JAFFRÉ Aline [née BERKOWICZ, modifié en BERCOVISSE, Heinda, dite]

Par René Gallissot, Jacques Girault

Née le 2 février 1926 à Tel-Aviv (Palestine sous mandat), morte le 7 avril 2012 à Villejuif (Val-de-Marne) ; institutrice ; militante communiste.

Aline Jaffré
Aline Jaffré
Cliché fourni par la famillle

Son père, juif polonais, sioniste socialiste, installé en Palestine pour construire des kibboutz, mourut en 1926. Sa mère, d’un milieu aisé, retourna avec son enfant en Pologne puis vint s’installer à Paris en 1933 auprès de ses trois frères, dont l’aîné avait créé une entreprise de fabrication d’album de photos de luxe, où elle trouva un emploi. Heinda Berkowicz, qui ne parlait que Polonais, apprit très vite la langue française. Sa mère mourut dans un hôpital parisien au moment de l’arrivée des Allemands. Prise en charge par ses oncles, elle gagna Bruère-Allichamps (Cher). Elle effectua sa scolarité au collège de Saint-Amand-Montrond. Après le débarquement de Normandie, elle échappa aux rafles de la Milice visant les Juifs qui furent massacrés aux environs de Bourges.

Étudiante en lettres et en licence de droit, Heinda Berkowicz devenue Aline Bercovisse lors de sa naturalisation en 1945, rencontra Jean Jaffré pendant ses études et l’épousa en décembre 1948 à Paris (XIVe arr.). Ils eurent trois enfants.

Institutrice suppléante depuis 1948, membre du Syndicat national des instituteurs, Aline Jaffré suivit son mari nommé professeur en Algérie au lycée de Philippeville (Skikda). Elle devint institutrice intérimaire.

Adhérente du Parti communiste français en 1949 à Bourg-la-Reine (Seine), puis du Parti communiste algérien, elle devint secrétaire de la cellule communiste Lise Occuli (1950-1952), du bureau de la section communiste et du comité de la fédération communiste du Constantinois. Elle prit une part active en 1951-1952 dans la campagne du Front algérien pour la défense et le respect des libertés, suscitant l’hostilité violente des milieux coloniaux et à la campagne de solidarité en faveur des emprisonnés et pour la libération de Messali Hadj. Après l’arrestation de son mari, l’inspecteur d’Académie lui conseilla de ne pas reparaître à l’école. Son mari étant affecté à Saumur (Maine-et-Loire), elle devint directrice d’une école à classe unique à Blou où ils habitèrent dans de mauvaises conditions matérielles. Secrétaire de la cellule communiste qu’elle avait créée à Blou (1955), elle était membre du bureau de la section communiste de Longué en 1956. Elle militait aussi pendant cette période à l’Union des femmes françaises.

Aline Jaffré suivit son mari en Seine-et-Marne, enseigna à l’école de Bagneaux-sur-Loing, puis revint avec lui en Algérie, de 1962 à 1967, pour enseigner au lycée Émir Abdelkader à Alger. Ils s’installèrent par la suite en région parisienne en 1967. Ils participèrent à Mai 1968, poursuivant leur action militante dans le PCF qu’elle quitta, avec son mari entre 1981 et 1985. Retraitée, elle suivit régulièrement les cours d’art égyptien et d’art moderne de l’École du Louvre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88215, notice JAFFRÉ Aline [née BERKOWICZ, modifié en BERCOVISSE, Heinda, dite] par René Gallissot, Jacques Girault, version mise en ligne le 4 juin 2010, dernière modification le 1er juillet 2021.

Par René Gallissot, Jacques Girault

Aline Jaffré
Aline Jaffré
Cliché fourni par la famillle

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse. — Notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Maghreb Algérie, par Amar Benamrouche et René Gallissot. — Renseignements fournis par l’intéressée. — Mohamed Harbi, Une vie debout. Mémoires politiques. Tome 1, 1945-1962, Paris, La Découverte, 2002. — Jean Jaffré, L’Engrenage. Un procès exemplaire. Algérie. 1952. Récit autobiographique, Pantin, Le Temps des cerises, 2004.

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