ROUVRAY Louis. Pseudonyme : LAUNAY Raymond

Par René Lemarquis, Claude Pennetier, mis à jour Marie-Cécile Bouju

Né le 15 janvier 1905 à Paris (VIe arr. ), mort le 1er février 1983 à Caplong (Gironde) ; ouvrier typographe ; militant syndicaliste unitaire ; militant communiste de Courbevoie (Seine) ; élève à l’ÉLI en 1935-1936 ; résistant.

Orphelin à l’âge de quinze ans, fils de Léopold Rouvray et de Marie-louise Benoist, Louis Rouvray passa de l’école communale à un pensionnat jusqu’à l’obtention du certificat d’études primaires. Il commença à travailler à Compiègne (Oise) comme apprenti typographe le 2 janvier 1919 jusqu’au 24 décembre 1920 date du décès de sa mère. Se trouvant seul, il partit à Rouen (Seine-Inférieure), où il travailla dans une petite entreprise de trois salariés jusqu’au 12 juillet 1923, où il revint à Compiègne comme typo au Progrès. Au début de 1924, ayant insulté (et « malmené ») des gendarmes il écopa de huit jours de prison avec sursis. Après quelques semaines chez des forains il effectua son service militaire à Metz (Moselle) au 163e régiment d’artillerie du 1er mai 1925 au 29 octobre 1926 et en sortit canonnier de 2e classe. À sa libération, il vint à Paris et travailla à partir de novembre 1926 jusqu’en 1931 dans deux entreprises avant d’entrer à l’imprimerie coopérative « La Cootypographie » établie à Courbevoie où il se trouvait en 1935. Il habitait 20 rue du Delta dans le IXe arr. Il épousa le 23 avril 1927 Magdeleine Baritsch, sténo-dactylo, qu’il avait conue chez des amis à Argenteuil (Seine-et-Oise). Celle-ci était la fille d’un Allemand non naturalisé vivant à Paris depuis 1898, ciseleur et vieux militant socialiste adhérent à la SFIO. Ils avaient en 1935 une fille de huit ans. En 1941, il déclara être séparée de son épouse depuis quatre ans. Ils divorcèrent le 21 juin 1941.

Avant 1929, Louis Rouvray reconnaissait n’avoir « jamais été éveillé à l’esprit de lutte de classe des ouvriers... j’ai fait toutes les turpitudes que l’on peut faire à cet âge quand on a un bandeau devant les yeux ». Repéré et puni à l’armée, il promit de se « faire une nouvelle vie quand il serait libre ». Alors qu’il était employé à l’Imprimerie centrale de la Villette, il rencontra en septembre 1929 un camarade unitaire et il prit sa carte à la CGTU en octobre. En février 1930 à la suite d’une grève pour les salaires, il fut congédié. Le 1er mai 1930, alors qu’il retravaillait Quai de Jemmapes, il adhéra au PC et devint, quelques mois plus tard, secrétaire de sa cellule, puis délégué au sous-rayon du Xe arr. Licencié de son entreprise en octobre 1931 et employé comme représentant à la Cootypographie, où il entra au conseil d’administration, il milita à Courbevoie. Il était en 1935 secrétaire du rayon de Courbevoie-La Garenne et membre du bureau régional Ouest-Parisien, nommé par le comité régional. Rouvray était par ailleurs membre du conseil syndical du syndicat unitaire de la Typographie parisienne. Il était aussi, depuis 1928, actif à la Fédération des Locataires de la région parisienne (UCL) où il fut en mars 1932 secrétaire de la 9e section et, en 1933, membre du bureau fédéral comme deuxième secrétaire adjoint. Il habitait 42 rue Armand Silvestre à Courbevoie (Seine).

Le 17 novembre 1935 Louis Rouvray arrivait à Moscou pour suivre les cours de l’ÉLI (Ecole léniniste internationale). Il signa un questionnaire sous le pseudo de Raymond Dupont puis ensuite de Launay. L’appréciation donnée le 13 juillet 1936 était favorable : d’accord avec la ligne du parti, compréhension claire de sa tactique, bonne connaissance de sa région et des problèmes syndicaux... On rappelait cependant qu’il reflétait « un peu le milieu où il a travaillé, l’anarcho-syndicalisme a laissé des survivances dans la Fédération du Livre ». Il ne comprenait pas toujours que « la discipline doit s’appliquer aussi aux plus petits détails ». Il revint en France au début 1937.

Louis Rouvray participa à plusieurs consultations électorales.
Il dirigea la liste communiste à Courbevoie lors des élections municipales des 5 et 12 mai 1935. La liste obtint 2 383 voix sur 11 376 suffrages exprimés (20,9 %). Communistes et socialistes — qui avaient recueilli 1 501 voix — présentèrent une liste antifasciste au scrutin de ballottage du 12 mai 1935 et regroupèrent 3 300 voix sur 10 711 suffrages exprimés (30,8 %).

Le sous-rayon communiste de Courbevoie, dont Louis Rouvray était un des animateurs, comptait en décembre 1935 seize cellules dont neuf d’entreprise et 175 adhérents. Ce chiffre passa à 250 en janvier 1936, 360 en mai, 760 en juillet et 1 250 en octobre.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Rouvray travaillait à l’imprimerie de Paris-Soir. Il fut arrêté le 3 mai 1941, avec Camille Piccot-Richère et Lucien Sutra - qui travaillaient aux PTT tous les deux -, soupçonnés d’avoir organiser un réseau de ravitaillement au bénéficice du PCF clandestin et de relayer la propagande clandestine. Tous les trois inculpés furent inculpés d’infraction au décet du 26 septembre 39 et envoyés au dépôt. Rouvray bénéficia d’un non lieu le 8 juillet 1941, mais fut à nouveau arrêté le 1er octobre à la suite de filatures, avec plusieurs camarades : Rose Mendjizki, Claudine Paobantonacci et Georges Vannier
A la libération, Rouvray travaillait à l’imprimerie de l’Amitié franco-polonaise, association dont il était par ailleurs trésorier. En 1956, il était correcteur pour la société Titrafilm.

Louis Rouvray s’est remarié le 23 avril 1942 avec Laja (Ludovica) Litwin à Paris (XIe arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88358, notice ROUVRAY Louis. Pseudonyme : LAUNAY Raymond par René Lemarquis, Claude Pennetier, mis à jour Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 3 juillet 2010, dernière modification le 15 décembre 2019.

Par René Lemarquis, Claude Pennetier, mis à jour Marie-Cécile Bouju

SOURCES : Arch. PPo BS 61, 1 W 1073-53663 et 77 W 1509-78025. - Arch. Paris ; vers. 10451/76/1 et acte de naiss. 6N 231 [en ligne] — RGASPI : 495.270.1040. Autobiographies : 3 juillet 1933 ; 17 novembre 1935 + questionnaire. Appréciation Launay (2e cercle de l’École) 1936. — l’Humanité, mai 1935. — Ve et VIe conférences régionales de la région communiste Paris-Ouest.

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