HUDO Jean

Par Alain Prigent

Né le 9 août 1923 à Saint-Maudan (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 3 août 1993 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) ; instituteur, journaliste, puis militaire de carrière avec le grade de général ; responsable de l’état-major FTP des Côtes-du-Nord ; militant communiste des Côtes-du-Nord.

Né dans la ferme familiale en 1923, Jean Hudo avait un frère et une sœur. Il fit ses études à l’école communale puis au cours complémentaire de Loudéac et fut reçu à l’École normale de Saint-Brieuc en 1939, où il manifestait dès déjà des idées pacifistes et antifascistes.

En 1941, l’école normale étant dissoute par Vichy, comme les camarades de sa promotion, il suivit sa scolarité au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc, mais en externat. Dès 1941 les jeunes normaliens prenaient contact avec les résistants de Saint-Brieuc : Marcel Bréjeon, Armand Guillou, Vincent Le Méhauté et bien d’autres. Pratiquement tous adhérèrent aux jeunesses communistes et Jean Hudo devint le responsable du groupe des lycéens. Le 10 décembre 1943, au lycée, eut lieu une vingtaine d’arrestations. Trois normaliens furent condamnés à mort et fusillés. Jean Hudo n’était pas en cours ce jour et échappa à la rafle, mais il dut quitter ses études et devenir permanent responsable des FUJP (Front uni des jeunesses patriotiques) pour le secteur est du département (triangle Saint-Brieuc, Loudéac, Dinan). Ils étaient quatre à couvrir le département sous la responsabilité de Yannick, Jean le Flochmoan, responsable régional des FUJP. Un immense travail de défrichage, de recrutement et d’organisation fut ainsi réalisé chez les jeunes qui devinrent très vite l’ossature mais aussi les cadres des 13 000 FTP du département.

Le 3 août 1944, Jean Le Jeune proposa au colonel Marceau, au nom de l’état-major FTP, de prendre Jean Hudo comme adjoint. Il joua un grand rôle dans la libération du département malgré son jeune âge (vingt-et-un ans). Il s’imposa aux chefs parachutistes venus de Londres, Eon et Pony notamment. Il resta dans l’armée après la dissolution des FFI. Il fit un stage en Allemagne et suivi l’école des cadres. En 1946 il participa à la campagne d’Indochine d’où il revint gravement malade. En 1947 il était revenu au pays en convalescence.

Installé à Saint-Brieuc, il devint correspondant du quotidien Ouest-Matin et c’est à lui qu’on doit une série d’une trentaine de récits sur la Résistance dans le département. À cette époque, il fit la rencontre de Jacqueline, sténo-dactylo à l’UD-CGT, avec laquelle il se maria.

Il reprit du service dans l’armée et fit une carrière qui le conduisit au grade de général. En retraite dans les années 1980 à Loudéac puis à Saint-Brieuc, il fit partie du comité départemental de l’ANACR. Il était membre de la commission nationale CVR qui siégeait à Paris et il y joua un grand rôle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88291, notice HUDO Jean par Alain Prigent, version mise en ligne le 19 juin 2010, dernière modification le 4 juillet 2021.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor. — L’Aube Nouvelle. — Ouest-Matin. — Christian Bougeard, Le choc de la Deuxième Guerre mondiale dans les Côtes-du-Nord, thèse de doctorat d’État, Rennes II, 1986. — Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. — Ouvrage collectif, De la nuit à l’Aurore, des lycéens dans la guerre, Association A. Le Braz, 1995.

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