HUMEAU Maurice, Louis, Alphonse, Jean, Marie

Par Pierre Alanche

Né le 4 mai 1930 à Vihiers (Maine-et-Loire), mort le 10 mars 2003 à Villejuif (Val-de-Marne) ; ouvrier, directeur de foyer de jeunes travailleurs ; secrétaire général adjoint du syndicat CFTC Renault des travailleurs de l’automobile (1959-1960), vice-président du SNACLEP-CFDT (1967-1968) ; secrétaire national du CLAP (1973-1975), directeur de l’ADAP (1975-1990).

Fils de Jean Humeau, tailleur puis employé comptable et chef d’atelier à l’imprimerie de la CFTC, et de Jeanne Houdeline, mère au foyer, catholiques pratiquants, Maurice Humeau était l’aîné de deux sœurs et d’un frère. Il fréquenta l’école primaire communale de Vihiers, fit ses études secondaires au collège de Beaupréau (Maine-et-Loire) et au collège des Feuillants à Poitiers (Vienne). Ayant échoué au baccalauréat, il entra au séminaire de Poitiers, poussé par ses parents, en 1947. Sursitaire, il fut appelé sous les drapeaux en 1952 à la base aérienne de Mont-de-Marsan (Landes) où il devint aide infirmier avec le grade de sergent. Il intégra ensuite le noviciat de la congrégation des Fils de la Charité à Meudon-Bellevue (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) de 1954 à 1956. Rappelé à cette date en Algérie, il contracta immédiatement une pleurésie et fut réformé.

Maurice Humeau commença par travailler dans un garage de réparations d’automobiles à Meudon avant d’entrer le 11 octobre 1956 à la Régie nationale des usines Renault (RNUR) à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) comme OS à l’atelier 7467 (il deviendra P1 en février 1960). Il adhéra au syndicat CFTC Renault des travailleurs de l’automobile (SRTA) dès son embauche, fut élu délégué du personnel CFTC en octobre 1957, entra au bureau du SRTA-CFTC en 1958 et en devint le secrétaire général adjoint en février 1959. Il fut aussi désigné comme administrateur à la caisse de retraite CRI-UNIRS, au titre de la CFTC.

À la suite des grèves contre les licenciements massifs d’octobre 1960 à la régie Renault, auxquelles il participa activement, Maurice Humeau fut mis à pied puis licencié le 2 décembre 1960, malgré l’avis négatif de l’inspecteur du travail, au motif de dégradations dans le hall de la direction lors de l’une des manifestations du 3 novembre 1960. Le tribunal des prud’hommes de Boulogne-Billancourt condamna l’entreprise à verser des dommages et intérêts (affaire 2761-60), décision confirmée par la 22e chambre de la cour d’appel en 1962. Le syndicat SRTA l’employa de janvier à septembre 1961, jusqu’au moment où il trouva une place de mécanicien automobile au garage Galliéni à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Il y resta du 1er octobre 1961 au 31 août 1963.

Sollicité par le père François du Plessis, ancien aumônier des chantiers de jeunesse, engagé dans la Résistance, prêtre de l’église Notre Dame des pauvres à Issy-les-Moulineaux (inaugurée en 1955), Maurice Humeau accepta la direction d’un foyer de jeunes travailleurs qui venait d’être créé dans cette paroisse (1er septembre 1963). Il prit alors une part active à la vie du Syndicat national de l’animation culturelle, loisirs, éducation populaire (SNACLEP-CFDT), créé le 12 juin 1965, fut élu lors de l’assemblée générale du 27 novembre 1965 pour faire partie de son conseil et en devint le vice-président à l’assemblée générale du 21 mai 1967. Il participa à la négociation de la convention collective nationale de l’animation socioculturelle. Administrateur du foyer à l’échéance de son mandat de directeur (15 novembre 1968), il fut embauché chez Jean Ternissien, artisan à Paris, en qualité d’électricien en bâtiment, ouvrier professionnel puis ouvrier hautement qualifié (25 novembre 1968-13 mai 1973).

Maurice Humeau devint ensuite secrétaire national délégué du Comité de liaison pour l’alphabétisation et la promotion (CLAP), implanté à Paris XIIIe arr. (mai 1973-mai 1975). Il rédigea un rapport sur les populations migrantes puis, dans la continuité de son action auprès des migrants réfugiés, fut directeur de l’Association pour la diffusion, l’adaptation et la préformation (ADAP) située rue Gandon (Paris XIIIe arr. ; novembre 1975-février 1990) et également administrateur de l’association d’accueil et gestionnaire de foyers de travailleurs migrants, Soundiata. Durant cette période, il participa avec Jacques Brix, père missionnaire oblat, à l’implantation des Hmongs, peuplade du Laos qui, fuyant les persécutions du Pathet Lao, gagna Cacao en Guyane.

Marié en 1958 avec Gilberte Fiancette, née le 28 novembre 1928, il eut trois enfants : Monique née le 10 mai 1959, Claudine née le 6 janvier 1961 et François né le 25 avril 1963. Le mariage civil fut célébré par Lucien Hans*, alors conseiller municipal à Meudon. Gilberte Fiancette milita dans des associations de parents d’enfants handicapés, fut membre d’Amnesty international, d’Agir ici, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et du Mouvement pour l’action non-violente (MAN).

Maurice Humeau fut membre de l’Action catholique ouvrière (ACO, 1956-1960). Il vécut à Vihiers, à Meudon au domicile de Lucien Hans, à Boulogne-Billancourt où la famille fut hébergée à titre gracieux par le professeur Alain Wisner durant la procédure contre la RNUR, à Issy-les-Moulineaux, à Massy-Palaiseau (Essonne) et à Arcueil (Val-de-Marne) où il présida le comité de gestion des copropriétaires d’un ensemble d’« habitat communautaire » (1969-2000).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88285, notice HUMEAU Maurice, Louis, Alphonse, Jean, Marie par Pierre Alanche, version mise en ligne le 19 juin 2010, dernière modification le 28 novembre 2017.

Par Pierre Alanche

SOURCES : Archives UPSM-CFDT. – Jean-Marie Mignon, Esprit des origines et protestation sociale. Le début de la syndicalisation à la CFDT de salariés de mouvements et associations du champ de l’animation : de la fondation à la dissolution du SNACLEP (février 1964-31 décembre 1968), colloque « Syndicats et associations », 18-19 novembre 2004, http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/Collo/mignon.pdf. – Témoignages de François Humeau et Monique Clouseau, née Humeau. – Entretiens avec Gilbert Loret, 9 mai 2010, et André Lapostole, 10 mai 2010.

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