JAMMES Robert, Justin

Par Jacques Girault

Né le 26 avril 1927 à Casablanca (Maroc), mort le 12 octobre 2020 à Villefranche-de-Lauragais ; professeur ; militant syndicaliste du SNES puis du SNEsup ; militant communiste dans l’Ariège, dans l’Hérault, dans l’Isère, conseiller municipal d’Eybens (Isère).

Robert Jammes
Robert Jammes

Fils d’un sergent de l’armée coloniale, devenu maraîcher à Pamiers (Ariège) après son mariage, Robert Jammes fréquenta des établissements scolaires catholiques. « Affranchi au sortir de l’adolescence de toute croyance religieuse », il fut élève de khâgne au lycée Henri IV à Paris, puis après deux ans d’interruption de scolarité pour raisons de santé, au lycée de Toulouse, et intégra l’École normale supérieure en 1947. Reçu premier à l’agrégation d’espagnol en 1951, il fut nommé professeur au lycée de Carcassonne (Aude) de 1951 à 1953, puis devint assistant à la faculté des lettres de Montpellier (1953-1957). Il fut ensuite chargé d’enseignement sur une chaire nouvellement créée à la faculté des lettres de Grenoble (1957-1962). Après un détachement de trois ans au CNRS, il fut nommé maître-assistant, maître de conférence puis professeur à l’université de Toulouse-Le Mirail où il enseigna de 1965 à sa retraite en 1987.

Robert Jammes milita d’abord au Syndicat national de l’enseignement secondaire puis au SNESup, dont il devint en 1967 le secrétaire de la section à Toulouse-Le Mirail en participant à la réorganisation universitaire de la fin des années 1960. Il resta syndiqué après sa retraite.

Robert Jammes se maria en juillet 1949 à La Bastide-de-Séron (Ariège) avec Françoise, Louise Barthe, dite Francine, née le 10 avril 1931 à Paris (XVIe arr), fille d’un médecin, René Barthe, influencé par le christianisme social, qui participait au développement de la médecine du travail. Titulaire de la première partie du baccalauréat, elle adhéra à Mauguio (Hérault) au PCF en janvier 1956. Secrétaire du groupe de Pamiers de l’Union des femmes françaises, elle était membre de sa direction départementale en Ariège. Le couple eut quatre enfants. Elle militait aussi à la Fédération des conseils de parents d’élèves et mourut en 1969.

Jammes se remaria en octobre 1972 à Toulouse, avec Annie Mermet, infirmière, veuve, mère de deux enfants. Les époux procédèrent à des adoptions réciproques de leurs enfants.

Robert Jammes participait aux luttes du Mouvement de la Paix puis adhéra au Parti communiste français en 1955 à Montpellier et fit partie du comité de la section communiste. Il milita d’abord à Mauguio et à Montpellier, puis à Grenoble et à Eybens où il résidait. Revenu à Pamiers, membre actif du bureau du comité antifasciste de Pamiers et du comité de la section communiste locale au début des années 1960, il entra au comité de la fédération de l’Ariège en 1962 et y resta jusqu’en 1968, année de son installation à Toulouse.

Il présidait l’organisation de Pamiers du Mouvement de la Paix et la fédération communiste envisagea qu’il en devienne le président départemental. Il faisait aussi partie du bureau départemental de la Fédération des conseils de parents d’élèves.

Pour ses recherches, Jammes se rendait en Espagne tous les ans depuis 1948 et participait, avec l’assentiment du PCF, à l’aide aux communistes espagnols (transmission de documents, contacts divers, transport vers la France de militants recherchés par la police espagnole). En France, il militait dans des organisations d’aide aux immigrés et aux emprisonnés espagnols. En 1963, il séjourna un mois à Cuba et participa à son retour à des conférences organisées par l’association France-Cuba dont il était membre.

Jammes fut élu en 1959 conseiller municipal d’Eybens (Isère), minoritaire, dans une municipalité à majorité socialiste SFIO.

Traducteur d’une partie de l’oeuvre de Luis de Gongora, il était considéré comme un spécialiste de la littérature et de la culture espagnoles du Siècle d’Or. Ses travaux lui valurent en 1969 une médaille de bronze du CNRS. Il lança, avec ses collègues toulousains, une revue, Criticón, en 1978.

En 2010, toujours membre du PCF, il n’appartenait à aucune cellule en raison de l’absence d’organisation. Il militait par la solidarité financière et la signature de pétitions.

Ses obsèques civiles se déroulèrent au crématorium de Pamiers (Ariège). Son décès fut annoncé dans son carnet par l’Humanité du 15 octobre 2020.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88233, notice JAMMES Robert, Justin par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 juin 2010, dernière modification le 30 juin 2021.

Par Jacques Girault

Robert Jammes
Robert Jammes

ŒUVRE : Ses ouvrages sont parus en Espagne et en langue espagnole. Parmi les ouvrages en Français, citons : Études sur l’œuvre poétique de Don Luis de Góngora y Argote, Bordeaux, 1967 (thèse de doctorat publiée à Madrid en 1987). – Rétrogongorisme, premier numéro de la revue Criticón, Toulouse, 1978. – Vingt-six versions espagnoles traduites et commentées (avec Odette Gorsse), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1991. – Histoire de la littérature espagnole, (avec Jacques Beyrie), Paris, PUF, 1994. – Comprendre Góngora, anthologie bilingue, présentation et traduction, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2009.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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