SAUSSOT Gustave, Antoine

Par Jean Maitron

Né le 23 septembre 1900 à Mialet (Dordogne), mort le 20 août 1987 à La Coquille ; artisan mécanicien ; militant communiste, conseiller général et député en 1936.

Gustave Saussot
Gustave Saussot

Fils d’un boucher qui exerçait en outre les fonctions de régisseur d’une dizaine de fermes du Périgord, Gustave Saussot, frappé par les difficultés de vie des exploitants ruraux, entra en opposition avec son milieu familial, conservateur et catholique. Il partit travailler à Belfort, aux Batignolles (XVIIe arr.), à Nantes (Loire-Inférieure) puis aux papeteries de Guyenne près de Thiviers (Dordogne). D’abord membre de la CGT confédérée, Gustave Saussot, sous l’influence de l’oncle de son épouse, Édouard Blanchou* devint communiste vers 1926.

Installé garagiste à La Coquille, élu conseiller général de Jumilhac-le-Grand le 10 octobre 1934, Gustave Saussot échoua à des élections municipales mais fut élu le 3 mai 1936 député de Nontron, avec 4 833 voix au premier tour et 8 737 au second sur 21 483 inscrits. Son succès était dû à une activité militante intense en faveur des petits exploitants agricoles et particulièrement au retentissement de « l’affaire de Nantheuil » au cours de laquelle il s’était opposé à la saisie d’un métayer, ce qui lui avait valu un mois d’emprisonnement.

Le 25 août 1939, au cours d’une réunion du groupe communiste à la Chambre, il demanda instamment que l’Union soviétique prenne une position ferme contre les entreprises de Hitler sur Dantzig et qu’elle se range aux côtés des peuples luttant pour leur indépendance. N’ayant pu obtenir satisfaction de la direction du parti, Gustave Saussot démissionna le lendemain, en même temps que Paul Loubradou*. Sa lettre à Jacques Duclos* fut publiée dans Le Populaire. Il s’engagea alors dans l’armée comme il l’avait déjà fait en 1918. Il n’était pas présent à Vichy lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il se considérait comme « communiste dissident » (lettre au préfet de Dordogne, 25 mars 1942). En 1943, il rejoignit un réseau de l’Armée secrète.

Il fut dénoncé par le Parti communiste dans la brochure Espions, Traîtres et renégats parue en 1945. Après la guerre, Gustave Saussot vécut retiré de la vie politique, en partie en raison de son état de santé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article88459, notice SAUSSOT Gustave, Antoine par Jean Maitron, version mise en ligne le 22 juillet 2010, dernière modification le 2 août 2015.

Par Jean Maitron

Gustave Saussot
Gustave Saussot

SOURCES : Arch. Jean Maitron. — Guillaume Bourgeois, Communisme et anticommunisme même pendant la drôle de guerre, Thèse de IIIe cycle, Paris X, Nanterre, 1983. — La Voix du peuple au parlement, supplément au n° 12 des Cahiers du Bolchevisme, Édit. du Comité populaire de propagande, s.d. [icon.]. — Notes de P. Couchot. — Jean-Jacques Gillot, Les communistes en Périgord 1917-1958, Pilote 24, 2007. — RGASPI, pas de dossier biographie au Komintern ; on peut penser que ce dossier a existé mais qu’il a été déplacé vers un autre service.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément