JACQUEMART Eugène, Léon

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 17 avril 1895 au Cateau-Cambrésis (Nord), mort le 28 juillet 1989 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ; professeur agrégé de mathématiques ; militant du SPES puis du SNES, militant pédagogique.

Fils d’Eugène Léon, employé, et d’Eugénie Papon, couturière, Eugène Jacquemart, bachelier en 1912, devint l’année suivante surveillant d’internat au lycée de garçons de Bar-le-Duc (Meuse), et fut reçu au concours de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (sciences) en 1914.

Après la déclaration de guerre, il s’engagea, selon sa déclaration, comme infirmier volontaire jusqu’en janvier 1915. Mais étant resté dans le Nord, il ne fut pas recensé par l’Armée française, et les autorités d’occupation allemandes le considérèrent comme prisonnier civil « mobilisable ». Il échappa cependant à l’internement et remplaça, de novembre 1914 à octobre 1918, le professeur de mathématiques du collège du Cateau-Cambrésis. Après l’armistice, il revint brièvement à l’ENS, puis fut mobilisé dans l’artillerie de février à septembre 1919. Au cours de la guerre, il se maria le 27 septembre 1917 à Saint-Souplet (Nord) avec Irma Morison. Le couple eut un enfant.

Eugène Jacquemart reprit sa scolarité à l’ENS, obtint une licence de mathématiques et un diplôme d’études supérieures de géométrie (1920) à la Sorbonne. Après avoir été nommé au lycée d’Aurillac (Cantal) où il enseigna pendant deux semaines, il réussit à l’agrégation de mathématiques (classement spécial) en 1921, et fut affecté professeur au lycée de Rennes (classe de préparation à l’école militaire de Saint-Cyr). Devenu censeur au lycée de Mulhouse (Haut-Rhin) en 1925, il fut muté au lycée d’Évreux (Eure) en janvier 1928 mais exerça les fonctions de proviseur. Il retrouva un poste de professeur au lycée Pasteur à Neuilly (Seine/Hauts-de-Seine) en 1932 et y resta jusqu’à sa retraite en 1960, poursuivant son enseignement comme contractuel pendant trois années scolaires.

Eugène Jacquemart, à la fin des années 1930, fut un des pionniers de la radio scolaire et conserva cette activité pendant le reste de sa carrière ; il était également un partisan de l’utilisation du cinéma pour l’enseignement des mathématiques. Il militait à la fin des années 1930 au Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire affilié à la FGE-CGT, et participa à sa commission des affaires sociales. À la Libération, il militait au nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire et à sa commission pédagogique nationale en tant qu’élu titulaire en 1946 au Conseil de l’enseignement du second degré et suppléant au Conseil supérieur de l’Éducation nationale. Il fit partie, au titre des mathématiciens, de la commission désignée par le CESD, lors de sa première session de 1946, pour évaluer les classes de 6e et 5e nouvelles, dans l’objectif de les étendre jusqu’à la 3e. En outre, il était membre actif de de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public et de la Société de mathématiques de France.

En 1950, une polémique l’opposa à certains de ses collègues qui lui reprochaient d’avoir manifesté au CESD son désir de garder son indépendance, au point d’envisager de voter contre les vœux de son syndicat ou de sa société de spécialistes. Il répondit dans L’Université syndicaliste qu’il avait toujours défendu les positions prises par la commission pédagogique du SNES, même si elles « différaient de ses convictions personnelles », et qu’en cas de désaccord profond, les thèses des uns et des autres devraient être publiées dans L’US pour que le suffrage universel les départagent. Le SNES ne le représenta pas sur sa liste aux élections de 1950 mais il fut néanmoins réélu au scrutin de ballottage, contre le candidat du SNES, Chazal, sur la liste présentée par le Syndicat national autonome des lycées et collèges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88197, notice JACQUEMART Eugène, Léon par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 6 juin 2010, dernière modification le 14 janvier 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 27727. — Archives du lycée Pasteur. — Arch. IRHSES, dont Bulletin du SPES, L’Université syndicaliste, Bulletin de l’APMEP, mars 1946. — Arch. Dép. Nord, état civil en ligne du Cateau-Cambrésis et registres matricules d’Avesnes.

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