HUYARD Henri

Par Gilles Morin, David Hamelin

Né le 31 décembre 1900 à Paris (VIIIe arr.), mort le 11 janvier 1974 à Poitiers (Vienne) ; instituteur, directeur de patronage des écoles et économe des cantines scolaires de Poitiers ; résistant ; membre du Comité départemental de Libération clandestin ; secrétaire de la fédération socialiste SFIO de la Vienne (1943-1944 ; 1946-1964) ; conseiller municipal de Poitiers (1947-1959).

Henri Huyard
Henri Huyard

Fils d’Ernest Huyard, alors militaire, et de Marie Sapin, cuisinière, Henri Huyard, entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Poitiers en 1917. Après son service militaire, il fut nommé instituteur à Montmorillon (Vienne) en 1922. Il s’y maria, le 2 janvier1926, avec une institutrice, Marie Ange Mathieu. Le couple eut un enfant.
Ils exercèrent d’abord à Saint Léomer, de 1926 à 1930, puis à Saint-Julien l’Ars à partir de 1930.

Habitant Poitiers, Henri Huyard commença à militer au Parti socialiste SFIO durant l’entre-deux-guerres. Mobilisé en 1939, il reprit ses fonctions de directeur d’école en 1940 à Saint-Julien l’Ars où il il fut rejoint par un jeune instituteur à sa sortie de l’ENI de Poitiers, René Bibault.

Dans ce village de la zone occupée, à proximité de la ligne de démarcation, il entra avec son jeune collègue dans le groupe de résistance créé par Gaston Chapron, huissier à Poitiers, qui fusionna en 1941 avec celui de Louis Renard, avoué à Poitiers. Il en devint chef cantonal. Après l’arrestation et la déportation de Louis Renard et de nombreux membres de ce réseau, il rallia le mouvement « Libération-Nord ». En août 1943, après l’arrestation de Georges Delaunay, Henri Huyard en devint le responsable départemental et assuma en outre la fonction de responsable fédéral du Parti socialiste clandestin.

Membre du CDL clandestin, il fut arrêté le 6 juin 1944 avec d’autres militants, puis déporté à Dachau par le « train de la mort » parti de Compiègne le 2 juillet 1944, comprenant plus de 2 000 hommes dont plus de la moitié ne devait pas revenir. Puis, matricule n° 76 949, il fut envoyé au camp de Neckargerach, dépendant du Struthof, et fut libéré le 4 avril 1945. Il ne pesait plus que 42 kg.

En 1946, Henri Huyard fut élu secrétaire général de la fédération socialiste SFIO de la Vienne, puis devint, à partir de février 1964, secrétaire adjoint. Dans les débats internes du parti, l’ancien déporté prit des positions souvent fermes. S’il combattit le révisionnisme – ainsi au conseil national de décembre 1951, il se prononça pour l’exclusion de Paul Rassinier –, il se montra favorable à la réconciliation allemande et se prononça pour le traité instituant la Communauté européenne de Défense en 1954.

Il participa à la plupart des réunions socialistes SFIO nationales et y occupa souvent des responsabilités, notamment lorsque se posaient des questions de discipline. Il fut ainsi membre de la commission de réintégration au congrès national de 1957, de la commission sur les indisciplines parlementaires au conseil national de septembre 1957. Il appartint à la commission « tactique et institutions » au conseil national des 3-4 mai 1958, à la commission chargée d’étudier la politique économique, financière et sociale du conseil national des 10-11 janvier 1959, à la commission désignée par le conseil national des 19-20 mai 1962, chargée de rédiger le programme fondamental du parti. Il fut surtout élu membre suppléant de la commission nationale des conflits en 1954.

Conseiller municipal de Poitiers de 1947 à 1959, il assura aussi la présidence de l’équipe de football du Patronage des Écoles Publiques de Poitiers (PEPP) qu’il contribua à créer.

Henri Huyard se porta candidat à différentes élections nationales sans jamais être élu. Il se présenta notamment aux élections du Conseil de la République en 1948 et 1952 ; aux élections sénatoriales en 1958 et 1959 ; aux élections législatives en 1946, 1951, 1956, 1958 et 1962. Au premier tour de ce dernier scrutin, il obtint dans la première circonscription de la Vienne (Poitiers), 3 337 voix sur 71 166 inscrits.

Chevalier de la Légion d’honneur, Henri Huyard était titulaire de la médaille de la Résistance et de la Croix de guerre 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88191, notice HUYARD Henri par Gilles Morin, David Hamelin, version mise en ligne le 31 mai 2010, dernière modification le 19 février 2021.

Par Gilles Morin, David Hamelin

Henri Huyard
Henri Huyard

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/113/C, 222, 249, 317, 563. — Arch. Dép. Vienne : 1 W 4326. — Arch. de l’OURS, dossiers Vienne. — Arch. du Centre d’histoire de Sciences Po., fonds D. Mayer, 3 MA 28. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 109. — Bulletin intérieur, section d’organisation, mai 1952. — Profession de foi aux élections législatives de 1956 et 1958. — Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la déportation. — Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

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