JACQUET Roger, Émile Antoine

Par Gilbert Fournier, Gérard Godot

Né le 21 avril 1918 à Igé (Saône-et-Loire) ; professeur ; militant syndicaliste ; militant communiste en Saône-et-Loire.

Son père, instituteur, secrétaire de mairie à Igé, lui-même fils de l’instituteur-secrétaire de mairie d’Igé, « esprit social, laïque et républicain », « consciemment athée », mourut en 1933. Sa mère était « vaguement catholique traditionnelle ». Roger Jacquet, dernier de trois garçons, après ses études secondaires au collège de Chalon-sur-Saône, Roger, pour raisons économiques, fut instituteur de 1937 à 1946 (sauf entre 1938 et 1940), à Saint-Marcel, aux portes de Chalon, puis de 1945 à sa retraire en 1978, professeur d’enseignement général au collège (devenu lycée) professionnel du bâtiment (« Moulin Joli »).

Jacquet se maria le 16 novembre 1939 à Chalon-sur-Saône avec Simone Beaufort, fille d’un ajusteur aux Forges et Ateliers du Creusot à Chalon-sur-Saône (construction des sous marins). Employée aux PTT, elle militait à la CGT. Le couple eut un garçon et trois filles.

Jacquet adhéra au Syndicat national des instituteurs en 1937 et fut secrétaire de la Commission des Jeunes de la section départementale. Entré au Syndicat national de l’enseignement technique en 1946, il créa une section SNET-professionnel (CGT) dont il fut secrétaire de 1946 à 1978. Il fut membre de la commission exécutive de l’instance syndical dans l’académie de Dijon. Toujours membre du syndicat des retraités URSEN-CGT, il en fut le secrétaire de 1978 à 1985.

Membre du Parti communiste français depuis 1964, Jacquet fut secrétaire de la cellule qu’il avait créée dans son établissement et de la cellule de son quartier de résidence, responsable de la diffusion de l’Humanité. Il figurait sur la liste communiste conduite par André Faivre, pour les élections municipales de Chalon-sur-Saône en 1965.

Le plus important de la vie militante de Jacquet fut consacré au Mouvement de la Paix depuis 1954. Il fut l’assistant du secrétaire départemental, Lucien Golfeil, puis secrétaire départemental et membre du Conseil national. Les comités occasionnels ou permanents de Paix de Chalon et du département menèrent des actions contre les guerres du Vietnam, d’Algérie, en faveur du désarmement et contre l’armement atomique, pour le règlement pacifique du conflit israélo-palestinien dès son origine. Il anima l’organisation départementale, organisa des participations de masse aux grandes manifestations (Paris, Evian, Helsinki…). L’importance du mouvement se traduisit par la tenue à Chalon-sur-Saône, en 1964, du congrès national du Mouvement de la paix.

En lien avec sa vie professionnelle, Jacquet participa à des associations liées à la pédagogie, à la musique, à la littérature, à l’histoire. Auteur d’une Chronique de la vie de la Cité et des habitants de Chalon-sur-Saône des origines à 1938, il anima au niveau départemental et national pour l’enseignement technique du « Groupe de l’École Moderne » dans l’esprit de Célestin Freinet*. Il anima le comité d’organisation du congrès international de l’École Moderne à Chalon-sur-Saône en 1954 ; il fut membre du conseil d’administration départemental de la « coopération à l’École ». Il fut aussi l’assistant de Joseph Fèvre, président-créateur du Comité de Vigilance pour la Protection de l’Enfance, puis président de ce comité en liaison avec les services sociaux. Il écrivit, en 1962, avec Léon Griveau*, un numéro de la Bibliothèque du Travail consacré au Creusot.

Jacquet présida une rencontre de l’association France-URSS à Chalon-sur-Saône en 1955. Il adhéra à l’association « Adiamos 71 » et à l’association pour le droit de mourir dans la dignité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88309, notice JACQUET Roger, Émile Antoine par Gilbert Fournier, Gérard Godot, version mise en ligne le 21 juin 2010, dernière modification le 21 juillet 2010.

Par Gilbert Fournier, Gérard Godot

SOURCES : Entretien avec l’intéressé (20 novembre 2009). — Archives d’André Faivre et de Jean-François Poujeade.

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