite en 1967.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88187, notice HUSSON Julien, Henri par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 juin 2010, dernière modification le 4 juillet 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F 17 28037. — L’Ecole libératrice.

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